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Nationale

Banlieue-Est d’Alger : Les jeunes absents à l’appel

Banlieue-Est d’Alger : Les jeunes absents à l’appel

Les bureaux de vote de la périphérie Est de la capitale ont connu une affluence très timide en ce 12 décembre, jour de l’élection présidentielle contestée par la majorité de la population. Les jeunes ont particulièrement brillé par leur absence. Ils ont choisi de faire entendre leur voix dans la rue en participant à la marche anti-élection.

Sans surprise aucune, ce boycott massif de l’élection, notamment par les jeunes, était prévisible. Ces derniers n’ont cessé de rejeter ce scrutin lors des manifestations des vendredis et mardis, faute d’un climat politique favorable. Un tour dans les bureaux de vote suffisait. En effet, dans ces centres de vote, le nombre du staff organisant cette échéance électorale et des surveillants dépassait celui des électeurs. Le peu de votants recensés étaient des personnes âgées venues exercer « le droit de vote » et accomplir « le devoir national », et surtout « voter pour le pays ». C’est le cas de cette femme de 80 ans, accompagnée de ses petits-enfants. « Je vote pour le bien du pays » a-t-elle déclaré, affirmant avoir voté en présentant uniquement sa carte nationale. Dans le même centre de vote, 11-décembre-1960 à El Hamiz, dans la commune de Dar El Beïda et consacré aux femmes, c’est uniquement six votantes sur les 3 202 inscrites qui se sont présentées, alors qu’il était 10 heures. Dans l’espace réservé aux hommes et sur les 3 725 inscrits, 187 ont donné leurs voix pour un des candidats en lice. « Je vote pour l’intérêt de mon pays.

On doit avoir un Président ». C’est ainsi qu’un sexagénaire motive son choix de voter ! L’absence des jeunes dans d’autres bureaux de vote est notable. Dans l’école primaire Abdelmadjid-Allahoum, dans la commune de Rouiba, c’est toujours les personnes âgées qui se présentent. « Je suis ici pour choisir une personne qui va travailler pour l’intérêt du pays », explique un retraité qui fait part de sa participation aux manifestations du mouvement populaire qui réclame le changement. Dans ce centre, 317 personnes ont voté dans la matinée sur les 4 219 inscrits. Les votants n’ont pas échappé aux critiques. « Bsahtek El Kachir ». C’est la formule lancée par un passant à un votant qui était facilement repérable avec son index gauche trempé taché d’encre de Chine. Au centre Drif-Mohamed réservé aux femmes, 88 personnes avaient glissé les enveloppes dans les urnes quatre heures après l’ouverture, et une jeune fille, la trentaine, a fait exception en prenant part à ce scrutin tant controversé. « C’est mon droit de voter », a-t-elle souligné, évitant de répondre aux questions relatives au motif de son choix. Par conviction ou par « obligation », on n’en saura pas plus.

A quelques mètres, le centre Mohamed-El-Kebir, réservé à la gent masculine, n’affiche pas complet. Les doigts d’une seule main suffisent pour compter les présents qui traversent la cour de cette école. Dans les bureaux de vote, on pouvait compter les enveloppes glissées dans des urnes transparentes. Au centre Hocine-Wartilani à Bab Ezzouar, on ne se bouscule pas ! Le « je vote pour mon pays » est la réponse donnée par la majorité pour « justifier » leur participation à ce scrutin. Parallèlement, dans les rues de ces villes, les gens vaquent à leurs occupations. Indifférents, les uns font leurs achats et les autres, autour d’un café discutent, tout de même, de cette élection. Visiblement, ce vote est loin d’être un grand événement.

« Je suis contre ce vote. Je ne me sens pas concernée. On veut élire un Président juste pour en avoir un, chose qui n’est pas normale ! », affirme une jeune dame qui croit au changement et qui rêve d’une Algérie meilleure. Pour elle, les conditions ne sont pas réunies pour organiser ce scrutin, surtout que « plusieurs personnes sont emprisonnées pour leurs opinions ».

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