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Nationale

Ban Ki-moon : «Je viendrai bientôt dans les territoires occupés»

Ban Ki-moon : «Je viendrai bientôt dans les territoires occupés»

La visite de Ban Ki Moon hier, dans les camps de réfugiés, a été marquée par un message fort des populations sahraouies qui ont, sans aucune hostilité, exprimé cependant leur ras le bol du statu quo. Une vérité non protocolaire que le SG de l’ONU a bien saisie comme il a pu le déclarer lors d’un point de presse tenu au siège de la Présidence sahraouie de Rabouni, dans les camps de réfugiés de Tindouf.

Il est environ 11 heures ce samedi lorsque les deux hélicoptères des Nations Unies atterrissent sans trop de retard à quelques encablures de Smara l’un des camps de Tindouf où la programme doit débuter.

Ban Ki Moon, le Secrétaire Général de l’ONU, son émissaire spécial pour le Sahara Occidental et tout le staff onusien est accueilli par une délégation sahraouie.

Le cortège démarre immédiatement en roulant à moyenne allure vers le camp sur la route goudronnée le long de laquelle des carrés de soldats du Polisario se tiennent en arme, formant une haie d’honneur rappelant la dimension militaire du conflit.

Puis, les groupes de soldats laissent la place aux citoyens dont de très nombreuses femmes vêtues de couleurs vives et brandissant des drapeaux de la République arabe Sahraouie démocratique.

Les slogans fusent reprenant ceux visibles des banderoles. « 40 ans d’occupation-stop », « Pour l’organisation immédiate d’un référendum », « Libération des prisonniers politiques ».

Les voitures officielles entre dans le camp. La foule se densifie et perd de sa discipline. Très vite, le service d’ordre de la RASD se voit dépassé par des centaines de résidents des camps qui veulent s’adresser au SG de l’ONU pour lui dire leur ras-le bol.

Foule exaspérée

Aucun geste de violence ni parole déplacée. Nous écoutons ces femmes et ces jeunes crier leur exaspération lançant leur détresse contre les vitres fermées du véhicule qui transporte le SG de l’ONU.

Les « Bienvenu à Ban Ki Moon » se conjugue à des « On souffre, on n’en peut plus. On ne peut plus attendre. Sortez-nous de cette situation infernale. »

Des photos de la dernière victime sahraouie assassinée par les forces d’occupation à la frontière des territoires libérés expliquent aussi la colère visible dans les propos et sur les visages d’une population hospitalière mais énervée. La garde rapprochée du SG de l’ONU garde son sang-froid. Il ne lui est cependant pas possible d’assurer la descente du véhicule pour effectuer la visite telle que prévue par le programme.

Les enfants de l’école attendent en vain et la tribune préparée pour la circonstance ne servira pas non plus. Vrombissement, poussière et dernier mouvement de foule, le cortège quitte Smara. Nous suivons.

RDV à El Ayoun…

A Rabouni, la cité administrative située entre les camps de réfugiés, la délégation onusienne et les autorités semblent avoir accusé le coup avec philosophie. Un point de presse est annoncé tandis qu’on essaie de rattraper le programme de Smara. Les enfants de l’école ont suivi eux aussi le cortège en amenant des petits cadeaux symboliques destinés au SG de l’ONU.

Une séance de travail avec le Président de la RASD se tient à huis-clos. Nous attendons le compte-rendu de Ban Ki Moon. Celui-ci arrive enfin dans une petite salle aménagée pour l’occasion.

Ban Ki Moon commence son intervention en se félicitant de l’accueil chaleureux. Politesse qui ne l’empêche pas de prendre acte de la colère des citoyens qu’il considère légitime en raison de leur situation inacceptable depuis trop longtemps.

Il résume alors en quatre points les objectifs de sa mission : Evaluer la situation générale de visu, s’enquérir du travail de la MINURSO notamment en territoire libéré à Bir Lahlou, aborder les questions relatives aux conditions d’habitat, de nutrition et la couverture sanitaire ainsi qu’examiner le contexte sécuritaire.

Le secrétaire général annonce aussi qu’il se rendra lors d’un visite ultérieure en territoire occupé, plus précisément à El Ayoun, vers juin-juillet 2016. Réitérant l’engagement de l’ONU à tenir le référendum, Ban Ki Moon n’a toutefois pas évoqué le rapport qu’il devra présenter au Conseil de Sécurité.

Omission ou autocensure alors que c’est à partir des conclusions tirées de sa visite actuelle dans la région que dépendra probablement la solution politique pour mettre fin à la colonisation du Sahara Occidental par le Maroc.

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