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Nationale

Baisse des réserves de change : «Un faux débat» selon des experts

Baisse des réserves de change : «Un faux débat» selon des experts

La baisse des réserves de change est perçue comme étant un drame pour l’économie algérienne. On en parle à tous les niveaux. Or, le problème de l’Algérie sur le plan économique ne résulte aucunement de sa gestion des réserves de change, qui sont sous la barre des 80 milliards de dollars, mais d’une déficience de gestion de son économie. Une économie qui n’arrive pas à créer de la richesse.

Ce constat a été fait, hier, par le professeur en économie Youcef Benabdellah, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III, soulignant l’obligation de prendre des mesures et des décisions dans le très court terme. Selon lui, la récurrence de la question relative aux réserves de change est un « faux débat » qui a été sciemment entretenu par le discours officiel. Se référant aux statistiques mondiales, il a indiqué qu’il y a très peu de pays qui disposent du confort de l’Algérie concernant le financement des importations qui est de 18 mois. A ce propos, il a cité l’exemple de la Tunisie et du Maroc qui ont à peine 7 mois, « mais ils n’affichent aucune inquiétude ». La raison est que ces pays sont dans une dynamique « de flux », assurés qu’ils peuvent payer leurs importations en échange de leurs exportations habituelles, « contrairement à l’Algérie qui est restée accrochée à l’indice du prix du pétrole ».

Il a de ce fait précisé que la richesse d’un pays se mesure à sa capacité de produire de la richesse, d’inventer, d’innover et de mettre les gens au travail. Ce qui permettrait de diversifier les exportations et de ne pas tomber dans l’inquiétude des réserves de change. L’invité de la rédaction n’a pas omis de rappeler la dépendance du pays des importations, notamment de produits alimentaires. Se fiant à des études qu’il a eu à consulter, le professeur en économie a affirmé que ces dernières perçoivent l’Algérie comme « l’un des pays les plus dépendants sur le plan alimentaire en Afrique », expliquant que la ration alimentaire consommée par ses habitants est importée à 70%. A ce propos, il plaide pour des mesures urgentes à très court terme- car « ce n’est pas du jour au lendemain que notre agriculture produira plus de blé, de viande et de lait, ni que nos entreprises développeront une offre se substituant aux importations », a-t-il précisé.

Par ailleurs, l’invité de la rédaction a évoqué la décision liée à l’arrêt du financement non conventionnel, qu’il juge comme étant bonne mais qui n’a pas été accompagnée d’argumentaire. « La décision n’a été accompagnée de rien en matière de substitution au financement non conventionnel ! ». « Cela signifie-t-il qu’on est en train de sacrifier la croissance économique ? », s’est-il interrogé. A en croire ce spécialiste, il faut s’attendre à des coupes budgétaires qui toucheront le budget d’équipement. Selon ses explications, en période d’ajustement c’est ce budget qui est touché en premier. Or, dit-il, la croissance économique en Algérie dépend du budget d’équipement, ce qui justifie ses mises en garde.

Il y a lieu de noter que plusieurs économistes ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation économique du pays, qui est des plus inquiétante. Mais il semblerait que la volonté d’entreprendre des réformes manque. Des réformes qu’il faut engager au plus vite au risque de recourir à l’endettement extérieur qui n’est pas sans conséquences, notamment sur la souveraineté dans la prise de décisions.

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