Baignades à risque à Médéa : Deux noyades en une semaine
Deux drames en une semaine. La wilaya de Médéa vient de payer un lourd tribut à la baignade dans des plans d’eau non surveillés. La Protection civile a confirmé le décès tragique d’un adolescent de 17 ans, noyé dans un bassin de décantation des eaux usées à Tamesguida, à 15 km au nord de Médéa, ainsi que celui d’un enfant de 11 ans, mort noyé dans une mare d’eau à Béni-Slimane, à 65 km à l’est du chef-lieu.
Ces accidents surviennent alors qu’un phénomène inquiétant prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, des vidéos circulent sur Facebook montrant de jeunes garçons se lançant dans des plongeons spectaculaires depuis un pont métallique de chemin de fer surplombant l’oued Chiffa. Ces images virales ont transformé l’endroit en une destination prisée, notamment par les familles à la recherche de fraîcheur et d’évasion en pleine chaleur printanière.
Mais derrière l’apparente insouciance se cache une réalité dangereuse. Quotidiennement, des groupes de jeunes convergent vers ce site à bord de voitures, de motos ou même à vélo. Leur objectif : sauter du pont dans une retenue d’eau creusée naturellement par les dernières pluies. Un bassin non surveillé, sans aucun encadrement, ni dispositif de secours. Un jeu aussi spectaculaire que risqué, parfois mortel.
Face à la montée de ce phénomène, la Protection civile tire la sonnette d’alarme. Elle multiplie les actions de sensibilisation, notamment par le biais de prêches du vendredi dans les mosquées, où les imams relaient des messages de prévention. Les citoyens sont appelés à la vigilance et éviter les baignades dans les oueds et autres plans d’eau non aménagés. L’oued Merdja est particulièrement ciblé par ces recommandations après qu’un jeune ait trouvé la mort en heurtant un rocher lors d’un saut.
Les autorités dénoncent également la responsabilité de certaines pages Facebook qui banalisent, voire encouragent, ces pratiques en diffusant des vidéos sensationnalistes. Ce rôle jugé « négatif » par la Protection civile contribue, selon elle, à exposer de plus en plus de jeunes à des risques mortels.
Si la chaleur pousse les habitants à sortir des cités étouffantes pour chercher un peu de fraîcheur en pleine nature, elle ne doit pas les conduire à l’inconscience. Plonger pour quelques instants d’adrénaline ne devrait jamais coûter la vie. Les autorités appellent à la responsabilité de tous, notamment des parents, pour prévenir d’autres drames.