Axé sur la prévention et la sensibilisation : Un plan national de lutte contre l’obésité
Un plan national de lutte contre l’obésité, mobilisant tous les secteurs concernés pour freiner la progression inquiétante du phénomène, sera lancé prochainement. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi.
A l’occasion de son intervention, à l’ouverture des travaux du deuxième congrès international de la Société algérienne d’obésité et maladies métaboliques (SAOMM), le ministre de la santé a affirmé que l’obésité est « un problème de santé publique ». Il soutient ses propos en mettant en relief l’augmentation du nombre de cas sur la base d’une étude menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie. Une étude qui démontre que « 30 % de femmes, 14 % d’hommes et environ 10 % d’enfants souffrent d’obésité ».
En outre, les résultats des campagnes de dépistage menées dans le cadre de la Semaine nationale de prévention, décrétée par le ministère de la Santé, et qui s’est déroulée du 5 au 11 mars 2023, ont également montré que « le taux d’obésité est triplé chez les individus âgés de 0 à 49 ans, en particulier chez les femmes ».
Face à ce constat, M. Saihi a assuré que la lutte contre l’obésité « en appelle à la conjugaison de tous les efforts en adoptant une approche globale axée sur la prévention et la sensibilisation à ce phénomène ».
Il a précisé que la politique mise en place par son secteur pour vaincre ce phénomène sera basé sur plusieurs axes incluant l’éducation nutritionnelle, la promotion de l’activité physique, la sensibilisation du public et le lancement d’un plan national de lutte contre l’obésité qui mobilise toutes les parties concernées.
Le ministre a également mis en exergue la nécessité de « promouvoir la production d’aliments sains, la promotion de la pratique d’activités physiques et le respect d’un comportement alimentaire sain et équilibré » pour prévenir ce problème.
Le premier responsable du secteur de la santé a aussi souligné que l’obésité peut entraîner plusieurs autres maladies telles que le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, le syndrome d’apnée du sommeil et l’hypertension artérielle, ainsi que des problèmes psychologiques et sociaux.
Face aux nombreuses conséquences désastreuses du surpoids sur la santé, le ministre a déclaré que les travaux du deuxième congrès international de la SAOMM constituaient une occasion d’échange et de débat sur l’un des principaux défis auxquels est confrontée la santé publique.
Pour rappel, le Pr Amar Tebaibia, président de l’Association nationale pour la lutte contre l’obésité, avait alerté à de nombreuses reprises quant à l’évolution inquiétante de l’obésité, soulignant que l’Algérie pourrait se classer deuxième dans le Continent africain en termes de taux d’obésité d’ici à l’année 2030. Il a également insisté pour tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences désastreuses de l’accroissement de l’obésité chez les enfants, affirmant que « les enfants obèses d’aujourd’hui seront les malades de demain ».
Il a indiqué à ce sujet que la majorité des enfants et adolescents de moins de 18 ans atteints d’obésité développent des maladies chroniques avant l’âge de 40 ans. Ce qui risque de contribuer à augmenter leurs risques de mortalité par trois par rapport à ceux qui ne souffrent pas d’obésité.
En outre, le président de cette association a aussi relevé qu’en plus d’être responsable de plus de 195 maladies, l’obésité serait également responsable de beaucoup de cancers, à l’instar des cancers du sein, de la prostate et du côlon. En conséquence, il est important de « contrôler le taux de sucre et des graisses dans les aliments et les boissons » et de « contrôler les autres facteurs cancérigènes dont les perturbateurs endocriniens ».
Il convient de noter que selon les spécialistes, les causes de cette hausse de l’obésité sont une alimentation malsaine, déséquilibrée, riche en sucres complexes et en graisses, associée à un manque de sommeil et un faible niveau d’activité physique.