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Nationale

Autoroute Est-Ouest: Le péage pour colmater les… failles

Autoroute Est-Ouest: Le péage pour colmater les… failles

Surcoût, malversation, corruption, déformations, affaissements, effondrements, aires de repos et, plus récemment, postes de péage. Ce sont là quelques têtes de chapitres se rapportant à l’autoroute Est-Ouest et qui, désormais, font partie du lexique de l’autoroute algérienne, l’une des plus chères au monde. Entamée en 2008, les premiers tronçons de ce projet structurant avaient montré des signes d’imperfections.

Avant que n’éclatent en 2010 des scandales mettant en cause plusieurs intervenants, dont des cadres de l’entreprise chinoise chargée de la réalisation des tronçons ouest et centre. La non-conformité aux normes des travaux réalisés par les Asiatiques avaient en effet précipité l’éclatement du scandale.

Avec l’ouverture du tant attendu procès de « l’autoroute Est-Ouest », les Algériens, dubitatifs jusque-là, notamment les usagers, sur la qualité de la chaussée de ce qui est qualifié de projet du siècle, et, pour les plus avertis, sur les dépenses engagées par l’Etat pour sa réalisation, restent aussi sceptiques quant à une issue transparente que connaîtront les assises judiciaires.

Il n’est certes pas aisé pour le commun des mortels de mesurer l’ampleur des « dégâts financiers » dont a été victime le Trésor public avant, au cours et après les travaux de cette longue route à six voies, mais une simple comparaison permet de se faire une idée sur l’arnaque dans ce grand projet. Bien que les malfaçons constatées un peu partout à travers les 1 216 kilomètres, sans compter les routes annexes et les ouvrages d’art, rendent une estimation financière définitive pratiquement impossible.

Entamé en 2006, le projet d’une longueur de 1 216 km aura coûté officiellement après une ré-estimation, 11.2 milliards de dollars. Avant son lancement on avait parlé de 7 milliard de dollars, mais selon les dernières estimations, le coût réel avoisinerait les 13 milliards, un chiffre jugé exorbitant et qui, désormais, inscrit en lettres d’or l’autoroute algérienne au livre Guinness des Records à la rubrique des autoroutes les plus chères en Afrique et même au monde. Un chiffre qui fait aussi ressortir un taux de base de presque 11 millions de dollars le kilomètre.

Un chiffre qualifié de très élevé dans la mesure où les normes internationales fluctuent entre 5 et 6 millions de dollars le kilomètre et au maximum 7 à 8 millions de dollars avec des annexes de dernière génération. A titre d’exemple, l’autoroute du Maghreb Fes-Oujda d’une longueur de 328 km, et qui devrait justement assurer la jonction au niveau de Maghnia avec l’autoroute Est-Ouest, avait été estimée à un coût prévisionnel de 2.7 millions de dollars le kilomètre, soit le quart de ce qui a coûté au budget de l’Etat algérien.

Deux consortiums avaient hérité de ce grand projet : Les chinois de CITIC-CRCC au centre et à l’Ouest et le japonais Cojaal à l’Est, avec un suivi assuré par quatre bureaux dont un canadien au centre, un français à l’ouest et un Italien à l’Est le tout chapeauté par un bureau d’étude canadien chargé, quant à lui, du contrôle et du suivi de toute la réalisation. Une réalisation qui ne tarda pas à montrer des signes de « fatigue » dès la livraison des premiers tronçons.

Toutefois, la grande faille fut constatée en janvier 2014 après écroulement d’une partie du tunnel de Djebel El-Ouehch à Constantine, remettant carrément en cause la livraison du projet dans les délais et qui a précipité la résiliation du contrat entre le gouvernement et le consortium japonais incapable de surmonter le problème, d’autant que l’entreprise japonaise était incapable de terminer dans les délais l’infrastructure dont la difficulté s’est avérée au dessus de ses moyens.

Avant que n’éclate en mars de la même année un autre scandale, à l’ouest cette fois-ci, après un glissement survenu à quelques kilomètres de Tlemcen ayant provoqué l’effondrement d’une partie de la chaussée sur des centaines de mètres, formant des crevasses et remettant ainsi en cause le travail de l’autre partenaire asiatique chargé du tronçon ouest.

Toutefois, et si pour les Chinois qui ont réussi à décrocher le marchés des deux tronçons ouest et centre les choses se sont plutôt bien passées, avant que ne viennent remettre en cause des imperfections constatées sur plusieurs parties de leur « œuvre », pour les Japonais de Cojaal, qui ont pour leur part hérité de la partie la plus difficile, notamment du côté de Constantine, les choses se sont plutôt très mal passée puisque leur contrat a été résilié par le gouvernement. Les Nippons ont même coupé les moteurs de leurs engins à près de 80 kilomètres de la frontière avec la Tunisie.

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