Augmentation des salaires, d'allocation chômage et des retraites : Un soulagement pour 3 millions d'Algériens – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Augmentation des salaires, d’allocation chômage et des retraites : Un soulagement pour 3 millions d’Algériens

Augmentation des salaires, d’allocation chômage et des retraites : Un soulagement pour 3 millions d’Algériens

Plus de 2,8 millions d’algériens seront touchés par les augmentations de salaire décidées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres, a révélé le ministre du Travail, Youcef Chorfa. Un coup de pouce salarial qui vient soulager des milliers de salariés, de retraités et de chômeurs frappés durement par la flambée des prix des produits de large consommation et des pénuries qui n’en finissent pas.

Le ministre, qui intervenait dimanche soir lors du journal télévisé de la Télévision nationale publique, a indiqué que la décision du président de la République d’augmenter les salaires au cours de 2023-2024, pour atteindre annuellement un seuil oscillant entre 4 500 et 8 500 DA en fonction des catégories, « toucheront 2,8 millions de fonctionnaires et contractuels, alors que les augmentations dans le secteur économique seront fixées par les conventions collectives entre l’opérateur et le partenaire social ». 

L’augmentation des salaires en trois ans « sera de 47 à 50 % », sachant que son seuil variera entre 4 500 DA et 8 500 DA par an, selon les catégories, a expliqué le ministre, qui a cité, à titre d’exemple, l’augmentation salariale au profit des enseignants qui bénéficieront d’une revalorisation de près de 13 500 DA au cours des deux prochaines années. 

S’agissant de l’allocation chômage, qui sera également revalorisée sur instruction du président de la République, le ministre du Travail a fait savoir que le nombre de bénéficiaires atteindrait, à la fin décembre 2022, 1,9 million de bénéficiaires parmi les universitaires, les diplômés des instituts de formation et les non-diplômés.

Ainsi, l’allocation chômage augmentera de 13 000 DA net à 15 000 DA, alors que les coûts de la couverture sanitaire (carte ChifaCarte CHIFA La carte CHIFA est la carte d’assurance maladie de la sécurité sociale en Algérie. Une carte à puce au format carte de crédit qui permet à son propriétaire et ses ayants droit de bénéficier des prestations de sécurité sociale concernant les dépenses de santé.) des personnes concernées seront pris en charge par l’Etat, en attendant leur insertion dans le monde du travail.

Toutefois, le président de la République tient à encourager les jeunes chômeurs à s’intégrer dans le monde du travail. Pour ce faire, il a donné instruction au gouvernement d’introduire davantage de facilitations pour la création d’entreprises économiques dans différents domaines. 

Concernant la revalorisation des pensions de retraite, le ministre a évoqué la première catégorie des bénéficiaires, à savoir les affiliés à la Caisse nationale de retraite (CNR), pour une période de moins de 15 ans et qui perçoivent actuellement une pension de 4 000 à 10 000 DA, précisant que l’augmentation de la pension atteindra 11 000 DA et concernera 900 000 retraités.

Pour la pension de retraite à 15 000 DA, celle-ci augmentera à 20 000 DA et concernera 250 000 retraités.

 Réactions des syndicats
 La décision d’augmenter les salaires a plutôt été bien accueillie par des syndicats de l’éducation et d’autres de la santé, mais avec beaucoup de réserves ou de scepticisme.

Contacté par le Jeune Indépendant, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et la formation (Satef), Boualem Amoura, a salué l’augmentation des salaires prise par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, tout en émettant quelques réserves sur son application.

Selon lui, ces augmentations sont floues parce qu’elles ne sont pas détaillées. « Encore une fois, on fait face à une situation floue. Il n’y a pas de date pour l’application de la mesure. Il n’y a pas de détail aussi sur la valeur de l’augmentation que touchera chaque catégorie de travailleurs. Cette décision a pourtant été prise il y a quelques mois déjà.

Ils ont eu tout le temps qu’il faut pour donner des détails », a-t-il fait remarquer, réclamant plus de clarifications. Le SG du Satef estime que ces augmentations sont annoncées en brut. « Ce ne sont pas des augmentations nettes car elles seront soumises à l’IRG (impôt sur le revenu global) et à la sécurité sociale. Donc, ces augmentations annoncées entre 4 500 da et 8 500 DA ne sont pas nettes et seront ainsi revues à la baisse », a souligné M. Amoura.

De son côté, le président du Syndicat des praticiens de la santé publique, le Dr Lyès Merabet, estime qu’il est réconfortant de savoir qu’encore une fois, le secteur de la santé et les professionnels du secteur sont à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil des ministres.

« Cela dénote le respect et de l’intérêt accordé par les plus hautes autorités du pays à la question des réformes dans le secteur et de l’engagement de Monsieur le président de la République pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des fonctionnaires que nous sommes », s’est-il réjouit.

Le président du SNPSP a toutefois souligné l’urgence de concrétiser cela à travers une révision concertée des statuts particuliers et des régimes indemnitaires y afférents. « Ce travail a été amorcé dans le secteur de la santé depuis le mois d’août 2021 et nous sommes en train de le finaliser dans le cadre d’un comité ad hoc installé à cet effet », a-t-il ajouté.

Tout comme le président du Satef, le Dr Merabet a regretté le fait qu’il n’y ait pas de détails sur les échéances d’application de ces augmentations, ni d’ailleurs sur les niveaux fixés par le gouvernement pour les taux d’augmentation des salaires.

Néanmoins, il a reconnu que ces augmentations vont impacter en bien le niveau de vie des Algériens, à condition, a-t-il insisté, d’accompagner cette mesure par une meilleure régulation du marché des produits de consommation et de biens.

Des augmentations insuffisantes pour l’OSRAOSRA Organisation syndicale des retraités algériens

L’Organisation syndicale des retraités algériens (OSRA) prend note et attend plus de précisions concernant les modalités de cette augmentation. Contacté par le Jeune Indépendant, Bachir Hakem, membre de l’OSRA, s’interroge.

Ces augmentations sont-elles des augmentations de pensions ou des augmentations par rapport à la revalorisation des pensions de retraite.

Pour Bachir Hakem, officiellement, il y a des pensions qui varient entre 4 000 et 10 000 DA et cela concerne 900 000 retraités.

Selon lui, l’ajustement à l’allocation chômage n’est que justice mais reste en-deçà des attentes d’OSRA. « Notre organisation a toujours revendiqué une pension de retraite minimale équivalente au SNMG, qui devrait être de 60 000 DA pour rattraper la chute du pouvoir d’achat pour tout travailleur qui aura travaillé pendant 32 ans », a-t-il précisé.

Quant à ceux qui ont travaillé pendant 15 ans, leur pension, estime M. Hakem, devrait valoir au moins deux fois l’allocation chômage. Le représentant de l’OSRA a insisté sur le fait que les autorités devraient dialoguer avec les personnes concernées et entendre leurs revendications.

« Il n’y a pas que la pension dont ces derniers souffrent mais beaucoup d’autres points jamais pris en considération ni par le ministère du Travail ni par la CNR. Il est temps que ces retraités aient une organisation qui porte leurs revendications », a-t-il réclamé.

 

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