Au pays de la liberté d’Expression, ferme ta gueule !
En France, pays de la liberté d’expression, où sont nés en 1789 les Droits de l’Homme et quelques années plus tard l’abolition de l’esclavage, même si Napoléon Bonaparte avait récusé ses premiers engagements justement sous la pression des esclavagistes des «îles sous le vent», faut fermer sa gueule, s’agissant de condamner les atrocités sionistes en Palestine occupée.
Oui, « il faut fermer sa gueule, et ne pas se la ramener comme un mec de la banlieue quant il faut condamner les massacres» de populations entières de Palestiniens dans la bande de Ghaza. En France, par les temps actuels, il faut ne pas se prononcer dans un débat à géométrie plus variable que le plus rapide des avions de combats US envoyés à Tsahal pour tuer des enfants, à moins de provoquer la bagarre que se livrent les partis politiques, «vent debout», au Parlement français pour montrer sournoisement, sinon hypocritement son soutien à l’une des plus exécrable agression armée contre un peuple affamé, assoiffé, terrorisé par la disproportion des armes utilisées, tué, assassiné, massacré devant les caméras des télévisions du monde entier.
En direct, des bombardements sont flashés comme des éclairs, et sous les immeubles qui tombent comme des châteaux de sable, des hommes, des femmes, des enfants, des êtres humains, des «bouts d’humanité» qui n’ont que Dieu pour seul protecteur contre une inhumanité que les politiques français veulent nous faire croire qu’il s’agit de se protéger contre le terrorisme des Palestiniens.
Ceux-là même qui ont décidé de ne plus fermer leur gueule et de prendre leurs armes pour défendre leur patrie usurpée, leur dignité bafouée, leur avenir mis sous scellés par «les bonnes consciences» européennes au sortir de la seconde grande guerre. Comme pour exorciser leur lâcheté au plus fort des offensives nazies contre l’Europe recroquevillée sur elle-même, se protégeant les yeux et la tête contre Hitler et ses chimères.
Le Jeune Indépendant, notre Journal, le premier né de la presse indépendante algérienne, n’a pas, certes, la voix, ni la notoriété politique d’un New York Times, d’un The Herald Tribune, ou d’un The Washington Post pour être écoutés ou même lus dans quelques sphères influentes du monde occidental. Là où les décisions pour le futur du monde telles que nous ne les connaitrons jamais, sont prises.
Nous ne sommes par Le Monde, ou Le Figaro, encore moins The Times, mais nous sommes ce que nous sommes : un journal libre et indépendant du quart-monde qui veut bien croire que la Liberté d’expression, telle que défendue par les partis, les politiques et les médias en France et ailleurs dans le monde est la même pour tous. Hélas, le cours des événements, parfois frisant le ridicule, dans l’Hexagone nous donne raison quand nous disions que dans le pays de la Liberté d’expression, faut fermer sa gueule.
Et on ne peut se tromper s’agissant de cas devenus dangereux pour la liberté d’expression, la vraie et seule véritable en France notamment, quand deux joueurs de football, dont l’un est bien Français en dépit de son ascendance algérienne, et l’autre «un simple footballeur donc un travailleur immigré algérien», qui se font lyncher par les pestilences politiciennes de milieux français rétrogrades, réactionnaires et racistes jusqu’au bout des ongles.
La polémique stérile et revancharde sur les propos de Youcef Attal quant à son ferme soutien aux Palestiniens bombardés en permanence à Ghaza aurait pu ne pas aller vers un cheminement politique tout à fait raciste et éminemment contraire à la Liberté d’expression, porte-étendard de la Démocratie. Celle-là même que défend la France, et qui aurait dû s’arrêter à quelques soudaines et viles montées au front pour guerroyer sur les champs minés de l’agression sioniste contre le peuple de Palestine occupée de quelques partis d’extrême droite et ses affidés dont des électrons libres du PR sur les travées du Parlement ; et mettre aux prises les nouveaux Montagnards aux Girondins contre le droit des minorités en France à s’exprimer librement sur les sujets politiques qui leur tiennent à coeur.
Des «Marie Antoinette en veux-tu en voilà» sont montrées du doigt et vouées à l’échafaud. Youcef Attal en fait partie, victime autant de sa naïveté politique que des redresseurs de torts français qui voudraient que tout le monde verse des larmes de crocodile sur les pertes humaines de la partie sioniste. N’a-t-on pas vu la France entière se lever pour défendre une curieuse Liberté d’expression quand un hebdomadaire de l’hexagone a insulté l’islam, une des religions révélées, en caricaturant le Prophète des Musulmans, et susciter dans le monde des protestations et hauts-le-cœur de milliards de musulmans ?
Jusqu’aux autodafés de ces derniers mois du Coran en Suède, qui n’ont pas provoqué outre mesure des réactions de condamnation des belles consciences françaises et en Europe, plus que jamais conservatrice et où le sentiment nationaliste a pris des proportions dangereuses pour une démocratie à 27 aux voix discordantes. Et donc, dans cette France puritaine, qui a quelques aspects rébarbatifs de celle qui a précédé l’arrivée des Robespierre et Dantan face à Condorcet et les Girondins à l’Assemblée Nationale française, on fait des procès terribles, psychologiquement désastreux, contre tous ceux qui osent défendre et soutenir la cause palestinienne.
Pour peu et on érigera des échafauds en plein Paris pour pendre haut et court sur des potences de l’intolérance ceux qui disent qu’il faut que les Palestiniens aient eux aussi leur propre Etat, qui militent contre la partition de la Palestine et défendent son droit à un Etat libre et indépendant. Qui dénoncent la barbarie du régime sioniste. Et, aujourd’hui, ceux, comme Benzema ou Attal, qui estiment que les bombardements sauvages contre des populations civiles doivent cesser immédiatement et condamnés par la communauté internationale.
Ces deux joueurs, qui jouent bien des deux pieds sur un rectangle vert, ne savent pas évoluer sur un champ politique miné autant par la droite que par les voix discordantes d’une France soumise, pieds et poings liés, aux voix de l’intolérance et la négation de la Liberté d’expression. Le régime sioniste en Israël est puissant, et a mis en esclavage les belles consciences en France, aux Etats-Unis comme en Europe qui veulent nous faire croire en les vertus de la Liberté de conscience et d’expression. Et que dit la déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU, au sortir de la seconde guerre mondiale ? Que «chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés sans distinction aucune.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants». En France, malheureusement, la nouvelle classe politique, furieusement à droite et même ces derniers temps à droite toute – avec un macronisme déboussolé où les policiers peuvent tirer et descendre, comme dans les films western des adolescents-, perd pied face à une réalité sociologique née dans les banlieues surpeuplées et marginalisées, qui n’ont pas un accès équitable à l’école, à l’éducation publique, à l’emploi, à la dignité humaine, et face à un avenir incertain…sauf à aller grossir les rangs des taulards. Non, notre Le Jeune Indépendant n’est pas le Wall Street Journal ni même The Gardian pour être entendu là où il faut.
Pour porter la petite voix des gens qui regardent les Palestiniens se faire massacrer, devant le silence médiatique de ceux qui défendent la Liberté d’expression. Mais, on fait quand même notre Job, notre part de boulot, et on dénonce, à notre manière, l’iniquité, l’intolérance et la Hogra des grands lobbies médiatiques en France, dans le monde. Alors, que fleurissent les Attal et autres KB9 sur le front médiatique et dans le cyberespace. Pour que le combat du bien contre le mal entre de plein pied dans les réseaux sociaux, et Victor Hugo pourrait nous revenir pour désigner nommément les nouveaux Saint-Arnaud, ce génocidaire français dans l’Algérie envahie par les colonisateurs français, en Palestine occupée et ailleurs, de «Chacals».