Au moins 41 morts et plus de 120 blessés: Drame sur les rails en Espagne
Le grave accident ferroviaire qui s’est produit dimanche près d’Adamuz, dans la province de Cordoue (Andalousie) a fait 41 morts et 122 blessés dont 29 dans un état grave selon un bilan communiqué mardi par la région d’Andalousie.
On ignore si des algériens se trouvaient parmi les victimes ou les passagers car les autorités espagnoles n’ont pas encore révélé les identités des victimes.
Le train à grande vitesse de la compagnie Iryo a déraillé avant d’entrer en collision avec un convoi Renfe circulant en sens inverse. Les faits se sont déroulés vers 19h45, sur une portion rectiligne de la ligne à grande vitesse, entre Malaga et Madrid. Le train Iryo, un Frecciarossa 1000, assurait la liaison Malaga–Madrid et transportait plus de 300 passagers. Le convoi Renfe circulait dans le sens inverse, en direction de Huelva, avec plus de 100 personnes à bord.
Selon les premiers éléments, l’arrière du train Iryo a déraillé, puis le convoi a percuté un train Renfe sur une voie adjacente. L’impact a provoqué le déraillement des deux premiers wagons du train Renfe, projetés sur un talus d’environ quatre mètres. Des wagons du train Iryo ont également été gravement endommagés. Les autorités ont précisé que l’accident s’est produit sur une portion de voie récemment rénovée, ce qui ajoute à l’incompréhension et renforce les interrogations sur les causes de la catastrophe.
Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a qualifié l’accident de « très étrange », soulignant qu’il s’est déroulé sur une ligne rectiligne où les risques de déraillement sont théoriquement les plus faibles. Le responsable a également indiqué que l’accident est d’autant plus surprenant que la voie avait été rénovée en mai 2025 et que le train Iryo impliqué est un matériel moderne, âgé de moins de quatre ans. Une photo diffusée par la Guardia Civil, montrant une possible dégradation du rail, a été relayée par plusieurs médias, mais aucune confirmation officielle n’a encore été apportée.
Selon El Pais, le ministre des Transports espagnol, Óscar Puente, a déclaré que la Guardia Civil a demandé la mise sous scellés de la voiture n°6 du train de l’Iryo, celle qui a déraillé, afin de poursuivre les prélèvements. La voie est également examinée, l’hypothèse d’une rupture étant envisagée.
Face à l’ampleur de la tragédie, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s’est rendu sur les lieux et a annoncé trois jours de deuil national. Il a également promis une transparence absolue dans l’enquête, qui devra déterminer si la cause du drame relève de l’infrastructure, du matériel roulant, ou d’une combinaison de facteurs.
Les opérations de secours ont mobilisé d’importants moyens : les services d’urgence, la police locale et l’Unité militaire d’urgence (UME) sont intervenus sur place pour évacuer les victimes et dégager les wagons. Les habitants d’Adamuz se sont également mobilisés pour aider les rescapés. Les autorités ont indiqué que tous les blessés ont été évacués et transférés vers différents établissements hospitaliers andalous. Des appels aux dons de sang ont été diffusés sur les réseaux sociaux en raison du nombre élevé des blessés.
La gestion des conséquences de l’accident a entraîné une suspension totale du trafic à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie. Plus de 200 trains ont été annulés lundi, affectant les lignes Madrid–Cordoue, Madrid–Séville, Madrid–Malaga, Madrid–Grenade, Madrid–Huelva et Madrid–Cadix/Algésiras. ADIF, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, n’a pas encore fixé de date de reprise du trafic. Les voyageurs sont invités à contacter leur opérateur pour obtenir un remboursement ou un réacheminement.
Au-delà de l’émotion, ce drame relance le débat sur le modèle ferroviaire espagnol. Depuis l’ouverture à la concurrence en 2020, trois opérateurs (Renfe, Iryo, Ouigo) se partagent le marché de la grande vitesse, tandis que l’infrastructure reste sous la responsabilité d’un gestionnaire unique, ADIF. Certains analystes s’interrogent sur la capacité à maintenir un réseau aussi étendu et modernisé, qui dépasse 3 100 km, dans un état optimal.
Les familles des victimes et les survivants attendent désormais des réponses. L’enquête officielle, qui pourrait durer environ un mois, devra faire la lumière sur les circonstances exactes de cette collision, l’une des plus graves en Europe ces dernières années.