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Au moins 37 morts dans l’explosion à Ankara

Au moins 37 morts dans l’explosion à Ankara

L’explosion d’une voiture piégée a tué au moins 37 personnes dimanche soir à un carrefour très fréquenté du centre d’Ankara, la capitale turque, et fait 125 blessés, rapportent les autorités, moins d’un mois après une attaque similaire qui a fait 29 morts à quelques rues de là.

La déflagration, entendue à plusieurs kilomètres à la ronde, a projeté une pluie de débris enflammés sur une zone située à quelques centaines de mètres des ministères de la Justice et de l’Intérieur, d’un tribunal et des anciens bureaux du Premier ministre.

« Ces attaques, qui menacent l’intégrité de notre pays et l’unité et la solidarité de notre nation, n’affaiblissent pas notre volonté de lutter contre le terrorisme mais renforcent notre détermination », a déclaré dans un communiqué le président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’attaque n’a pas été revendiquée mais deux responsables des services de sécurité ont dit que les premiers éléments de l’enquête suggéreraient l’implication du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré par Ankara comme une organisation terroriste, ou d’un groupe affilié à celui-ci.

Le ministre de l’Intérieur Efkan Ala a déclaré que le nom de l’organisation responsable serait probablement dévoilé une fois achevées les premières investigations. 

« Des découvertes importantes ont été effectuées », a-t-il dit sans autres précisions, à l’issue d’une réunion avec le Premier ministre Ahmet Davutoglu, le chef des services de renseignement et les responsables des services de sécurité. « Ce soir, des civils attendant à un arrêt de bus ont été visés par un attentat terroriste commis à l’aide d’une voiture piégée », a ajouté le ministre de l’Intérieur.

L’attentat survient deux jours après une mise en garde émise par l’ambassade des Etats-Unis à Ankara contre un risque d’attaque contre des bâtiments publics dans le quartier de Bahcelievler, situé à quelques kilomètres du lieu de l’explosion.

Selon le ministre de la Santé Mehmet Muezzinoglu, 30 personnes ont été tuées sur le théâtre de l’attentat et quatre autres ont succombé à l’hôpital. Il y avait un ou deux assaillants, qui sont comptabilisés dans le bilan des morts. Dix-neuf blessés sont dans un état critique, a-t-il ajouté.

Selon une source policière, l’attaque semble avoir été perpétrée par deux personnes, un homme et une femme, la tête de cette dernière ayant été retrouvée à quelque 300 mètres du site de l’explosion.

L’un des responsables de la sécurité interrogés a indiqué que la voiture utilisée dans l’attentat était une BMW venue de Viransehir, une ville du sud-est de la Turquie à majorité kurde, et que le TAK (Faucons de la liberté du Kurdistan), un groupe affilié au PKK selon les autorités, figurait au premier rang des suspects.

La précédente attaque à la voiture piégée, le 17 février dans un quartier où se trouvent le quartier général de l’armée, le Parlement et des bâtiments de plusieurs autres institutions, avait été revendiquée par le TAK, qui se présente comme une organisation dissidente du PKK.

Les explosifs utilisés dimanche soir étaient du même type que ceux employés le 17 février et des clous et des billes ont été ajoutés pour provoquer le maximum de dégâts, a ajouté la source policière.

Le parti pro-kurde HDP, troisième formation représentée au parlement, que le président Erdogan accuse de travailler en sous-main pour le PKK, a condamné un « attentat sauvage ». 

Des images tournées sur les lieux montrent des débris fumants devant ce qui semble être l’entrée d’un passage souterrain.

L’explosion s’est produite à un carrefour très fréquenté et à une heure de pointe (18h43 locale, soit 16h43 GMT), a précisé la chaîne publique TRT. Elle a ajouté que l’explosion avait touché un bus qui transportait une vingtaine de personnes près du parc Guven et de la place Kizilay.

La justice a ordonné de fermer l’accès à Facebook et Twitter après que des images de l’explosion ont été partagées sur ces réseaux sociaux.

L’attentat a été condamné unanimement à l’étranger. Le président russe Vladimir Poutine a condamné un attentat « inhumain ». « Tous les alliés de l’Otan sont solidaires de la Turquie, résolus dans leur détermination à combattre le terrorisme sous toutes ses formes », a déclaré le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Depuis le début de sa campagne armée pour l’indépendance des Kurdes de Turquie, en 1984, le PKK a toujours frappé directement les forces de sécurité et dit ne pas viser les civils. Par ailleurs, l’organisation terroriste Etat islamique (EI) a perpétré au moins quatre attentats à la bombe en Turquie depuis juin 2015.

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