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Monde

Au Liban, la fête de l’indépendance marquée par le retour de Hariri

Au Liban, la fête de l’indépendance marquée par le retour de Hariri

Le 22 novembre a eu lieu à Beyrouth le défilé militaire annuel à l’occasion du 74e anniversaire de l’indépendance du Liban. Les différents contingents de l’armée libanaise et des forces de l’ordre ont défilé devant la tribune où siégeait le président de la république, M. Michel Aoun, entouré du président du parlement, M. Nabih Berry et du premier ministre, M. Saad Hariri.

Ce dernier est arrivé la veille à Beyrouth, après une absence « énigmatique » d’environ 3 semaines. Étaient présents les anciens présidents de la république et les anciens premiers ministres, ainsi que le commandant en chef de l’armée, M. Joseph Aoun, des ministres, ambassadeurs et différentes personnalités.

De gauche à droiteNabih Berri, Michel Aoun et Saad Hariri (photo: DR)

À la suite du défilé, le président Aoun ainsi que M.M. Berry et Hariri ont reçu côte à côte les visiteurs qui affluaient au Palais de Baabda pour présenter leurs vœux.
Les médias libanais ont diffusé des chants nationaux pendant la semaine, faisant l’éloge du pays du Cèdre et de son armée. Un discours du président Aoun adressé à la nation à cette occasion a par ailleurs été diffusé la veille de la fête. M. Aoun a appelé à l’unité nationale. Le président a affirmé sa volonté de distancier le Liban de toutes les crises régionales.

Des tensions régionales et une crise politique interne
Cette célébration a lieu au milieu de tensions régionales entre deux forces majeures, l’Iran, la Syrie et leurs alliés libanais d’une part, et l’Arabie saoudite et ses alliés libanais d’autre part. En filigrane se trouvent aussi les tractations bipolaires classiques, entre les Russes qui soutiennent le président Assad et les Américains, pro-saoudiens. Cette situation apparaît comme un conflit sunno-chiite ou arabo-perse.
Une crise diplomatique a par ailleurs surgi au Liban, quand M. Hariri, en visite en Arabie saoudite, a étonnamment annoncé sa démission à cause, selon lui, des agissements du Hezbollah libanais pro-iranien qui interfère militairement au-delà de la frontière libanaise dans les conflits au Yémen et en Syrie, entravant ainsi la volonté du gouvernement libanais de distancier le Liban des conflits d’autres pays.
De son côté, le Hezbollah a accusé l’Arabie saoudite d’avoir contraint Hariri à démissionner tout en l’empêchant de retourner au Liban, en l’assignant à résidence parce que voulant le remplacer par une autre personnalité sunnite qui défend mieux les intérêts du royaume. En fait, on n’avait pas de données précises quant à la date du retour de Hariri au Liban, et ce retard à l’étranger était inexpliqué.
À la suite d’une médiation française, sollicitée par le chef de l’État libanais, Hariri a finalement quitté le royaume et s’est rendu en France après 18 jours, puis il a visité successivement l’Égypte et Chypre très brièvement, où il a rencontré les dirigeants, pour enfin arriver la veille de la fête de l’Indépendance à Beyrouth, où il devait s’entretenir avec le président libanais afin de clarifier sa situation.
La crise politique au Liban s’est d’autant accrue après la mise à l’index du Hezbollah par la Ligue arabe comme organisation terroriste soutenue par les autorités iraniennes, l’accusant de financer des groupes terroristes au Bahreïn.
Cette célébration de l’Indépendance est donc marquée par le retour tant attendu du premier ministre, qui a retrouvé son sourire dès son arrivée à Beyrouth, après une absence « énigmatique et inquiétante ». Son épouse et deux de ses enfants étant restés en Arabie saoudite.
Après avoir participé aux festivités, M. Hariri a annoncé en quittant le Palais de Baabda, qu’après discussion avec le président Aoun, il suspendra sa démission du poste du premier ministre afin de laisser le temps à des concertations à ce sujet.

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