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Nationale

Attentats à Bamako et Kidal : Curieux acharnement terroriste !

Attentats à Bamako et Kidal : Curieux acharnement terroriste !

Quelques jours après le paraphe de l’accord pour une paix durable au Mali, un attentat meurtrier a frappé Bamako, dans la nuit de vendredi, tuant trois Maliens et deux ressortissants étrangers, en plus de plusieurs blessés. 

Hier, c’est une base de l’ONU qui a été touchée par des roquettes à Kidal, dans le grand Nord malien, causant d’autres victimes. Hasard du calendrier terroriste ou attaques programmées en fonction de l’évolution du dialogue mené à Alger, les événements sanglants survenus dans la capitale malienne méritent une appréhension prudente. Lecture.

Vendredi soir une fusillade éclate dans un restaurant à Bamako. Les médias français ont été les premiers à relayer l’information. Il faut dire que parmi les victimes décédées sous les balles figure un expatrié français. Pour les faits, il s’agirait d’une fusillade ayant visé un établissement fréquenté par des étrangers, La Terrasse, une sorte de restaurant-dancing branché de la capitale malienne. Plusieurs versions sont publiées sur Internet quant aux circonstances de l’attaque.

Certaines évoquent le nombre de deux assaillants, d’autres affirment qu’un seul criminel aurait ouvert le feu par des tirs nourris sur les consommateurs présents dans la salle du restaurant. Il y aurait eu un policier malien tué dans les environs immédiats de la rue dite Princesse où se situe l’établissement cible de l’attentat.

Signature islamiste

Usage de grenades dont certaines n’auraient pas explosé, quatre individus en fuite, deux suspects arrêtés, l’information garde la forme de la rumeur. Mais l’élément le plus important dans les premiers témoignages rapportés par la presse et notamment RFI, bien implantée à Bamako, ce sont ces cris-slogans qu’auraient poussés le ou les assaillants. Fameuse marque de fabrique de l’internationale islamiste, des « Allah Akbar » auraient été entendus. Plus de doute. L’acte ne serait pas isolé et pourrait même avoir visé des étrangers.

Le terrorisme « djihadiste » aurait bel et bien contaminé le sud du grand Mali. On se souvient qu’au lendemain de l’occupation du Septentrion des poseurs de bombes avaient été arrêtés, sept membres d’une cellule dormante du MUJAO, dont une majorité de Diallo, se préparaient à perpétrer des attentats. On a pu lire au lendemain du coup de filet des services de sécurité maliens (la SE) dans la presse locale des précisions sur leur projet terroriste :

« Leurs cibles immédiates : la pâtisserie Amandine dont la majorité des clients sont des Occidentaux, les mairies des communes du District de Bamako, qui concentrent beaucoup de monde lors des mariages, la rue Blabla, un lieu de concentration de bars, de boîtes de nuit et de restaurants huppés de la capitale, le Centre international des conférences de Bamako et d’autres lieux très fréquentés.

Anniversaire et agenda

Coïncidence incroyable, cette neutralisation du groupe guidé par le prédicateur radical Hamed Yehia Diallo, qui activait et recrutait des candidats terroristes à Tintahatène dans la région de Gossi au nord du pays, survenait le 7 mars 2013. Deux ans plus tard, jour pour jour, l’attentat n’est pas déjoué et une cible du même type est atteinte. Les terroristes ont de la suite dans les idées.

L’agenda bien maîtrisé. Moins d’une semaine après le paraphe du document préaccord d’Alger, ce n’est pas dans le nord désespéré du Mali que la violence fait encore parler d’elle. Bamako saigne alors qu’on y préparait la signature de la paix pour la dernière semaine de ce mois de mars. La Coordination des mouvements de l’Azawad doit convaincre sa base, c’est-à-dire les populations qu’elle prétend représenter, pour obtenir le quitus et rejoindre le front de la paix.

L’attentat du restaurant La Terrasse aura-t-il des conséquences sur le processus de réconciliation ? Le penser équivaudrait à accréditer les thèses confondant volontiers le terrorisme et la rébellion du nord du Mali. Or, pour ceux qui ont pu lire le texte paraphé à Alger le 1er mars, les parties se sont engagées à conjuguer leurs efforts pour lutter contre la subversion terroriste qui empoisonne la partie sahélienne du pays.

Brouillage terroriste

Mais le MUJAO a été mis en veille et les services de sécurité ont été informés d’une fusion avec le groupe de Mokhtar Belmokhtar, « l’Algérien » que le président tchadien avait déclaré mort au cours de l’opération Serval alors que le Jeune Indépendant avait démenti ces propos et indiqué que le sinistre terroriste évoluait en territoire libyen.

L’attaque de Tiguentourine et la réapparition de Belmokhtar, commanditaire de la sanglante prise d’otages du site gazier, donna raison à notre quotidien. Aujourd’hui, c’est encore une fois le Borgne qui revendique l’attentat de Bamako au nom de sa phalange El Mourabitoune. Cette revendication n’a pas été authentifiée par les experts en contre-terrorisme au moment où nous mettons sous presse.

D’ailleurs, depuis quelques mois, les services de renseignements préfèrent désigner par GAT, groupes armés terroristes, toutes les factions pour déjouer la tentative de brouillage des pistes qui se cache derrière une déclinaison prolifique d’appellations propre à la nébuleuse Al Qaïda, rejointe maintenant par Boko Haram et Daech. Cependant, l’analyse du mode opératoire, les recherches sur l’identité des assaillants sont à l’examen et pourront fournir les éléments pertinents sur les auteurs de la tuerie de Bamako.

Attaque à Kidal

Si les terroristes appartiennent vraiment à des groupes armés en activité dans le Septentrion, ce sont le dispositif Barkhane de l’armée française, le maillage de la MINUSMA et la surveillance des routes et pistes menant du nord vers la capitale par l’armée malienne qui sont en faillite. Une crainte exprimée par la rue bamakoise qui croyait à une violence circonscrite au nord. 
Pas encore remise du choc de vendredi, l’opinion publique a appris la nouvelle de tirs de roquettes meurtriers contre une base de l’ONU à Kidal.

Hier, c’est en effet le siège de la MINUSMA qui a été ciblé ; un soldat a été tué en plus de deux civils qui ont succombé à leurs blessures, selon un premier bilan. Tandis que le dialogue intermalien peine à prendre le chemin de la paix durable, le terrorisme continue de vouloir déstabiliser le pays de Modibo Keita qui a tant de défis à relever contre la pauvreté et le sous-développement, avec des ressources inestimables sur et sous son vaste territoire. 

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