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Nationale

Attentat de Tifrane : Le poker menteur de Droukdel

Attentat de Tifrane : Le poker menteur de Droukdel

Le dernier attentat perpétré dans la région d’Ain Defla pourrait malheureusement marquer un tournant délicat sur le plan sécuritaire en Algérie. Une action visant à contrarier l’âme de Tiguentourine qui mit en échec le complot politico-terroriste mené contre notre pays.

Un bilan très lourd. Entre 11 et 14 soldats tombés dans un guet-apens en cette paisible localité de Tifrane dans la wilaya d’Ain Defla et une opération de propagande immédiate, avec manipulation d’images pour revendiquer l’acte barbare. Signature d’Al Qaida au Maghreb Islamique, la traditionnelle maison terroriste locale qui réaffirme son activisme sur fond de concurrence dans la barbarie menée par l’énigmatique Daech ou EI, selon les usages. On savait que persistait ce « terrorisme résiduel » comme on le désigne officiellement et comparativement à la guerre totale livrée au peuple algérien par la nébuleuse de groupes armés dans les années 1990, finalement vaincue par la lutte antiterroriste. On se félicitait des coups de filet récents, des neutralisations de groupuscules pourchassés à travers le vaste territoire national, les observateurs avertis ayant même exprimé leur admiration pour les forces armées algériennes qui n’ont pas tardé à porter les coups efficaces contre les assassins du ressortissant Français Hervé Gourdel se réclamant de la nouvelle succursale du terrorisme islamiste international. Daech le nouveau monstre destructeur transfrontalier subira d’autres revers face aux services de sécurités algériens. Abdemalek Gouri, Bachir Kherza hors d’état de nuire. C’est pourquoi, le dernier attentat vient contrarier l’évaluation positive des capacités d’anticipation de l’appareil sécuritaire algérien.

L’âme de Tiguentourine

Non pas que nos services de sécurité, tous corps confondus, soient tenus à l’impossible ou qu’on veuille prétendre que les attaques surprise soient toujours prévisibles. Le terrorisme frappe en traître dans des combats asymétriques, en des moments et des lieux sacrés. C’est ce qui lui donne des avantages courts sur ses cibles, visant la promotion médiatique d’actes sans conséquence réelle dans le rapport entre la subversion criminelle et l’ordre républicain basé sur la justice. Cependant, le contexte régional et la dimension internationale du terrorisme imposent une vigilance particulière en accord avec l’expertise algérienne reconnue et sollicitée mondialement, particulièrement par les superpuissances. Or, le mauvais coup de Tifrane, en plus d’endeuiller des familles, de blesser l’ANP et d’attrister l’ensemble des Algériens, risque de redonner de l’assurance aux ennemis de l’Algérie. Parce que de nombreux éléments concordants prouvent que la déstabilisation de notre pays fait l’objet d’un plan politico-criminel que l’épisode de Tiguentourine a su déjouer dès le départ. Dans les colonnes du Jeune Indépendant, nous applaudissions la riposte musclée dès le lendemain de l’assaut des commandos ayant éliminé les terroristes. Une opération qualifiée de « méthode russe » par quelques mauvais patriotes inspirés de l’extérieur, mais bien algérienne pour ceux qui ont participé à la lutte antiterroriste durant la décennie noire. Tifrane va-t-elle effacer Tiguentourine ?

Enjeu supranational

Au moment où nous mettons sous presse, les forces armées algériennes resserrent l’étau dans le massif boisé de Djebel Louh, refuge des lâches criminels qui ont arraché à la vie de braves soldats pendant l’Aid El Fitr. Des forces spéciales seraient venues en renfort selon nos sources, qui nous confirment la détermination au niveau de l’Etat-Major de rattraper les terroristes dans les plus brefs délais. L’enjeu est énorme. Les Tunisiens, les Libyens aspirant à un retour de la paix civile, les Maliens, nos frères Africains touchés par le terrorisme, les pays européens de la rive nord de la Méditerranée et bien d’autres consciences effrayées par la violence transnationale en Syrie, en Irak ou ailleurs, savent que la résistance algérienne et son triomphe militaire sur la bête immonde rassurent et galvanisent les soldats et policiers de tous les pays engagés contre les mercenaires de Boko Haram, de l’Etat islamique ou des Shebabs. L’ANP porte sur ses épaules cette lourde charge dans un monde affolé par l’information instantanée. Pareil au combat contre le colonialisme, l’antiterrorisme s’affirme comme une lutte pour la liberté des peuples, pour la protection de la souveraineté et pour l’émancipation économique des citoyens.

La surenchère d’AQMI

Les heures qui viennent devraient donc apporter la bonne nouvelle. Le groupe des assaillants encerclés, neutralisés avec des chances d’en capturer certains vivants. C’est l’objectif des officiers expérimentés qui encadrent l’opération de recherche en concertation avec les services de renseignements. Il n’est pas à exclure que des mercenaires étrangers aient participé à l’attentat, même si AQMI veut revêtir un cachet plus local que Daech. Droukdel serait contraint de prendre des risques, de tenter d’obtenir des armes et de verser dans les actions sensationnelles pour contrer l’intrusion des desperados de l’Etat Islamique et de forcer la cohabitation terroriste. Le chef isolé, longtemps terré dans l’Akfadou, aurait tenté de faire alliance avec des convertis à Daech dont les katibates de la région de Boumerdes mais sans succès. Les jeunes loups obéissent à un autre agenda. On parle aussi de contacts d’AQMI avec le Hizbollah libanais et El Nosra d’Al Joulani franchement opposé sur le front syrien aux recrues de l’EI. Mais les clivages chiites-sunnites, exacerbés ces derniers temps par l’infiltration des services secrets de pays du Golfe sous-traitant pour les Etats-Unis, auraient empêché l’émir algérien d’organiser toute fusion à son avantage. AQMI joue ses dernières cartes, un coup de poker menteur au nord de l’Algérie, affaiblie par la dissidence des Mokhtar Belmokhtar et consorts, au Sud, qui ont réussi, eux, à tisser des relations de connivence avec les factions terroristes en Libye et dans le Sahel. Rappelant inévitablement la compétition GIA-AIS durant la tragédie nationale, la guerre de leadership du terrorisme actuel va sans doute attiser la violence, mais gageons que les services de sécurité sauront répondre sans équivoque à tous les ennemis de l’Algérie, qu’ils soient d’AQMI ou de Daesh.

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