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Attar : « Une loi de Finances complémentaire est inévitable »

Attar : « Une loi de Finances complémentaire est inévitable »

Les conséquences de la dégringolade des prix du pétrole dans le marché mondial sont déjà définitivement négatives pour l’Algérie. Puisque notre propre loi des finances a été établie sur la base d’un baril à 50 dollars, les prévisions budgétaires du pays sont moins rassurantes.

C’est l’estimation de l’expert en questions énergétiques, Abdelmadjid Attar, dans un entretien accordé à l’agence officielle, qui précise qu’une loi de finances complémentaire est inévitable avec un recours probablement plus intense aux réserves financières du pays. C’est plus que jamais, alerte le spécialiste, le moment d’engager sérieusement et rapidement des réformes profondes à tous les niveaux.

Il considère par ailleurs que les concertations pour la prolongation de l’accord de 2016, concernant la réduction de la production pétrolière, demeurent nécessaires pour l’Organisation des producteurs exportateurs de pétrole (OPEP) et des alliés en vue de freiner la chute libre des cours du pétrole.

Évoquant les répercussions de la guerre des prix qui va faire tomber les cours autour des 30 dollars sur plusieurs semaines, l’ancien PDG de Sonatrach, estime qu’il n’y a que la Russie et l’Arabie Saoudite qui sauront répondre à la préoccupation liée à l’avenir de la coopération entre les deux parties visant le maintien du prix de l’or noir en dégringolade. Cela d’autant qu’il s’agit, voit-il, des deux principaux producteurs dans l’OPEP+, qui étaient susceptibles de supporter l’essentiel de la réduction projetée de 1,5 million baril/jour, mais dont les intérêts et même les « calculs » aussi bien économiques que géopolitiques sont très divergents.

Avant l’avènement du Coronavirus, explique l’expert, les pays de l’OPEP et leurs alliés faisaient face à un marché pétrolier influencé par la baisse des consommations due à la récession économique et une compétition entre producteurs avec notamment les USA et leur production de pétrole et gaz de schiste. Actuellement l’incertitude sur l’impact et la durée de l’épidémie est presque impossible à évaluer, et tellement grave que « le chacun pour soi » a tout simplement primé, pour des raisons d’abord économiques, constate-t-il.

La Russie n’est plus sûre de compenser ses pertes à travers une remontée hypothétique du prix par rapport à une nouvelle baisse de production, même si ses besoins sont basés sur un baril à 40 dollars.

L’expert considère au demeurant que c’est un peu trop tôt de se prononcer sur l’avenir de la coopération au sein de l’OPEP+. « Il est cependant trop tôt pour prédire quoi que ce soit de l’avenir de l’accord de coopération au sein de OPEP+, et encore moins de la durée de la guerre des prix qui vient d’être déclenchée par l’Arabie Saoudite ».

Attar analyse qu’aucun des membres de l’OPEP n’a intérêt en ce moment d’agir ou de causer l’éclatement de cette organisation, parce qu’à l’inverse de la Russie qui semble se satisfaire momentanément d’un prix entre 40 et 50 dollars, tous les autres producteurs sont déjà gravement affectés au point de vue économique.

Au vu de la situation actuelle, avec la propagation du coronavirus et le ralentissement économique mondial, ce qui va peser encore sur le marché, c’est aussi la guerre des prix déclenchée par l’Arabie Saoudite. Une guerre qui va faire chuter le baril à un niveau proche de 30 dollars sur plusieurs semaines ou plus. Cependant, cette situation ne durera pas longtemps, de l’avis du spécialiste, car l’offre supplémentaire de pétrole de l’Arabie Saoudite ou de tout autre pays exportateur finira par ne plus trouver preneur même à très bas prix au vu du niveau très bas de la demande avec des stocks mondiaux au plus haut niveau.

Ce qui est très probable, est que le monde s’oriente vers une crise économique mondiale pire que celle de 2008. Un seul espoir reste, parce qu’à moins de 40 dollars, il est possible qu’une partie de la production américaine de pétrole de schiste chute à beaucoup moins de 8,5 million b/j, leur production totale étant aujourd’hui de 13 million b/j.

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