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Nationale

Attaque de Tiguentourine: une faille sécuritaire

Attaque de Tiguentourine: une faille sécuritaire

Les premiers résultats de l’enquête judiciaire britannique concernant l’attaque terroriste qui a ciblé le site gazier de Tiguentourine, en janvier 2013, ont été rendus publics ce jeudi.

Ils pointent les failles du système de sécurité du gisement de gaz, exploité conjointement par BP, Sonatrach et Statoil, à In Amenas, près de la frontière algérienne avec la Libye. La sécurité du site de Tiguentourine relevait de la responsabilité de BP.

Le juge britannique, Nicholas Hilliard, qui a mené l’enquête, a attiré l’attention sur plusieurs échecs de la direction de l’usine dans l’amélioration de la protection, en partie pour des raisons de coûts financiers, selon des informations publiées, avant-hier, par le journal britannique The Guardian.

Le magistrat britannique a encore révélé que « les exercices de sûreté ont été rarement tenus, il n’y avait pas de gardes armés protégeant les quartiers de vie des travailleurs étrangers », tandis que « les politiques d’évaluation des risques ont obscurci les véritables dangers », note-t-il. Il met en évidence, par ailleurs, le fait que des gendarmes algériens soient arrivés bien après que des terroristes aient pris le contrôle du bâtiment principal du site gazier.

Concernant la responsabilité de la mort des otages étrangers se trouvant sur le site, notamment les sept britanniques travaillant pour le compte de la firme BP, le juge anglais a été très clair : « La responsabilité de la mort des victimes civiles incombe aux terroristes dans l’opération de sauvetage « .

Après la publication des résultats de cette enquête judiciaire, la voie est maintenant ouverte pour les familles des victimes britanniques du drame de Tiguentourine afin d’entamer des poursuites civiles à l’encontre de BP, indique le journal qui précise par ailleurs que l’usine de gaz d’In Amenas, qui a rouvert, engrange 4 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) de recettes de gaz par an et la firme britannique BP détient le quart du produit.

Pour rappel, six Britanniques et un résident du Royaume-Uni sont morts en janvier 2013 lorsque l’usine de gaz a été la cible d’une attaque terroriste menée par le groupe « les signataires par le sang « dirigé par le sinistre Mokhtar Belmokhtar. Au total, 39 travailleurs étrangers, un garde de sécurité algérien, 29 terroristes ont été tués et trois autres arrêtés avant que les forces spéciales algériennes ne reprennent l’usine de gaz après quatre jours d’opérations militaires.

L’année dernière, le Foreign Office a recours à l’appareil juridique rarement utilisé d’un certificat d’immunité d’intérêt public (PII), permettant aux fonctionnaires de soustraire certains documents jugés trop sensibles pour être publiés en audience publique. L’enquête judiciaire britannique a commencé en septembre dernier.

Le journal britannique précise également que des documents clés et des dossiers médico-légaux ont été refusés à l’enquête par les autorités algériennes sous prétexte que plusieurs terroristes ayant participé à l’attaque ont survécu. A la suite de la publication des résultats de cette enquête de la justice britannique, la firme BP a déclaré, selon The Gardian, : « [Nous] allons maintenant examiner attentivement les conclusions ».

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