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Monde

Attaque aérienne américaine en Libye, près de 50 morts

Attaque aérienne américaine en Libye, près de 50 morts

Des avions de combat américains ont mené vendredi un raid contre une localité libyenne nommée Sabrata où près de 50 personnes ont été tués.

Les américains justifient cette attaque, quasiment inattendue par les pays de la région, par le fait que la cible est un « centre entraînement du groupe Etat islamique (EI) en Libye ».

A Washington, un responsable militaire américain a affirmé que le raid avait « probablement provoqué la mort du cadre opérationnel de l’EI Noureddine Chouchane ».

Ce Tunisien de 36 ans est accusé d’être derrière les deux attentats ayant meurtri la Tunisie l’an dernier : contre le musée du Bardo à Tunis en mars (22 morts) et contre un hôtel près de Sousse en juin (38 morts). Selon les autorités tunisiennes, les terroristes auteurs d’attaques en Tunisie s’étaient entraînés à Sabrata.

Le raid aérien qui a touché vendredi à l’aube un bâtiment abritant « des terroristes », à 70 km à l’ouest de Tripoli, s’est soldé par la mort de 49 personnes, cinq ayant été blessés, selon le chef du conseil municipal de Sabrata, Hussein al-Dawadi. On ignore si des civils sont comptés parmi les personnes mortes lors de ce raid.

L’attaque américaine intervient alors que la Libye est sur le point d’installer un gouvernement d’union nationale à Tripoli. Une équipe de ministres remaniée récemment à la demande du Parlement qui siège à Tobrouk, n’attend que le feu vert de la Chambre des députés pour pouvoir se mettre au travail.

Il faut dire que nombre observateurs qui suivent les évènements de Libye n’arrivent pas à comprendre « cette subite attaque » des américains « alors que Washington ne cesse pas ces dernières semaines à ‘’implorer’’ les Libyens à former ‘’leur Etat’’ ». Pour les analystes, « il ne s’agit ni plus moins que d’une agression contre la souveraineté d’un pays arabe ».

« Au lieu de s’empresser de frapper la Libye, il aurait été judicieux d’aider ce pays meurtri à se structurer dans la perspective d’instaurer la paix et la quiétude dont le peuple libyen réclame depuis 2011 », souligne une source au fait du dossier libyen.

Et d’ajouter : « Laissons à Faiz Nejjar (Président du conseil présidentiel désigné à l’issue de la réunion de Skhirat, au Maroc) de larguer ses amarres, et la suite viendra ; la priorité étant la neutralisation des quelques milliers de terroristes de Daech qui ambitionnent de semer le chaos dans toute l’Afrique du nord ». 

Pas de réaction arabe 

La Ligue arabe dont la Libye est membre de plein droit n’a pas réagi pour l’instant à l’attaque américaine. Aucun communiqué n’a été rendu public par le secrétariat général qui siège au Caire. La Libye est contrainte ainsi de gérer ce subit retournement de la situation au moment où le pays est fragmenté en deux « Etats », dont celui de Benghazi qui était reconnu comme l’unique « interlocuteur » des pays occidentaux et qui a disparu de facto depuis la rencontre des deux entités libyennes à Skhirat. 

Mais contre toute attente, le Département américain de la Défense a affirmé vendredi que le « gouvernement libyen » a été informé à l’avance de la frappe militaire américaine contre un camp d’entraînement de Daech près de Sabratha. S’exprimant lors d’une conférence de presse, le porte-parole du Pentagone, Peter Cook a déclaré que le raid aérien a été mené « conformément au droit national et international, et des représentants du gouvernement libyen ont été informés de l’attaque à l’avance ».

Qui a autorisé Washington à mener ses raids ? 

De quel « gouvernement libyen » s’agit-il ? Celui de Tripoli ? Celui de Benghazi ? En tout état de cause, avancent les observateurs, aucun « gouvernement » ne pourrait avoir la latitude d’autoriser Washington à attaquer la Libye du moment que le pays d’Omar Mokhtar s’attelle encore à former le « vrai » gouvernement qui aura la mission d’exercer la souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

« Ce gouvernement qu’attend impatiemment la communauté internationale dont les Etats-Unis », tient-on à souligner dans les cercles de l’analyse politique. Sept pays ont exhorté, dans une déclaration commune, diffusée vendredi par le ministère des Affaires étrangères britannique à Londres, le parlement libyen à approuver la liste du gouvernement d’union nationale, estimant que la mise en place de ce gouvernement est une étape « essentielle » vers la réconciliation.

Les gouvernements de la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui ont reconnu qu’il était « difficile de choisir la voie de la réconciliation » qui exige, selon eux, « un grand courage », ont estimé que les membres du parlement libyen « font maintenant face à une responsabilité solennelle ».

Ils ont exhorté les membres du parlement libyen reconnu par la communauté internationale, à « approuver la liste du gouvernement des membres du Cabinet National dans son intégralité, comme prévu dans l’Accord politique libyen ».

Les sept pays ont considéré, dans ce contexte, que la mise en place d’un gouvernement d’union nationale est une « étape essentielle » vers la reconstruction de la Libye, se disant, dans ce sens, « prêts » à apporter leur « plein appui au peuple libyen et au gouvernement de l’entente nationale dans son travail acharné de la restauration de l’unité et de la
stabilité ». 

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