Attaf à propos de la résolution 2797 : L’autodétermination seule solution
Le règlement du conflit au Sahara occidental ne passe que par l’option de l’autodétermination consacrée par la résolution 2797 adoptée vendredi dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette solution balaie les lectures biaisées selon lesquelles le plan d’autonomie, cité dans la mouture finale, serait l’issue finale à ce conflit vieux de 50 ans. C’est ce qu’a souligné le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf dans un entretien à la chaine d’information internationale AL24 News.
«Le Maroc a perdu le lien qu’il souhaitait créer entre autonomie et autodétermination. Le droit à l’autodétermination pour le peuple sahraoui a été finalement reconnu conformément au droit international, la Charte des Nations unies et les résolutions qui consacrent ce droit », a indiqué le chef de la diplomatie algérienne.
Il a notamment révélé les dessous des débats et les coulisses avant l’adoption de cette résolution. Il a surtout révélé comment le Maroc a tenté en vain ce qu’il a qualifié de «passage en force», en essayant d’imposer son plan d’autonomie comme solution exclusive pour le règlement de conflit.
Le chef de la diplomatie algérienne a énuméré les objectifs du Maroc, à savoir mettre fin à la mission onusienne sur le référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) ou, au moins, modifier le contenu de son mandat.
«En définitive, la Minurso n’a ni été ni dissoute, ni privée de ses prérogatives. Au lieu de cela, sa mission a été prolongée pour une année additionnelle, et non pour trois mois comme c’était prévu au départ. Un renouvellement selon les usages», a précisé Ahmed Attaf.
Selon M. Attaf, «les parties au conflit ont été clairement identifiées : le Maroc et le Front Polisario. L’ambiguïté entretenue par Rabat pour transformer ce différend en conflit « maroco-algérien » n’a plus lieu d’être. L’Algérie n’est pas et n’a jamais été partie prenante au conflit, comme le confirme la résolution». Une réponse à la propagande marocaine d’embarquer l’Algérie dans la question du Sahara occidental en tentant d’en faire une partie prenante tout en occultant la partie sahraouie, principale concernée.
Enfin, M. Attaf a réitéré la conviction de l’Algérie qui considère que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination demeure la pierre angulaire de toute solution révélant au passage que les huit pays ayant participé à la modification de la résolution présentée par les Etats Unis étaient d’accord sur ce point.
Attaf reçoit son homologue sahraoui
Par ailleurs, le chef de la diplomatie algérienne a reçu hier le ministre des Affaires étrangères et des Affaires africaines de la République arabe sahraouie démocratique, Mohamed Salem Ould Salek.
Au cours de cette rencontre, les discussions ont principalement porté sur l’examen et l’évaluation des résultats des débats tenus en octobre au Conseil de sécurité de l’ONU concernant la question du Sahara occidental, et sur l’adoption de la résolution n° 2797 visant à renouveler pour un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, les deux ministres ont salué le maintien, par la résolution adoptée, des principes et des bases d’une solution juste, durable et définitive au conflit au Sahara occidental, mettant l’accent sur la nécessité de mener des négociations entre les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario.
Ils ont également affirmé à l’occasion que la solution doit être acceptée par les deux parties, tout en soulignant que cette solution doit permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination, ajoute encore la même source.
S’agissant du renouvellement du mandat de la MINURSO pour un an, les deux ministres ont accueilli favorablement cette décision, conformément à la proposition présentée par le Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de sécurité à ce sujet, a indiqué le communiqué.
À la lumière de ces données, les deux ministres ont échangé leurs points de vue sur les perspectives du processus politique parrainé par les Nations Unies, en vue de permettre aux parties au conflit de parvenir à un règlement juste, durable et définitif de la question du Sahara occidental, garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes du droit international et à la doctrine constante des Nations Unies en matière de décolonisation.