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Monde

Assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara (vidéo)

Assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara (vidéo)

Un homme armé a fait irruption dans un musée d’Ankara, lundi soir, et il a abattu l’ambassadeur russe Andreï Karlov. Alors que le suspect a évoqué la situation à Alep avant d’ouvrir le feu, Moscou dénonce un « acte terroriste ». Malgré cet assassinat, les discussions Russie-Turquie-Iran sur la situation en Syrie devraient toutefois se poursuivre comme prévu, mardi.

Que s’est-il passé ?

Andreï Karlov participait à un vernissage dans une gallerie d’art dans la capitale turque. Alors que le diplomate effectuait une déclaration au micro, le suspect a tiré à plusieurs reprises avant de crier des mots en turc et en arabe : « N’oubliez pas Alep, n’oubliez pas la Syrie. Les responsables de cette tyrannie paieront un par un. » Il a également parlé de « vengeance » avant de lancer « Allah Akbar ! ». Brandissant son pistolet, portant un costume sombre et une cravate, il affirme avoir agi pour venger le drame de la ville d’Alep, en passe de tomber aux mains du régime syrien soutenu par Moscou.

Selon le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, des policiers d’un commissariat voisin se sont immédiatement rendus sur place pour tenter de neutraliser l’assaillant. Ce dernier a été tué lors d’une fusillade avec des membres des forces d’intervention spéciales, a indiqué M. Soylu. Pour le diplomate russe, il est toutefois trop tard : il arrive à l’hôpital Güven à 19h53 (16h53 GMT), où les secouristes tentent en vain de le réanimer.
Qui est la victime ?

Andreï Karlov était un diplomate russe de 62 ans. Ce vétéran a débuté sa carrière comme ambassadeur de l’Union soviétique en Corée du Nord dans les années 80 avant d’être envoyé en Corée du Sud. Il était revenu à Pyongyang comme ambassadeur de la Russie entre 2001 et 2006. Il était en Turquie depuis 2013. Marié, père d’un enfant et parlant couramment l’anglais et le coréen.

 Qui était Andreï Karlov, l’ambassadeur russe tué en Turquie ?

Andreï Karlov, ambassadeur de Russie en Turquie, avait 62 ans. Assassiné ce lundi à Ankara, ce diplomate expérimenté avait contribué à la relance des relations entre Ankara et Moscou après de fortes turbulences.


Une carrière coréenne
M. Karlov, qui parlait coréen et anglais, avait passé dans la péninsule coréenne une grande partie de sa carrière commencée sous l’ère soviétique. Marié et père d’un enfant, il a été poste dans les deux Corées, notamment comme ambassadeur à Pyongyang de 2001 à 2006. Moscou est l’un des seuls pays à entretenir des relations relativement bonnes avec la Corée du Nord.

Nommé en Turquie en 2013, alors que les deux pays cherchaient à renforcer leurs relations commerciales en dépit de désaccords profonds sur le conflit en Syrie. En novembre 2015, les relations entre les deux pays s’étaient envenimées lorsqu’un chasseur turc avait abattu un avion de combat russe le long de la frontière syrienne, un acte qualifié par Moscou de « coup de poignard dans le dos ».

Des efforts sur la Syrie
Sept mois après cet incident, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan avaient commencé à aplanir leurs différends. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié lundi soir l’assassinat du diplomate de « jour tragique dans l’histoire de notre pays et notre service diplomatique ».

Qui est l’assassin ?
Agé de 22 ans, Mevlüt Mert Altintas servait depuis deux ans et demi dans les forces de la police anti-émeute à Ankara. Né le 24 juin 1994 à Söke, dans la province d’Aydin (ouest de la Turquie), il était diplômé de l’académie de police d’Izmir (ouest), a indiqué M. Soylu. Il n’était pas clair dans l’immédiat si l’homme, armé d’au moins une arme de poing, était en service lundi soir lors de l’exposition ou s’il était parvenu à s’infiltrer dans la cérémonie. Le maire d’Ankara, Melih Gökçek, a estimé sur Twitter que l’assaillant pouvait être lié au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par le gouvernement turc comme l’instigateur du putsch manqué en juillet.

Les réactions

Moscou a dénoncé « un acte terroriste ».
Les Etats-Unis ont condamné « cet acte de violence, quelle qu’en soit l’origine ». « Le président de la République condamne avec force l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara », a déclaré l’Elysée via communiqué. Le président du Parlement russe a toutefois précisé que les discussions entre la « Russie-Turquie-Iran » sur la Syrie devraient se poursuivre comme prévu mardi.

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