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Nationale

Arrestation de Karim Tabbou : Entre le silence des uns et la dénonciation des autres

Arrestation de Karim Tabbou : Entre le silence des uns et la dénonciation des autres

Les « Forces du changement », qui regroupent des partis de l’opposition (Talaie El Hourriet, le MSP, le PJD de Djaballah, Fajr Djadid de Tahar Benbaibache, Ennahda, le mouvement El-Bina, le parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), et des personnalités se sont confinés dans un silence assourdissant face à l’affaire de l’arrestation de Karim Tabbou, activiste et ancien premier secrétaire du FFS. Pas un traître mot de désapprobation quant à cette arrestation qui vient jeter consternation et émoi au sein de la classe politique. Ce n’est pas la première fois que ce mouvement se mure dans le silence. Lorsque des manifestants portant l’emblème amazigh ont été arrêtés, aucun parti ou personnalité issu de ce pôle n’a osé condamner ces actes ou à tout le moins prendre position. Ali Benflis, le leader de Talaie El Hourryet estime, lui, passant sous silence cette arrestation, que l’horizon semble se dégager : « Les perspectives s’ouvrent. L’impasse n’apparaît plus comme insurmontable. Jamais notre pays n’a été aussi proche de la sortie de crise. Et jamais, l’élection présidentielle n’est apparue aussi propice à cette sortie de crise », dit-il dans un entretien accordé à un confrère. Pour Ali Benflis, il n’y a pas « de place à l’erreur » pour cette troisième tentative d’organiser les élections présidentielles, et un autre échec aurait des retombées « particulièrement lourdes ». Dans un message implicite à ceux qui s’opposent à la tenue de l’élection présidentielle, Ali Benflis souligne que si les jugements de valeur, si les idées préconçues et si les disqualifications prêtes à l’emploi sont tenues à distance, « il apparaîtra aussitôt que l’élection présidentielle ne pourra être, ni plus ni moins, que ce que le peuple algérien souverain voudra lui-même qu’elle soit ».

Seul Abdelaziz Rahabi, membre actif de ce mouvement, a réagi hier à la mise en détention jeudi dernier de Karim Tabbou, la considérant comme une preuve de la persistance de l’instrumentalisation politique de la justice : « L’arrestation et l’emprisonnement de l’opposant Karim Tabbou est un acte inacceptable et renseigne sur la persistance de l’instrumentalisation politique de la justice et la restriction des libertés individuelles et collectives », écrit l’ancien ministre de la Communication, qui ajoute que le pouvoir politique « appelle à la normalisation de la situation, mais limite parallèlement le champ politique et médiatique », en estimant que « cette duplicité ne favorise pas l’apaisement et la confiance mais plutôt la radicalisation politique. Bien au contraire, ajoute-t-il, le pouvoir « envoie ainsi des signaux négatifs à une opinion publique déjà inquiète et appelée à voter dans un environnement inadéquat. Karim Tabbou, comme chaque citoyen algérien, a le droit de donner son opinion politique sur l’Etat et sur ses institutions, tout comme il a le droit de ne pas partager la voie politique adoptée par le commandement de l’armée pour sortir de la crise et de soutenir une autre option. » Abdelaziz Rahabi estime que la libre opinion, socle fondateur des droits humains, « est le sens même du combat politique pacifique choisi par des millions de citoyens pour une Algérie plus juste et plus forte ».

Ce samedi les partis politiques (RCD, FFS, UCP, PLD, MDS, PT, PST) et la LADDH (aile Me Benissad), regroupés au sein des Forces de l’alternative démocratique, ont condamné « vigoureusement » une « arrestation arbitraire qui s’inscrit dans le cadre de la criminalisation de l’action politique et de l’instrumentalisation de l’Etat et de ses institutions par le pouvoir en place ».

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