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Nationale

Armes au Sud, la cote d’alerte

Armes au Sud, la cote d’alerte

Les découvertes d’armes de guerre par les forces de l’Armée nationale populaire sont devenues nombreuses et donc alarmantes. Chaque semaine, une moyenne de trois à cinq découvertes d’arsenaux de guerre près de nos frontières est recensée par le MDN.

Des lots d’armes importants ont été, également, découverts près des sites d’extraction gazière. D’où viennent ces armes et quelles sont leurs destinations ? Des détonateurs, explosifs, RPG-7, Kalachnikovs, mitrailleuses, missiles anti-aériens, postes radio, munitions, les découvertes des arsenaux de guerre ont atteint la cote d’alerte au pays.

Ces armes libyennes et maliennes s’écoulent aux frontières mais les forces de l’ANP parviennent, régulièrement, à mettre la main dessus. Il s’agit de milliers d’armes de guerre récupérées ces deux dernières années.

Avant-hier seulement à Ouargla, l’ANP est parvenue à intercepter un important lot d’armes de guerre suite à deux opérations distinctes à Roud Ennous et Gassi Touil, près du site d’extraction gazier qui fait partie du gisement de Hassi Messaoud.

Le ministère de la Défense nationale (MDN) a expliqué que « dans le cadre de la lutte antiterroriste et la poursuite de l’opération ayant permis, le 19 avril 2017, la découverte près de Gassi Touil, wilaya de Ouargla/4e RM, d’une mitrailleuse lourde (14,5 mm) et de deux (02) postes radio, un détachement de l’ANP a récupéré dans la zone de Roud Ennous une importante quantité de munitions s’élevant à 1 480 balles de calibre 14,5 millimètres, 17 chaînes de munitions pour la mitrailleuse 14,5 mm, 12 chaînes de munitions pour la mitrailleuse de type FMPK, des appareils téléphoniques avec accessoires, sept plaques photovoltaïques et divers objets ». L’alerte est au maximum.

Les détachements de l’ANP ont découvert de grosses quantités d’arsenaux de guerre, entre autres des détonateurs, explosifs, grenades, armes automatiques, roquettes de type RPG-7, Kalachnikovs, missiles, mitrailleuses, enfouies, souvent, dans des caches secrètes en plein désert algérien.

Plus grave, des terroristes étrangers sont en train d’entrer dans le pays, généralement dans des véhicules de type 4X4, des pick-up ou même dans des camions, ce qui signifie qu’un plan diabolique est en train de se préparer.

Libyens, Maliens, Nigériens et Tunisiens, ces terroristes sont-ils au Sud pour préparer des attaques terroristes de grande envergure ? Appartiennent-ils à l’Etat Islamique (EI) ou au groupe armé appelé « El Mourabitoune » récemment affilié à Daech ? Plusieurs interrogations tournent autour de ces mystérieuses infiltrations des arsenaux de guerre en Algérie. Les risques sont majeurs et divers mais l’objet est le même, à savoir cibler l’Algérie.

C’est pour cette raison que les forces de l’ANP appuyées par les GGF (Gardes-frontières) de la Gendarmerie nationale ont pris la décision de carrément « militariser » les frontières de l’extrême-Sud, Sud-est et Sud-ouest, devenues sources d’insécurité et d’instabilité.

Cette décision a permis, jusqu’à présent, d’avorter plusieurs attaques criminelles visant le pays. En fait, les différents groupes armés qui activent au Sahel veulent rééditer l’attaque sanguinaire du 16 janvier 2013 qui avait ciblé la base de vie de Tiguentourine à In Amenas.

Cette attaque, suivie d’une prise d’otages, rappelons-le, avait causé la mort de 43 employés de British Petroleum, dont 42 étrangers. L’attaque avait été revendiquée par « El Mourabitoune » dont le chef terroriste n’est autre que Mokhtar Belmokhtar.

Depuis cette date, les groupes armés ont tenté plusieurs fois d’autres attaques de grande envergure contre les infrastructures pétrolières et gazières du pays, mais sans atteindre leur objectif grâce aux frappes de l’ANP contre les terroristes.

L’origine des armes

Les armes de guerre proviennent généralement de la Libye et du Mali. Faisant certainement partie de l’arsenal libyen pillé après la chute de Kadhafi, ces armes, estimé par les experts à plus de dix millions d’unités et dont une partie a été introduite dans les pays voisins, seraient destinées, soit à alimenter le marché du trafic d’armes, soit carrément aux groupes terroristes qui tenteraient de reprendre du terrain après leur échec à se stabiliser dans la sous-région.

Mais les experts en questions sécuritaires penchent beaucoup plus pour l’aspect terrorisme, car la présence d’un panel de groupes terroristes, Al Qaida au Maghreb Islamique, Mujao, El Moulathamoune et beaucoup moins l’Etat Islamique dans la région du Sahel, donne lieu à la présence de telles quantités d’armes dans cette vaste partie du monde. 

Les groupes armés, qui poursuivent leur besogne criminelle pour déstabiliser davantage la région comptent beaucoup sur les armes laissées par Kadhafi. L’Algérie, qui demeure la cible privilégiée de ces groupes en raison de l’impact médiatique qu’y provoquent les attentats, est fortement exposée à l’écoulement des arsenaux de guerre sur son large territoire. 

Ce qui s’est passé en janvier 2013 à la base de vie de Tiguentourine, à In Amenas, risque de se produire une nouvelle fois d’autant plus que les groupes armés continuent à tenter d’introduire des arsenaux de guerre sur le sol algérien.

Des missiles pour hélicoptères découverts à Adrar

Les arsenaux de guerre continuent à s’écouler sur le sol national, surtout sur la partie du Sud du pays, là où les risques d’un projet d’attentat terroriste comme celui du 16 janvier 2013 n’est pas écarté vu le nombre des armes de guerre qui sont régulièrement découvertes.

En novembre 2016, les forces de l’ANP d’Adrar ont découvert des missiles anti-aériens. Selon le MDN, cette opération a permis de récupérer 17 « missiles pour hélicoptères », 20 pistolets-mitrailleurs de type kalachnikov, deux fusils-automatiques Simonov, 28 grenades, un panier de lancement de roquettes pour hélicoptères, 20 chargeurs pour munitions de différents types d’armes automatiques, 27 détonateurs de grenades et 200 balles de différents calibres. 

Cette opération des forces de l’ANP est parmi les plus importantes réalisées au cours de ces deux dernières années. 

En janvier 2015, un détachement de l’Armée nationale avait, rappelons-le, réussi à déjouer une tentative d’introduction d’un arsenal de guerre lors d’une patrouille de reconnaissance à In Guezzam, près de Tiririne, à la frontière avec le Niger.

L’arsenal découvert dans une cache est composé de 6 pistolets-mitrailleurs de type Kalachnikov, 3 fusils-mitrailleurs de type FMPK, 2 lance-roquettes de type RPG-7 et SPG-9, 2 mortiers de calibre 60 mm, 6 mitrailleurs de calibres 14,5 mm et 12,7 mm, 2 mines anti-groupes, 60 grenades offensives et défensives, 225 kilogrammes de produits explosifs, 45 roquettes de différents calibres et 1 761 balles pour divers armements. 

Toujours en janvier 2015, un détachement de l’Armée nationale populaire relevant du secteur opérationnel d’Adrar (3e Région militaire) avait mis en échec une tentative d’introduction d’une importante quantité d’armements et de munitions, dissimulée dans une cache près des frontières. 

Cette opération de qualité a permis, rappelons-le, de saisir un (01) lance-missiles de type Strela, une (01) mitrailleuse 14,5 mm et une autre 12,7 mm, trois (03) pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov, deux (02) pistolets mitrailleurs de type (MAT-49), un (01) fusil semi-automatique et trois (03) fusils à répétition, souligne la même source.

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