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Nationale

Argent sale et corruption politique: Faut-il changer seulement le code électoral ?

Argent sale et corruption politique: Faut-il changer seulement le code électoral ?

Financement occulte des campagnes électorales, vente de candidature et des places sur les listes électorales, intrusion de l’argent sale dans les assemblées populaires, conjugués au clanisme et le népotisme, le phénomène a tellement pris de l’ampleur que tout scrutin annoncé est sujet à suspicion par avance. Il devient frappé d’immoralité. A ce jour, les scrutins ont donné lieu à une désaffection généralisée à l’égard de l’acte électoral, à telle enseigne que l’abstention est devenue le plus puissant parti politique en Algérie depuis 1997.
Les procès en relation avec ces scandales de la relation incestueuse entre argent et politique ont défrayé la chronique ces dernières années, brisant pratiquement tous les liens de confiance et les rapports d’honnêteté dans les compétitions électorales avec l’électorat. Le jeu démocratique et les débats politiques et sociaux deviennent biaisés, corrompus ou carrément toxiques. Les conséquences de ces dérives sont là. Le constat est alarmant, poussant ainsi le chef de l’État à s’attaquer aux racines de ce fléau, en imaginant une nouvelle législation pour une pratique transparente. Alors faut-il changer juste le régime électoral en se contentant de mettre des gardes fous, ou s’attaquer à tout le système politique ?

On s’en souvient, en 2017, de ces flagrants délits, commis d’abord par une députée du FLN et membre du bureau politique, qui a été arrêtée, à la veille des législatives, la main dans le sac, alors qu’elle ouvrait chez elle une valise ne contenant pas moins d’un milliard de centimes. Elle vendait les sièges aux futurs candidats à la députation selon un barème bien établi. Car tous les votes de cette année sont mis sous enchères, aux dires des observateurs. La première place comme tête de liste coûte dix milliards de centimes, alors que la cinquième place, selon l’importance de la wilaya, frôle le milliard.

Ce scandale ouvre la voie à d’autres enquêtes et autres spectaculaires révélations. Comme celui du fils de l’ex SG du FLN, Djamel Ould Abbés, dont la fouille de son véhicule et de son domicile allait être un véritable séisme politique. Sordide découverte qui va éclabousser et le vieux parti et son président, Abdelaziz Bouteflika. Les gendarmes découvrent des listes de candidats et un grand pactole. Avec son audition, on y trouve d’autres listes et un total de 60 millions de dinars et 20 mille euros, fruits de vente de sièges sur les listes. Les acheteurs sont des hommes d’affaires, de sombres arrivistes cherchant une immunité parlementaire ou une plus grande proximité avec la haute administration.

Depuis, les dénonciations n’ont pas cessé. Les témoignages sur des marchandages lors des collectes de signatures de parrainage également. Comme le dernier cri du sulfureux député du FLN Bahaddine Tliba, qui a enfoncé tout le système de désignation et de choix des parlementaires, en faisant de fracassantes révélations, lors d’un procès, sur les sournoises pratiques des dirigeants de partis.

Ces affaires ont laissé des traces difficiles à effacer avec un code électoral seulement. Aujourd’hui, le président de la république veut amorcer des mutations dans ce volet, en s’attaquant d’emblée, aux dispositions de la loi sur le régime électoral. Ses instructions aux experts, qui vont examiner et soumettre le projet, affichent clairement son souci de lutter contre ces phénomènes qui ont gangrené l’action politique.

Pour Tebboune, il faut tenir compte de l’engagement de moraliser la vie politique et de tenir le processus électoral à l’abri de l’influence de l’argent, tout en ouvrant la voie aux jeunes et à la société civile pour participer à la prise de décision à travers les instances élues.

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