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Arabie Saoudite : des centaines de migrants déportés dans le sud du pays

Arabie Saoudite : des centaines de migrants déportés dans le sud du pays

Au terme d’une enquête exclusive, basée sur des photos et des vidéos, l’hebdomadaire britannique Sunday Telegraph entrouvre la porte de camps de détentions de migrants subsahariens en Arabie Saoudite accusés par les autorités d’être des vecteurs du Covid-19.
Originaires pour la plupart de la Corne de l’Afrique, ils sont accusés de propager le Covid-19 dans le royaume.
Ils sont enfermés dans des conditions qui rappellent les camps d’esclaves en Libye.
Des images prises par des téléphones portables et envoyées au journal britannique par des migrants en rétention à l’intérieur des centres de détention montrent des dizaines d’hommes entassés, torse nu, dans de petites pièces aux fenêtres à barreaux. Une photo montre ce qui semble être un cadavre enveloppé dans une couverture violette et blanche au milieu d’eux.
Ils disent que c’est le corps d’un migrant qui est mort d’un coup de chaleur et que d’autres ont à peine assez de nourriture et d’eau pour survivre.
Une autre image montre un jeune homme africain pendu à une grille de fenêtre dans un mur intérieur carrelé.
L’adolescent s’est suicidé après avoir perdu espoir, disent ses amis, dont beaucoup sont détenus depuis avril.

Les centres de détention identifiés par le Sunday Telegraph hébergent principalement des hommes éthiopiens et il y en aurait d’autres remplis de femmes.
Le Sunday Telegraph a pu géolocaliser deux des centres. L’un est à Al Shumaisi, près de la ville sainte de La Mecque et l’autre à Jazan, une ville portuaire près du Yémen.
Plusieurs des migrants ont déclaré avoir été arrêtés à leurs domiciles dans diverses villes saoudiennes avant d’être placés dans les camps.
D’autres sont des réfugiés africains du Yémen ravagé par la guerre.
« Nous mangeons un petit morceau de pain chaque jour, et du riz, tous les soirs. Il n’y a presque pas d’eau, et les toilettes débordent […], la chaleur qui règne ici va nous tuer », témoigne un Éthiopien.
Les personnes avec lesquels le journal britannique est entré en contact affirment être maltraitées, elles disent recevoir des coups de fouet et des décharges électriques.
Les photos qu’elles ont envoyées laissent voir des cicatrices sur leurs corps.

« Des images envoyées au journal montrent des dizaines d’hommes émaciés, abattus par la chaleur, ils sont torse nu, entassés en rang serré dans de petites pièces aux fenêtres grillagées », écrit le Sunday Telegraph, l’édition dominicale du Telegraph.

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