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Nationale

Aqmi et de Jound El Khilafa : Les deux «Abdelmalek» à abattre

Aqmi et de Jound El Khilafa : Les deux «Abdelmalek» à abattre

Retranchés quelque part dans les maquis de la Kabylie, les deux chefs d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de Jound El Khilafa , respectivement Abdelmalek Droukdel et Abdelmalek Gouri, sont les plus recherchés dans la lutte contre le terrorisme.

Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud, et Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Selmane, sont les noms des deux terroristes qui sont à la tête des organisations criminelles les plus barbares en Algérie, Aqmi et Jound El Khilafa respectivement.

Ces deux groupes armés sont les auteurs de plusieurs attentats commis en Algérie. La dernière action criminelle, signée par Jound El Khilafa, date de quelques jours seulement. Cette organisation a enlevé le ressortissant français Hervé Gourdel qu’elle a exécuté 24 heures après.

Les deux « émirs » les plus recherchés ont à leur actif un passé macabre. Plusieurs condamnations à mort ont été prononcées à leur encontre par les différents tribunaux du pays. Le nom d’Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelwadoud, revient dans chaque attentat terroriste attribué au GSPC.

Désigné à la tête du GSPC en juillet 2004 lors d’un « congrès national », Droukdel est désormais le chef terroriste ayant occupé le plus longtemps le poste d’ »émir » dans le mouvement islamiste armé en Algérie. Plusieurs « émirs » s’étaient succédé à ce poste, mais ils ont été tous, soit abattus, soit capturés, ou se sont rendus aux services de sécurité.

Il s’agit là de deux importantes organisations terroristes qui ont depuis longtemps sévi en Algérie, le GIA et le GSPC. Les plus chanceux avaient pu tenir entre 1 et 3 ans à la tête d’un groupe terroriste. Seul Hassan Hattab, un ex- »émir », était resté à la tête du GSPC de 1998 à 2003. Les autres, Antar Zouabri, Abdelkader Layada, Gousmi Cherif, Omar Chikhi, Nabil Sahraoui et Dichou n’ont pas pu tenir longtemps par rapport à Abdelmalek Droukdel. Ce dernier est fortement entouré et protégé par ses acolytes.

Cette sphère très résistante et ce noyau dur du GSPC a permis à Abou Mossaâb de tenir longtemps depuis qu’il est « émir » de cette organisation criminelle (sept ans déjà). Traqué par les forces de sécurité, Abou Mossaâb Abdelwadoud a pu échapper à chaque fois à une mort certaine.

Aujourd’hui, il est l’homme le plus recherché du pays. Bien que les opérations antiterroristes aient donné leurs fruits sur le terrain, surtout avec l’élimination il y a trois ans du n°2 du GSPC, en l’occurrence Sofiane Fassila, et la mise hors d’état de nuire de dizaines de chefs de katibate et de centaines de terroristes, aujourd’hui la tête du GSPC n’est toujours pas tombée.

En effet, les services de sécurité, avec tout le travail réalisé dans le cadre de la lutte contre les criminels, n’ont pas pu éliminer le n°1 de cette organisation. C’est vrai que le travail des renseignements a porté ses fruits, et il est vrai également que les activités des terroristes ont sensiblement baissé, mais la menace, elle, existe toujours, d’autant plus que Droukdel est toujours en vie, et c’est ce qui donnera plus d’énergie aux terroristes dans les maquis.

Abdelmalek Gouri, le recruteur des enfants terroristes

Originaire de Si Mustapha à Boumerdès, Abdelmalek Gouri, aîné d’une famille nombreuse, a rejoint le maquis au début de l’année 1999, avant son arrestation par les forces de sécurité. L’homme à la barbichette, jugé par le tribunal de Boumerdès, avait écopé d’une peine de deux ans d’emprisonnement. A sa sortie de prison en 2001, le sanguinaire Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Selmane, a rejoint le mont El Dhahr à Si Mustapha. Il crée alors la phalange la plus cruelle de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), la phalange El Arkam.

Depuis, le nom de Khaled Abou Selmane est devenu tristement célèbre, notamment dans les milieux djihadistes salafistes, ce qui a poussé l’émir national d’Aqmi à le désigner comme son bras droit et à l’inviter à élaborer une stratégie pour l’organisation criminelle. Pis, Khaled Abou Selmane a eu l’idée diabolique de faire intégrer des enfants au sein de son organisation terroriste. C’est ainsi qu’en 2008, 13 enfants, dont le plus jeune n’avait que 8 ans et le plus âgé 15 ans, ont été recrutés par la phalange El Arkam avant d’être entraînés à manipuler les armes.

L’objectif de Khaled Abou Selmane était d’utiliser ces anges dans des attentats kamikazes comme l’a fait Al Qaïda en Irak et en Afghanistan. Ces enfants, issus de Si Mustapha et d’autres communes de Boumerdès, ont été interpellés quelques mois après par les forces de sécurité. Lors de leur jugement, ils ont révélé comment ils ont été recrutés par les fous de Dieu.

En août 2008, la phalange El Arkam a signé un attentat-suicide spectaculaire ayant visé l’Ecole supérieure de la Gendarmerie nationale des Issers et qui avait fait 45 morts et 48 blessés parmi les candidats à une carrière de gendarme. Annoncé pour mort en février 2010 suite à un accrochage avec les forces de l’ANP dans les massifs forestiers de Lakhdaria, Abdelmalek Gouri a ressurgi peu après pour démentir son élimination. Aujourd’hui, il vient d’annoncer son retrait d’Aqmi et la création de sa propre organisation terroriste, « Jound El Khilafa ».

Pis encore, par son allégeance à Daech, Abdelmalek Gouri serait en train d’ouvrir une brèche pour que cette organisation terroriste s’installe en Algérie, en particulier, et au Maghreb, en général. Une question se pose alors : qui veut replonger l’Algérie dans le chaos ? Il semble bien que la mission d’Al Qaïda ayant pris fin avec la mort d’Oussama Ben Laden en mai 2010, c’est au tour de Daech, cette autre mystérieuse organisation criminelle, de tenter de raviver la flamme terroriste en Algérie.

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