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Nationale

APW de Tizi Ouzou : Une autre occasion de révéler l’ampleur des dégâts

APW de Tizi Ouzou : Une autre occasion de révéler l’ampleur des dégâts

La session marathon de l’APW de Tizi Ouzou, tenue mercredi dernier dans l’hémicycle Rabah-Aïssat, consacrée au vote du budget primitif de l’année 2017 et aux chapitres portant logement, jeunesse et sport, énergie, ressources en eau et transport, a été aussi une occasion de révéler l’ampleur des dégâts dans la wilaya.

De même concernant l’information et la désinformation qui se chevauchent depuis bien longtemps. L’information et la désinformation sont telles que le citoyen est désemparé quant à pouvoir distinguer le vrai du faux. Le citoyen ne peut pas distinguer non plus celles et ceux tenant un langage de vérité de celles et ceux qui se nourrissent du mensonge.

Concernant ce budget primitif, établi en conformité avec la loi 12-07 du 21 février 2012 relative à la wilaya, notamment les articles 157 à 174 relatifs au budget, il est d’un montant de 1 928 691 684 DA.

En conformité également avec la règle de l’établissement d’un budget, le budget primitif de la wilaya de Tizi Ouzou est égal en dépenses et en recettes. Le montant affecté à la section fonctionnement est de 1 693 997 739,95 DA et celui affecté à la section équipement est de l’ordre de 234 693 944,05 DA.

A peine ce budget adopté, le malaise se fit sentir dans la salle. Plus exactement au moment où l’élu, Saïd Farsi, entama la lecture du rapport de la commission APW de l’urbanisme, de l’habitat et du logement. Le contenu de ce rapport lu en session et dont nous détenons une copie ne peut laisser quiconque indifférent. Même un étranger à la wilaya aurait un sévère pincement au cœur.

Des logements finis en abandon depuis des années

Pas moins de 2 578 logements, toutes formules confondues, sont achevés depuis de longues années mais sans pour autant être habités. Le motif : pour des raisons inconnues, les responsables concernés n’ont pas remis les clefs des logements à qui de droit.
Ces logements vides sont même laissés à l’abandon.

Certains ont subi des dégradations, soit par l’élément naturel soit par des mains destructrices et irresponsables. Et paradoxalement, plusieurs milliers de familles sont dans le besoin urgent d’un logement. Quand une famille habite un gourbi à la campagne ou un galetas dans une cité, l’octroi d’un logement ne peut lui être que bénéfique.

Ce serait même une bénédiction. Les dégâts signalés portent surtout sur les logements APC/CNEP. Certains logements ont été construits et achevés depuis la décennie 1980.

Dans certains cas, ce sont tout simplement les programmes de construction de logement qui n’ont pas démarré nonobstant leur très longue ancienneté. C’est le cas de 192 logements à Tigzirt. A Iflissen, le cas est flagrant.

Le terrain d’assiette existe, le POS est établi avec les règles y afférentes, les crédits aussi sont disponibles. Malgré l’existence de ces conditions nécessaires, le programme est toujours gardé en instance. Les cas où des logements sont à l’abandon total sont multiples.

A Iferhounène, pas moins d’une centaine de logements sont à l’abandon depuis de nombreuses années. A Draâ Ben Khedda, le nombre de logements à l’abandon peut décourager n’importe quelle volonté.

Les documents, appuyés par des photos, indiquent également que plusieurs caves d’immeubles sont submergés d’eaux usées. Certaines caves servent aussi de lieux de débauche. A Oued Falli, c’est pas moins de 200 chalets qui sont à l’abandon depuis longtemps.

Autrefois, ces habitations en bois ont servi à abriter des familles sinistrées. Une fois celles-ci relogées ailleurs ou tout simplement après avoir retrouvé leurs propres maisons retapées, les chalets ont été laissés au gré des intempéries.

Cherifa Ould-Chikh a suggéré de mettre les chalets en question à la disposition des familles maliennes qui souffrent actuellement le martyre dans camp où elles résident actuellement.

Toujours à Draâ Ben Khedda, plus exactement au village Aïn Fassi, ce sont 20 locaux commerciaux, dont l’achèvement date depuis de longues années, qui restent à l’abandon. Les responsables concernés n’ont pas jugé utile de les mettre à la disposition des jeunes chômeurs. Le président de la république les a pourtant destinés aux jeunes.

La liste des absurdités est encore longue. Elle si longue qu’il est impossible de les énumérer toutes, et ce rien qu’au chapitre logement. En tout, devons-nous rappeler, ce sont 2 578 logements qui sont à l’abandon sans avoir jamais été habités.

Difficultés pour la pénétrante Tizi Ouzou – autoroute Est-Ouest

La pénétrante devant relier Tizi Ouzou à l’autoroute Est-Ouest, d’une distance de 48 km, connaît des difficultés d’un autre genre. En sus des problèmes purement techniques, les trois entreprises engagées dans cet énorme chantier, en l’occurrence OZGUN – NUROL – ENGOA, font face depuis quelque temps à des racketteurs.

Les responsables de ces entreprises se sont plaints de cette situation « qui ne peut plus durer ». C’est Nabila Smaïl, élue du FFS, qui a exposé ce cas gravissime devant l’assistance. Cette « dame de fer » a ajouté qu’en sa qualité de juriste, elle portera au plus haut niveau cette affaire.

Le directeur des travaux publics, dans sa réponse, a assuré que le ministère de tutelle ne pouvait être au courant de cette pratique criminelle. Ce responsable a ajouté que lui-même portera cette affaire devant qui de droit. A la lumière des discussions concernant ce cas de racket, les criminels exerceraient leurs fonctions dans la wilaya de Blida.

Le secteur de la santé a été également décortiqué à l’occasion de cette session et l’hôpital d’Azazga a été pointé du doigt. En date du 11 novembre de l’année en cours, une femme est décédée dans cet établissement hospitalier.

Le groupe RCD a considéré que le décès de cette femme, âgée de 54 ans, avait pour origine la négligence.
La direction de la santé et de la population de la wilaya a, en ce qui la concerne, remercié le directeur de cet hôpital en lui demandant de faire sa demande de mise à la retraite.

Concernant la responsabilité dans ce décès, elle est difficile à situer. Le rapport de la commission santé, hygiène et protection de l’environnement, dont nous détenons une copie et lu par le Dr Messala en sa qualité de président de ladite commission, donne cette lecture : « Le 29 novembre 2016, la commission santé, hygiène et protection de l’environnement, accompagnée ce jour de moi-même, Ould-Hamou Saâdi et Raâb Zahia, s’est rendue à l’EPH d’Azazga pour une visite d’inspection.

Elle a eu ainsi à se pencher sur le problème du décès d’une femme de 54 ans, Tabti Ferroudja, admise le 4 novembre 2016 a connu des complications au cours de son hospitalisation, surtout en date du 9 novembre 2016 où la garde n’était pas assurée, le médecin réanimateur étant en arrêt de travail depuis le 6 novembre 2016 et aucun remplacement n’avait été prévu. Il a fallu alors faire appel à un médecin réanimateur habitant à Azazga, qui a rejoint l’hôpital à 3h30 du matin du 10 novembre 2016.

Il a procédé au geste de réanimation et a pu lever l’urgence. Finalement, la malade est décédée le lendemain dans la nuit du 11 novembre 2016 à 21h 30. Actuellement, la famille n’a pas jugé nécessaire d’aller en justice. »

Projets d’hôpitaux : des promesses non tenues

Toujours au chapitre santé, les élus ont vigoureusement dénoncé les promesses non tenues du ministère de tutelle quant aux projets de construction d’hôpitaux. Les régions de Bouzguène, Ouaguenoun, Timizart, Boghni et les Ouadhias, pour ne citer que celles-ci, sont dans l’attente de ces hôpitaux.

Le cas du nouveau CHU de Tizi Ouzou a fait aussi grincer des dents les élus lors de cette dernière session de l’année 2016.

Ces derniers, toutes couleurs politiques confondues, ont également dénoncé le fait qu’il y’ait pas eu de suite à leurs recommandations et suggestions. L’élu, Lounis, juriste de son état, a clamé haut et fort qu’il est désormais hors de question que les recommandations et suggestions restent lettre morte.

« Il est évident, a-t-il dit, que c’est la meilleure façon d’aboutir à des résultats concrets ! ».
Pour sa part, Mohamed Bouderbali, qui eu était à sa première participation à la session APW de Tizi Ouzou, commencera son intervention en soulignant « le haut niveau politique et d’engagement des élus ».

Ensuite, il apportera une précision à l’endroit des élus RCD qui l’ont légèrement taquiné en l’accusant de faire du folklore dans ses sorties sur le terrain. Mohamed Bouderbali, dont la haute maîtrise du verbe est indiscutable, leur dira que ses sorties ne relèvent aucunement du folklore et qu’il n’a reçu aucune feuille de route.

Les assurances de Bouderbali

Le wali a répété à plusieurs reprises n’avoir de préférence pour aucune couleur politique et n’avoir aucune feuille de route. Il dira enfin que la wilaya de Tizi Ouzou, qu’il sert avec « honneur et fierté » et qui a beaucoup de potentiel humain et matériel, a cependant une particularité par rapport à certaines autres wilayas où les investisseurs sont accueillis à bras ouverts alors qu’à Tizi Ouzou, bien souvent, les P/APC ne leur facilitent pas la tâche.

« J’ai l’ultime conviction, ajoute Bouderbali, que le développement de cette wilaya est l’affaire de tous ». Abordant la question du logement, il a tenu d’abord à souligner que le prix de la construction d’un logement social est de pas moins de 3 000 000 DA.

Plus loin, il reviendra sur la liste des bénéficiaires de logements sociaux de la commune de Tizi Ouzou.
Bouderbali expliquera à l’assistance que c’est lui qui a donné instruction de rendre publique cette liste « qui n’est pas définitive, car c’est la meilleure façon d’identifier les tricheurs ».

Le wali a indiqué que cette liste des bénéficiaires sera revue et corrigée par la commission de recours. Il a noté également que toutes les demandes de recours seront rigoureusement étudiées et qu’aucune injustice ne sera commise à l’endroit de qui que ce soit.
Donc, un soulagement pour les citoyens qui se sont sentis victimes d’exclusion.

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