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Nationale

Après une semaine d’activité, les taxis pour femmes à l’arrêt

Après une semaine d’activité, les taxis pour femmes à l’arrêt

Après à peine une semaine de son lancement, la start-up Moov Services, spécialisée dans le service de transport VTC (véhicule de transport avec chauffeur) dédié exclusivement aux femmes, a dû baisser rideau suite à la réaction hostile des chauffeurs de taxi de la wilaya de Blida.

Si le concept a suscité la satisfaction et l’engouement des clientes de Moov Services, tant pour la qualité du service offert que pour les prix jugés «accessibles», l’expérience a été, à leur grand dam, éphémère après l’intervention des services de sécurité, lesquels ont signifié au propriétaire de l’entreprise que la direction des transports de Blida avait émis à l’encontre de son entreprise une interdiction d’exercer.

«Nous avons lancé notre projet il y a tout juste une semaine, puis il y a eu un enchaînement d’évènements ayant conduit à l’arrêt de notre activité en tant que VTC», a déclaré, ce mardi au Jeune Indépendant, la chargée de communication de Moov Services, Lilya Zeroual.

«Nos chauffeurs femmes ont subi des harcèlements, voire des menaces de mort, de la part des conducteurs des taxis collectifs. Nous avons tout fait pour éviter d’éventuels conflits avec eux. Pis encore, ces chauffeurs de taxi sont montés au créneau en observant une manifestation devant la direction des transports pour nous interdire d’opérer», a-t-elle précisé

La start-up Moov Services est le fruit d’un investissement personnel d’une valeur de 3 milliards de dinars et elle emploie au moins 22 personnes, parmi elles des étudiantes et des mères de famille.

«L’idée de nous lancer dans la start-up est venue suite aux encouragements du président de la République à l’adresse des porteurs de projets et des startupeurs. Il s’agit d’un investissement personnel de plus de 3 milliards de dinars, sans contracter le moindre crédit bancaire. Nous avons commencé à exercer conformément au code VTC des services du registre du commerce, et ce après avoir suivi toute la procédure réglementaire», a-t-elle expliqué.

Selon ses précisions, le directeur de l’entreprise a essayé de fournir toutes les explications nécessaires aux services de la police ainsi qu’à la direction des transports pour justifier qu’il est question d’une activité de location de véhicules avec chauffeurs en règle et sans aucune infraction, mais en vain. Estimant que ce mode de transport n’est pas autorisé à Blida, les services de la direction des transports leur ont donc exigé de fournir une licence de taxi afin de pouvoir continuer à exercer. L’équipe Moov Services a donc aussitôt fait les démarches mais à leur grande surprise, il leur fut annoncé que l’octroi des licence de taxi est gelé pour le moment, a-t-elle relevé.

«Ils ne voulaient rien comprendre au niveau de la direction, balayant d’un revers de la main l’existence du premier incubateur de transport “Naql Tech”, inauguré, en décembre dernier, par le ministre des Transports et celui des Start-up», a-t-elle poursuivi déçue.

Déterminé à ne pas baisser les bras, le startupeur a tenté de trouver un terrain d’entente avec les services concernés en leur expliquant que le projet n’était qu’à son début et qu’il est prévu de l’élargir davantage, et ce en offrant une palette de services dédiés à la gent féminine, à l’image de la livraison des produits cosmétiques.

En vue de trouver une solution à ce blocage «injustifié, l’équipe de Moov Services envisage de frapper à toutes les portes à l’échelle locale, et en cas d’obstruction, elle s’adresseraaux hautes autorités du pays, d’autant plus que des mères de famille font partie de son effectif et que le propriétaire de la start-up a mis le paquet pour lancer ce projet.

Pour rappel, Moov Services a donné le coup d’envoi de ses véhicules en organisant un cortège dans le centre de la ville des Roses, attirant l’intérêt et l’admiration de la gent féminine, laquelle a été, de suite, nombreuse à solliciter leurs prestations. Pour rappel, l’initiative de

lancer un service de transport spécial femmes a déjà été tentée à Oran il y a plus de quatre ans et l’idée a eu le même sort que VTC Moov Services. Une hostilité inédite de la part des taxis collectifs qui estiment que les plates-formes VTC sont un vrai concurrent, voire une menace pour leur survie en ces temps de crise économique.

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