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Après l’onde de choc Fifa, les ténors du foot très discrets

Après l’onde de choc Fifa,  les ténors du foot très discrets

Ils préfèrent que les regards soient tournés vers Messi ou Neymar, les stars de la Copa America, plutôt que vers eux : deux semaines après l’explosion du scandale de corruption à la Fifa, les dirigeants du football en Amérique latine jouent profil bas au Chili.

« Ils ont peur, ils sont inquiets, beaucoup ont quelque chose à expliquer”, assure à l’AFP l’ancien juge Mariano Bergés, membre de l’ONG argentine “Salvemos al futbol” (Sauvons le football).
“Comme on dit vulgairement, ils ont un cadavre dans le placard”, ajoute-t-il.

Car le football latino-américain a été particulièrement ébranlé par le scandale Fifa : sur les 14 personnes poursuivies par la justice américaine (dont neuf membres ou ex-membres de la Fifa), 13 sont liées aux fédérations d’Amérique latine et des Caraïbes.

A la cérémonie d’ouverture jeudi de la Copa America, les seuls dirigeants du ballon rond présents étaient ceux qui ne pouvaient de toute façon pas y échapper : le président de la Conmebol (Confédération sud-américaine), Juan Angel Napout, et ceux des fédérations chilienne, Sergio Jadue, et équatorienne, Luis Chiriboga, dont les sélections disputaient le match inaugural (2-0 pour le Chili).

“En outre, comme est apparue la question des voyages, que (les dirigeants du foot) se déplaçaient avec leur famille en première classe, dans des hôtels cinq étoiles et tout ça, ce n’est pas le bon moment pour exhiber ce genre de comportement. Personne ne veut être en vitrine, ce n’est pas le moment de se montrer”, estime Mariano Bergés, dont l’ONG combat la violence et la corruption dans le football.

La cérémonie de jeudi était “assez étrange”, note José Antonio Prieto, célèbre analyste et commentateur sportif chilien pour la radio Cooperativa, car “elle a donné l’impression que les dirigeants se cachaient, qu’ils se montraient le moins possible”.

“On dirait qu’ils gardent en mémoire ce qui s’est passé en Suisse, le fait d’être tous ensemble et qu’il puisse y avoir une action de la justice”, ajoute-t-il en référence à l’arrestation simultanée, le 27 mai, de sept responsables de la Fifa à Zurich, juste avant le congrès de l’organisation sportive internationale.

Présente dans les tribunes, la présidente chilienne Michelle Bachelet, portant un maillot de sa sélection nationale, a paru profiter du spectacle dans le stade… tout en gardant ses distances avec Sergio Jadue, qui n’apparaît sur aucune des photos officielles ensuite diffusées par la présidence.

Le dirigeant de la fédération chilienne a en effet été désigné par l’enquête du FBI comme l’un des dirigeants ayant perçu des pots-de-vin dans le cadre de ce scandale, une accusation qu’il nie farouchement.

Autre spécificité de la cérémonie d’ouverture : aucun discours n’a été prononcé devant les 45.000 spectateurs.

“Dans ce genre d’événements, on mentionne les principales autorités présentes, en commençant par le président de chaque pays et celui de la fédération organisatrice. Cela a été clairement absent dans l’inauguration de la Copa America du Chili, une décision à mi-chemin entre la politique et la communication”, estime José Antonio Prieto.

Jusqu’à présent, la Conmebol n’a d’ailleurs organisé aucune conférence de presse dans le cadre de cette compétition.
Signe que les choses commencent peut-être à changer, le jour même où débutait le tournoi, le Parlement paraguayen a supprimé l’immunité dont bénéficiait depuis 1997, à la manière des représentations diplomatiques, le siège de la Conmebol à Asuncion.

Le ministre paraguayen des Affaires étrangères Eladio Loizaga avait qualifié cette immunité de “privilège similaire à ceux des Nations Unies, et cela n’est pas possible”. 

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