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Nationale

Après les revers subis par la diplomatie marocaine : Le désarroi du Makhzen

Après les revers subis par la diplomatie marocaine : Le désarroi du Makhzen

Un mois après la décision prise par le tribunal de l’Union européenne d’annuler deux accords commerciaux incluant les territoires du Sahara occidental, le Makhzen s’obstine aveuglément à poursuivre sa politique mensongère dans les territoires occupés. Et comme à son habitude, Rabat fait appel à son allié viscéral et soutien indéfectible, la France.

Au début de ce mois de novembre, un groupe d’investisseurs français a été invité à Dakhla, ville occupée du Sahara occidental, pour étudier les possibilités de financement d’un projet de station de dessalement d’eau de mer.
Suite à l’élargissement des accords entre le Maroc et l’Union européenne aux produits de la pêche et ceux agricoles dans les territoires occupés en 2019, le Makhzen décide de construire une station de dessalement de mer à Dakhla, une région désertique sur le littoral atlantique.

Sur la fiche technique, cette station devait produire 90 000 m3 d’eau permettant l’irrigation de 5 000 hectares. Au Sahara occidental, plus précisément dans la région de Dakhla occupée, seulement 1 000 hectares sont cultivés pour produire des primeurs (tomates et melons) destinés aux marchés européens.
En raison de la rareté des ressources en eau dans ces régions désertiques, le Makhzen projette de construire plusieurs stations de dessalement d’eau de mer. Les eaux produites seraient destinées à irriguer plus de terres et à produire plus de primeurs à exporter vers les marchés de l’Union européenne. Toutefois, ce projet bute aujourd’hui sur deux obstacles majeurs, à savoir le financement et l’annulation par le Tribunal européen de l’accord agricole qui implique les territoires occupés du Sahara occidental.

Pour ce faire, le Makhzen doit mobiliser plus de 200 millions de dollars pour la réalisation de la station de dessalement de Dakhla.
Contrairement à l’Algérie, qui a l’expertise et le savoir-faire nécessaires pour réaliser des stations de dessalement en recourant aux moyens nationaux, le Maroc, quant à lui, doit compter sur des entreprises étrangères dans ce domaine.

L’autre obstacle qui se dresse face à ce projet est l’énergie. En effet, une usine de dessalement d’eau de mer consomme beaucoup d’énergie (carburant et électricité) alors que la ville de Dakhla occupée ne dispose que d’une centrale électrique diesel d’une puissance ne dépassant pas les 60 MW. Le coût de production de l’électricité à partir du fioul est plus élevé comparativement à l’utilisation du gaz naturel.

Pour les spécialistes, il serait donc très coûteux d’irriguer des cultures maraîchères à partir d’eau dessalée. D’autant plus que l’annulation, par le Tribunal européen des deux accords, de pêche et agricole, incluant les territoires du Sahara occidental occupés entraînerait le paiement de taxes d’entrée dans le marché commun, rendant ainsi les produits agricoles en provenance de ces territoires plus chers et moins compétitifs.

Mais le désarroi du Makhzen ne se limite pas à ce seul projet. En bloquant l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, le Congrès américain a balayé l’espoir du Makhzen de voir des firmes américaines investir dans les territoires occupés du Sahara occidental. A l’exception du domaine énergétique, les Américains sont peu enclins à investir dans l’agriculture en l’absence d’eau.

Un territoire sahraoui soumis au pillage du makhzen

Après la normalisation des relations avec l’entité sioniste, le Makhzen espérait un important flux d’investissements américains. Pour faire passer la pilule de cette normalisation, le palais royal a annoncé au peuple marocain des investissements dépassant les deux milliards de dollars dans la construction d’un parc éolien géant pour alimenter des serveurs américains à Dakhla avec, à la clé, des milliers d’emplois au profit des Marocains et non des jeunes Sahraouis. Mais ces promesses sont vite tombées à l’eau suite au refus du Congrès américain d’ouvrir un consulat dans la ville occupée de Dakhla. D’autant que tous les pays qui ont normalisé avec l’entité sioniste n’ont profité d’aucun investissement conséquent ou même progressé économiquement, à l’image de l’Egypte et de la Jordanie qui sombrent dans la crise.

Le même exemple s’applique au projet de construction d’un grand port commercial à Dakhla, lequel traîne depuis des années en raison de l’absence de financement. Quel investisseur mettrait des centaines de millions de dollars pour construire un grand port dans une région désertique qui produit juste quelques dizaines de milliers de tonnes de poissons et de produits maraîchers, et qui n’est pas entourée de grands marchés, voire de pôles industriels ?
Pour les observateurs avertis, le problème n’est pas seulement d’ordre politique ou diplomatique. Aucune entreprise ni aucune banque n’accepterait d’investir des dizaines de millions de dollars dans une région à risque ou en guerre.

Le Sahara occidental est classé par l’ONU comme étant un territoire non autonome qui doit être soumis à un processus de décolonisation. La violation du cessez-le-feu par le Maroc, il y a un an, dans la région d’El-Guerguerat, n’a fait qu’aggraver la situation. L’assassinat prémédité de trois citoyens algériens par l’armée marocaine, le 1er novembre 2021, a transformé la région en un volcan qui risque d’exploser à n’importe quel moment. Dans cet environnement politique régional très instable, les tentatives vaines d’impliquer des investisseurs étrangers dans les territoires occupés du Sahara occidental renseigne sur le désarroi du Makhzen.

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