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Nationale

Dernières précipitations : Une agriculture plus fertile

Dernières précipitations : Une agriculture plus fertile
Sous de bons auspices.  

La campagne agricole en cours connaît une nette amélioration grâce aux pluies qui ont arrosé la quasi-totalité du territoire national, ce qui laisse présager une production satisfaisante, a indiqué hier le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya d’Alger, Ibrahim Djeribia. Il a toutefois souligné que cette situation ne doit pas faire oublier la nécessité de réduire la dépendance aux aléas climatiques, en accélérant la transition vers une agriculture plus moderne et plus résiliente.*

L’Algérie fait face à des défis majeurs liés aux changements climatiques et aux mutations géopolitiques mondiales, a affirmé M. Djeribia, mettant toutefois en avant les efforts de l’État, qui a engagé des stratégies ambitieuses pour développer le secteur agricole et atteindre une sécurité alimentaire durable.

Dans ce contexte, Il a indiqué que l’agriculture constitue désormais un pilier de l’économie nationale, contribuant à hauteur d’environ 15 % au produit intérieur brut (PIB). Un niveau qui, selon lui, traduit l’importance croissante de ce secteur, notamment dans un contexte de réduction de la dépendance aux importations.

Le même responsable a précisé que l’Algérie couvre aujourd’hui près de 80 % des besoins nationaux en produits agricoles, après une longue période de forte dépendance extérieure. Des défis persistent néanmoins dans certaines filières stratégiques, telles que les céréales, le lait et les viandes, a-t-il regretté lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale.

Dans la filière céréalière, l’atteinte de l’autosuffisance reste étroitement liée aux précipitations, si la saison actuelle s’annonce prometteuse grâce aux précipitations, le responsable insiste sur la nécessité de développer des solutions durables, notamment à travers « l’irrigation complémentaire et l’intégration de technologies modernes », a-t-il précisé.

Dans ce sens, il a alerté sur les effets du changement climatique, marqués par la baisse du niveau des nappes phréatiques et la raréfaction des chutes de neige ces dernières années. « Autant de facteurs qui imposent une transformation en profondeur des pratiques agricoles », a-t-il recommandé.

L’agriculture n’est plus une activité traditionnelle, mais un secteur scientifique exigeant des compétences qualifiées, a-t-il poursuivi, avant d’appeler à l’implication de jeunes profils et d’ingénieurs capables d’intégrer les innovations technologiques, telles que l’utilisation de drones pour le traitement et le suivi des cultures.

S’agissant de la souveraineté alimentaire, M. Djeribia a mis en avant la maîtrise des semences locales, rappelant que l’Algérie n’a pas importé de semences de blé depuis plus de 30 ans. Il a également évoqué le projet de création d’une banque génétique pour renforcer l’autonomie nationale dans ce domaine stratégique.

Concernant la mécanisation, il a indiqué que des efforts sont en cours pour moderniser les équipements agricoles. Selon lui, le secteur souffre encore d’un manque de main-d’œuvre qualifiée en mécanique agricole, ce qui engendre des pertes estimées à près de 30 % de la production, en raison du déficit en moyens et en encadrement.

Sur la question des prix, il a estimé que les agriculteurs ne peuvent en être tenus pour responsables, leur rôle se limitant à la production. Les dysfonctionnements observés relèvent plutôt des circuits de distribution, expliquant l’écart entre l’abondance des produits sur le terrain et leur coût élevé sur les marchés.

Dans cette optique, il a plaidé pour une réorganisation du marché et un renforcement du rôle des coopératives agricoles, notamment en matière de commercialisation et de stockage. Un nouveau décret serait en préparation pour soutenir cette orientation.

Il a également appelé à développer les activités de transformation et d’exportation afin d’assurer des revenus stables aux agriculteurs, en particulier en période de surproduction, comme c’est le cas dans la filière des agrumes, qui a atteint des niveaux records grâce aux techniques de plantation intensive.

L’Algérie dispose, selon lui, d’un fort potentiel à l’export, notamment dans la filière des dattes, avec la variété « Deglet Nour » mondialement reconnue, ainsi que d’autres produits tels que l’abricot et la pomme de terre. Le principal défi demeure l’amélioration des circuits de commercialisation et l’accès aux marchés internationaux.

A ce propos, il a souligné l’extension des surfaces agricoles vers de nouvelles régions, notamment dans le Sud, ce qui renforce les capacités de production nationale. Cette dynamique nécessite toutefois un accompagnement renforcé, notamment en matière de stockage et de chaîne du froid, afin de garantir la stabilité du marché.

En outre, il a affirmé que l’objectif n’est pas d’atteindre une autosuffisance totale, mais bien une souveraineté alimentaire assurant l’indépendance de la décision nationale, appelant à poursuivre la modernisation du secteur à travers la science et la technologie.



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