Après l’échec des négociations avec l’Iran : Trump annonce un blocus naval au détroit d’Ormuz
Le président américain Donald Trump a annoncé ce dimanche 12 avril le blocus naval du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial. Cette décision fait suite à l’échec des négociations entre Washington et Téhéran à Islamabad, l’Iran ayant refusé tout compromis sur la question nucléaire.
Donald Trump a annoncé dimanche un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, en réponse au refus « intransigeant » de l’Iran d’abandonner ses ambitions nucléaires lors des négociations à Islamabad ce week-end.
Tout en estimant que les discussions au Pakistan s’étaient « bien » passées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord », le président américain a affirmé sur sa plateforme Truth Social que Téhéran avait refusé tout compromis sur la question nucléaire.
« À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a-t-il écrit à propos de la voie maritime stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial et située entre l’Iran et le Sultanat d’Oman.
Dans deux longs messages, le président américain a averti: « Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera PULVÉRISÉ! », laissant entendre que « d’autres pays » seraient impliqués dans l’effort de blocus, sans toutefois les nommer.
Cette annonce intervient alors que les négociations menées à Islamabad entre les États-Unis et l’Iran ont échoué dimanche, laissant planer un doute sur le respect de la trêve de deux semaines actuellement en cours.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation iranienne, a pour sa part critiqué sur X les États-Unis « incapables » selon lui de gagner la confiance de l’Iran lors des discussions.
Samedi, l’armée américaine avait annoncé que deux navires de guerre américains avaient franchi le détroit d’Ormuz, marquant le début d’une opération de déminage. Des affirmations démenties par Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution, armée de la République islamique, avaient ensuite menacé d’agir « sévèrement » contre tout navire militaire transitant par le détroit.
Les États-Unis n’ont pas réussi à gagner la confiance de l’Iran lors des négociations à Islamabad, a déclaré sur X le chef de la délégation iranienne, le président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf. Selon lui, bien que Téhéran fasse preuve de la bonne foi et de la volonté nécessaires, l’expérience des deux guerres précédentes fait que Téhéran n’a pas confiance en ses interlocuteurs. Le parlementaire a ajouté que son pays considérait la diplomatie, au même titre que la lutte militaire, comme un moyen de défendre les droits de la nation iranienne et qu’il ne cesserait pas ses efforts pour consolider les acquis des 40 jours de défense nationale. D’après lui, il appartient désormais aux États-Unis de décider s’ils peuvent gagner la confiance de la partie iranienne. Le président du Parlement iranien a également remercié le Pakistan pour ses efforts visant à faciliter le processus de négociation et a transmis ses meilleurs vœux à son peuple.
Deux superpétroliers vides avaient prévu de traverser le détroit d’Ormuz, mais ils ont fait demi-tour au dernier moment lorsqu’ils ont appris que l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran avait échoué, rapporte Bloomberg. Selon les données des services de suivi des navires, trois grands pétroliers n’ayant aucun lien direct avec l’Iran se sont dirigés vers le golfe Persique dans la soirée du 11 avril. Selon l’agence de presse, le lendemain matin, deux d’entre eux — l’Agios Fanourios I, qui se dirigeait vers l’Irak, et le Shalamar pakistanais, qui faisait route vers l’île de Das aux Émirats arabes unis — sont arrivés au poste de contrôle de l’île iranienne de Larak, où ils ont fait demi-tour.
Le troisième pétrolier, le Mombasa B, qui menait une file de navires, a poursuivi sa route vers le golfe en suivant l’itinéraire approuvé par l’Iran, ajoute Bloomberg, précisant que sa destination est pour l’instant inconnue.