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Nationale

Après l’annonce du déconfinement progressif: Le dilemme des scientifiques

Après l’annonce du déconfinement progressif: Le dilemme des scientifiques

Le déconfinement quasi-total décidé par le gouvernement et l’allègement considérable de nombre de restrictions, rentré en vigueur à compter d’hier, suscitent les appréhensions des scientifiques qui craignent toujours une recrudescence de la pandémie du Covid-19.

Toutefois, ils estiment que les pouvoirs publics n’ont d’autres choix que d’aller vers une levée « progressive » de confinement, car il n’est pas possible de maintenir ces mesures indéfiniment.

C’est du moins ce que laisse comprendre docteur Abdelkrim Touahria, membre du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la situation de la pandémie du coronavirus, qui a affirmé hier au Jeune Indépendant, « qu’il est prouvé scientifiquement que le déconfinement permette la propagation du virus. Plus on déconfine, plus de virus vont circuler ».

Dr Touahria a cependant nuancé qu’à l’état actuel des choses, il est difficile de confiner, car il y a des répercussions bien évidemment sur le plan psychologique des personnes qui risquent d’affecter aussi la santé publique ».

A mon avis, précise –t-il, on aurait dû, au début de la crise sanitaire, adopter une attitude de confinement plus « stricte et sévère » à même de nous éviter d’arriver à ce stade-là. « Ce n’est pas facile de ménager le chou et la chèvre », estime le président de l’ordre national des pharmaciens d’officine.

Aujourd’hui je pense que les pouvoirs publics n’ont d’autres choix que d’aller vers ce déconfinement avec prudence, ajoute-t-il, non sans mettre en garde contre une nouvelle vague de propagation fulgurante de l’épidémie. L’on se souvient encore de ce qui s’est passé les jours de l’Aid fêté récemment et le début du mois de ramadhan passé, lorsque la courbe des cas de contamination a pris une allure significativement ascendante.

« Il est aussi important de penser à épargner ces mesures aux catégories vulnérables (personnes âgées, personnes souffrant des maladies chroniques, femmes enceintes…) et surtout de multiplier les appels à leur adresse, afin d’elles prennent des précautions nécessaires » explique le spécialiste.

La crainte du Comité scientifique, poursuit-il, est la saturation et la pression que subissent les structures hospitalières, au vu du nombre des nouveaux cas contaminés recensés chaque jour, notamment les cas compliqués orientés vers les services de réanimation. Il faut savoir aussi que la complexité de la chose consiste en cette période de chaleur torride avec un taux d’humidité très élevé, ce qui accentue la gravité de l’état de santé de certains patients, tels que ceux souffrant des problèmes respiratoire et d’allergie, precise t-il. 

Sur l’éventuel retour à la normale qui pourrait avoir lieu d’ici la prochaine rentrée sociale, le membre du Comité scientifique dit qu’il n’en a aucune idée et que c’est très compliqué de prédire une telle possibilité.
« Nos points de vue sont un peu hésitants, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas s’exprimer librement et démocratiquement mais, c’est parce qu’il faudrait tenir en compte plusieurs paramètres liés à cette crise pour se prononcer sur une quelconque question ou décision.

Aujourd’hui, on parle d’un nouveau virus qui est apparu en Chine, ce qui explique encore une fois notre hésitation à donner des réponses précises sur les décisions à adopter », indique-t-il.

Toutefois, Dr Touahria a souligné que l’avis de tous les membres du Comité scientifique sur la situation épidémiologique a toujours été pris en considération par les pouvoirs publics lors de toute prise de décision.

Au sujet du vaccin anti-Covid-19, le spécialiste a relevé qu’ils ont reçu des représentants de certains laboratoires qui se seraient lancés dans la recherche relative à ce vaccin, qu’ils sont déjà présents en Algérie et sont des partenaires. Ces rencontres ont eu lieu dans le but, dit-il, de savoir comment les producteurs envisagent-ils de procéder et quelles sont les quantités prévues à mettre sur le marché.

Pour conclure, Dr Touahria relève que le souci majeur du Comité scientifique est de s’assurer de l’efficacité de ce vaccin et qu’il ne soit pas obligatoire, mais à la bonne volonté de la personne.
Notons encore que professeur Mohamed Belhocine, président de la cellule en charge des enquêtes épidémiologiques, a émis, lors de son passage hier à la radio nationale, les mêmes craintes. Selon lui, la vigilance est toujours de mise, car le virus circule activement et affecte l’intégrité du pays.
 

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