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Nationale

Après la crise du Mali : Alger capitale du dialogue interlibyen

Après la crise du Mali : Alger capitale du dialogue interlibyen

Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est une fois de plus monté au créneau pour expliquer la position de l’Algérie sur divers conflits internationaux et principalement sur le conflit libyen qui menace la stabilité du Maghreb.

Invité jeudi dernier par le prestigieux Centre d’études stratégiques et internationales (CEIS), Lamamra a, lors d’une conférence-débat à Washington, révélé que l’Algérie « a été sollicitée par différentes parties libyennes » pour faciliter l’amorce d’un dialogue inter-libyen devant réunir autour d’une table toutes les parties qui rejettent la violence et le terrorisme et acceptent le pluralisme démocratique comme moyen d’accès au pouvoir. Alger, après la rencontre sur le Mali, est ainsi devenu ces derniers temps le lieu où tous les conflits du continent se règlent autour d’une table.

Ainsi, la position défendue par l’Algérie pour une sortie de crise dans le conflit libyen semble désormais incontournable. Un probable ballet diplomatique pourrait se jouer, à cet effet, à Alger. Avant cela, une réunion sera organisée dans les prochains jours à New York consacrée à la situation en Libye. Une réunion qui verra la participation des pays-clés, comme l’Algérie et l’Égypte.

La diplomatie algérienne n’a pas cessé d’appeler à appuyer les différentes initiatives et efforts pour une « solution pacifique de la crise libyenne » et, pour ce faire, appliquer la « feuille de route de l’Union africaine (UA) ». Un appel qui a trouvé un large écho et qui semble avoir résonné favorablement du côté de Tripoli.

Selon le site Eremnews relayé par le quotidien algérien Al-Khabar, le très controversé Abdelhakim Belhadj, ex-président du Conseil militaire libyen, s’est rendu récemment à Alger.
Cette visite a pour but, selon les mêmes sources, d’étudier avec les autorités algériennes les voies et moyens de mettre un terme au chaos qui prévaut depuis quelques mois en Libye.

Dans un entretien accordé au même site Eremnews, Abelhakim Belhadj a déclaré que sa visite n’aura pas de caractère officiel et se limitera à des rencontres avec des responsables algériens, ajoutant qu’il avait déjà effectué une visite semblable dans un passé récent au cours de laquelle il avait rencontré des responsables algériens, aux ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur.

Trois ans après l’intervention militaire des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la France en Libye et la mort de Mouammar Kadhafi, Tripoli et Benghazi sont en proie à des affrontements entre milices.
Aujourd’hui, la police et l’armée sont quasi inexistantes et les différentes stratégies mises en place pour qu’elles intègrent ces corps normalement ont échoué.

L’État n’a par ailleurs aucune autorité pour récupérer les armes excessivement nombreuses détenues par les multiples milices.
Si des alliances ne se produisent pas, on peut craindre une somalisation de la Libye, chacun des acteurs œuvrant pour ses propres intérêts et territoires. Des régions entières hors de tout contrôle, un supermarché d’armes à ciel ouvert, des djihadistes intouchables… A ces conflits, il faut ajouter un autre plus grave, celui avec les djihadistes.

A l’Est, l’offensive du général Haftar a été bloquée par les milices islamistes. Le 22 juillet dernier, à Benghazi, le QG des forces spéciales a même été pris d’assaut. A l’Ouest, les milices de Misrata (Frères musulmans) et les salafistes de Tripoli, surarmés par le Qatar, paraissent prendre peu à peu le dessus sur les milices berbères de Zenten dans la région de l’aéroport principal de Tripoli.

Le second aéroport de la capitale, celui de Maïtigua, est déjà contrôlé par les islamistes d’Abdelhakim Belhadj. La stratégie des salafistes, des Frères musulmans et du Qatar est désormais claire : faire de la Libye une base de déstabilisation régionale.
De fait, l’Egypte et l’Algérie sont directement menacées cependant que la Tunisie n’arrive pas à liquider les maquis des monts Chaambi.

Quant au Maroc, il va être dans les prochains mois la cible d’un nouveau mouvement fondamentaliste baptisé Unicité et jihad au Maghreb al-Aqsa. Au Sud, le Mali, le Niger et le Tchad vont automatiquement subir la contagion de la situation libyenne. La tâche semble très complexe et la médiation algérienne devra peser de tout son poids pour régler un conflit majeur à l’est de ses frontières. Un échec ouvrirait les portes d’un chaos qui profiterait en premier lieu à Daech qui rêve d’étendre son influence au-delà du Moyen-Orient.

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