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Nationale

Après Benguerdane, El Oued et In Salah: une situation inquiétante

Après Benguerdane, El Oued et In Salah: une situation inquiétante

La menace terroriste sur l’Algérie ne relève pas de l’utopie, comme en témoignent les nombreuses saisies d’armes, dont des missiles, et de munitions dans différentes régions du pays.

L’attaque au mortier hier contre une installation gazière au sud du pays rappelle que la répétition du scénario de Tiguentourine est dans les plans des groupes terroristes. Le but de cette attaque qui a visé le site pétrolier de BP-Sonatrach à Kherichba, à 200 km au sud-ouest d’In Salah était, selon toute vraisemblance, de tester les capacités de réaction de l’armée.
Il s’agit pour les terroristes de frapper l’Algérie dans son économie qui repose essentiellement sur l’exportation des hydrocarbures, en provoquant la fuite des compagnies étrangères ou la fermeture des sites de pétrole, et d’accentuer la crise économique dans le pays, et par ricochet espérer, à terme, une révolte sociale.
Les terroristes adoptent la même stratégie en Tunisie, ciblant le tourisme, principale ressource financière de ce pays.
C’est pour débattre de cette situation que les experts en sécurité maghrébins ont réagi au lendemain des attentats terroristes ayant sévèrement frappé plusieurs endroits en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest.
Il était temps d’agir, expliquaient ces experts, à l’instar de l’algérien Mohamed Mizeb, du Tunisien Mustapha Ben Amor et des libyens Amor Tantouch, général de l’armée libyenne, et Abdelmajid Othmani, membre du Conseil des tribus libyennes.
Les experts du Maghreb qui ont participé au colloque sur « les défis sécuritaires en Afrique du Nord » ont tous souligné la grande nécessité de créer une stratégie commune basée beaucoup plus sur le travail de renseignements pour pouvoir relever les menaces exprimées par Daech et Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La miltiplication des attentats terroristes, comme c’était le cas il y a une quinzaine de jours à Benguerdane, cette ville tunisienne frontalière avec la Libye, interpelle les experts du Maghreb arabe.
Après les attentats de Benguerdane en Tunisie et l’élimination de trois terroristes à El Oued en possession d’ armes lourdes, dont des missiles Stinger, la Tunisie et l’Algérie ont proposé la création en urgence d’une cellule de renseignements.

L’aggravation des défis sécuritaires auxquels sont confrontés les Etats maghrébins et les pays de la région d’Afrique du Nord en général, à cause de l’extension du péril terroriste et de la persistance de l’instabilité en Libye, leur commandent d’adopter une approche et une stratégie communes pour pouvoir relever ces défis, ont estimé les participants à ce colloque organisé à Tunis, à l’initiative du Centre international des études stratégiques, sécuritaires et militaires.

Ont participé à ce colloque des experts en sécurité et des cadres militaires et en sécurité de Tunisie, d’Algérie, de Libye et d’Egypte.
La création d’une structure commune de renseignements pour la lutte contre le terrorisme, la contrebande et le crime organisé transnational, étant donné le lien organique existant entre ces fléaux, a été proposée.

L’expert algérien Ahmed Mizeb a signalé que la coordination sécuritaire entre les pays d’Afrique du Nord est restée, jusqu’à présent, à caractère bilatéral, comme celle existant entre la Tunisie et l’Algérie, ou celle entre l’Algérie et l’Egypte.
Le cadre en sécurité tunisien, Mustapha Ben Amor, a estimé que la structure commune de renseignements est à même d’assurer un succès continu et efficace.

Les participants ont exprimé leur opposition à toute intervention militaire étrangère en Libye, expliquant qu’elle ne ferait que compliquer davantage la situation et aggraver le péril terroriste dans toute la région, en Afrique du Nord et dans les pays du Sahel.
A cet égard, Ahmed Mizeb a déploré l’instrumentalisation de la guerre contre le terrorisme de la part des grandes puissances occidentales en fonction de leurs intérêts.
Le général de l’armée libyenne Amor Tantouch, qui participe encore directement sur le terrain à la guerre contre les organisations terroristes en Libye, et Abdelmajid Othmani, membre du Conseil des tribus libyennes, ont réclamé l’arrêt de toute ingérence étrangère et internationale dans les affaires libyennes, affirmant que les Libyens sont capables de régler par eux-mêmes les problèmes de leur pays et en premier lieu la lutte contre les organisations terroristes.

Daech encourage désormais ses combattants à rejoindre la Libye, un riche Etat pétrolier plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi et qui compte deux Parlements et gouvernements rivaux ainsi que de nombreuses milices armées.
Un gouvernement a été récemment installé, sous la pression de la communauté internationale, mais n’est pas encore reconnu par l’ensemble des forces politiques et militaires libyennes.
« Des terroristes en provenance d’Irak et de Syrie arrivent quotidiennement à l’aéroport de Tripoli sur des vols en provenance d’Istanbul assurés par une compagnie aérienne privée libyenne », révèle Badra Gaâloul, présidente du Centre international des études stratégiques sécuritaires et militaires (CIESSM). L’extension de Daech continue et cette organisation occupe désormais entre 20 et 23 % du territoire libyen.

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