-- -- -- / -- -- --
Nationale

Après avoir été boycotté par l’OAIC : Du blé français pour l’Algérie

Après avoir été boycotté par l’OAIC : Du blé français pour l’Algérie

L’Algérie a acheté 675 000 tonnes de blé tendre principalement à la France, soit la même quantité acquise en juillet dernier pour répondre aux besoins du marché local en hiver.

C’est ce qu’ont fait savoir hier à Paris des opérateurs de blé européens, qui ont précisé que les transactions ont eu lieu il y a huit jours suite à un appel d’offres de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), considéré comme l’un des plus grands importateurs de blé dans le monde.

Selon ces mêmes sources, le blé français représente probablement une grande partie des 675.000 tonnes commandées par l’Algérie, mais d’autres évoquent aussi le blé allemand. L’OAIC ne rend jamais publics les détails de ses besoins qui permettraient aux fournisseurs et aux négociants d’agir sur l’approvisionnement du marché et sur les livraisons.

Le coût de cette transaction n’a pas été révélé, mais selon des opérateurs au marché de Hambourg (Allemagne), l’OAIC a payé 204.50 dollars la tonne un prix qui inclut les charges fiscales et le fret. La tonne sur le marché est cédée entre 202 à 205.50 dollars.

Ce prix obtenu pour cette transaction est inférieur de 34 dollars par rapport à la transaction de juillet dernier estimée à 238 dollars la tonne. En juillet dernier, l’Algérie avait acheté entre 700 000 et 725 000 tonnes de blé tendre européen.

La livraison de cette commande par les fournisseurs de l’Algérie se fera en deux tranches, indiquent encore les mêmes sources. Une première partie en novembre prochain tandis que la plus grosse quantité sera livrée en décembre. La France a été le plus important fournisseur de blé tendre de l’Algérie avec une moyenne annuelle de 5 millions de tonnes.

Depuis le recul des exportations russes en raison du blocus européen, le prix de la tonne de blé tendre a doublé en Europe, mais ces dernières semaines il a essuyé une déconvenue en raison des réticences des principaux clients, comme l’Egypte. 

Sur Euronext, la tonne de blé perdait 1,25 euro sur l’échéance de décembre à 178,50 euros, et 1 euro sur celle de mars à 186,50 euros. Les prix européens des céréales s’orientaient à la baisse lundi dernier à la mi-journée, après la confirmation vendredi par un rapport mensuel américain de l’abondance de l’offre mondiale, en particulier pour le blé.

Néanmoins, les prix du blé restent « soutenus par la demande des importateurs », comme en témoignent les achats en fin de semaine dernière de l’Egypte et de l’Algérie, deux des principaux acheteurs mondiaux, rappelle le cabinet Agritel dans une note. Selon les analystes, l’Egypte a acheté 180.000 tonnes de blé russe et ukrainien, jugeant une nouvelle fois le blé français trop cher. En outre, le blé tendre français a de plus en plus de mal à satisfaire les critères requis par les principaux importateurs mondiaux.

Les blés français sont caractérisés par des taux de protéines à 11,5%, qui ne correspondent pas aux standards requis par l’Algérie et par la majorité des pays importateurs.

L’OAIC exige des céréales avec au moins 12% de protéines pour être concurrentielles. Ainsi l’Algérie a dû opter davantage pour l’Allemagne et la Pologne. Le recours de l’Algérie à des fournisseurs européens va réduire sa dépendance à l’égard de la France qui a exporté vers l’Algérie plus de 7.3 millions de tonnes en 2013.

Les quantités achetées par l’Algérie sont estimées à 2.9 millions de tonnes pour 2014/2015, soit l’équivalent de 450 000 tonnes par mois, alors que les besoins, selon les négociants en blé tendre, sont estimés entre 400 000 et 450 000 tonnes par mois. Par ailleurs, indiquent les mêmes sources, l’Algérie a engagé sur le marché européen une autre commande pour l’importation d’aliments du bétail. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email