Approvisionnement en eau: Bouzegza érige la gestion numérique d’Oran en modèle national
Portée par une production quotidienne supérieure à 650 000 mètres cubes, la wilaya d’Oran dispose des capacités nécessaires pour soutenir son expansion économique et touristique. Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, y a plaidé, ce jeudi, pour la généralisation des méthodes de gestion intelligente et le recours accru aux eaux usées épurées pour préserver la ressource.
Le représentant du gouvernement a particulièrement mis en avant la transition technologique amorcée localement, érigeant l’expérience de la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR) en véritable vitrine de la modernisation sectorielle à l’échelle nationale.
Lors d’une séance de travail consacrée à l’évaluation rigoureuse du secteur, le ministre a souligné que la wilaya d’Oran bénéficie désormais d’atouts structurels majeurs grâce à une diversification réussie de ses sources d’approvisionnement. Avec un volume global dépassant les 650 000 mètres cubes par jour, la production locale s’affiche en net excédent par rapport aux besoins recensés de la population.
Cette disponibilité sécurisée constitue un levier économique fondamental pour une wilaya stratégique qui compte plus de 2,5 millions d’habitants et fait face, chaque année, à un flux touristique massif. Cet apport garantit non seulement une alimentation stable en eau potable pour l’ensemble des ménages, mais il permet également d’accompagner de manière durable le développement des projets industriels et les activités agricoles de la région. Le ministre s’est d’ailleurs félicité des programmes engagés sur le terrain pour corriger les disparités historiques et assurer une répartition équitable de la ressource, notamment vers les communes qui souffraient autrefois d’insuffisances chroniques.
Le modèle oranais : la numérisation contre le gaspillage
Le cœur de la stratégie saluée par le ministre repose sur la fin des méthodes traditionnelles d’exploitation. Lounès Bouzegza a qualifié le modèle de la SEOR d’exemple à suivre en matière de service public moderne. En s’appuyant sur des outils numériques avancés, des systèmes de contrôle et de pilotage à distance, ainsi que sur l’exploitation des données en temps réel, l’opérateur local parvient à optimiser la gestion des flux sur l’ensemble de ses réseaux.
Pour l’avenir du secteur, cette approche basée sur des indicateurs de performance précis doit devenir la norme nationale. Elle représente l’outil le plus efficace pour maîtriser les volumes distribués, réduire de manière drastique les pertes physiques dues aux fuites, et mener une lutte inflexible contre les raccordements et piquages illicites qui pénalisent la collectivité.
Une stratégie axée sur les ressources non conventionnelles
Inscrivant la situation d’Oran dans la politique globale des pouvoirs publics, le ministre a rappelé que la sécurité hydrique demeure l’une des priorités absolues de l’État. Dressant un état des lieux de la situation nationale, il a indiqué que l’Algérie s’appuie actuellement sur un parc de plus de 80 barrages en exploitation. Grâce aux récentes précipitations, le taux de remplissage global dépasse le seuil des 60 %, représentant un volume de stockage de près de 4,5 milliards de mètres cubes d’eau.
Cette infrastructure conventionnelle continue de se renforcer : cinq nouveaux barrages sont actuellement en cours de réalisation à travers le pays, dont trois prévus pour une réception avant la fin de l’année en cours, tandis que les études techniques de 24 autres projets sont pratiquement finalisées.
Toutefois, face aux défis climatiques, le gouvernement mise massivement sur le virage du non-conventionnel, qualifié d’acquis hautement stratégique. À ce jour, les 19 grandes stations de dessalement de l’eau de mer en exploitation sur le littoral national injectent quotidiennement près de 3,6 millions de mètres cubes dans le réseau de distribution, un volume complété par de multiples autres installations de capacité intermédiaire et par un programme soutenu de forages.
En conclusion de sa visite, Lounès Bouzegza a tracé les lignes directrices des prochaines réformes sectorielles, insistant sur l’impératif de développer à grande échelle la réutilisation des eaux usées épurées (EUE). Dans une logique d’économie circulaire, le recyclage de ces volumes doit être prioritairement orienté vers les besoins industriels et l’irrigation agricole. Cette démarche indispensable permettra de soulager la pression sur les nappes phréatiques et les barrages, préservant ainsi les ressources en eau douce conventionnelle exclusivement pour la consommation humaine, garantissant de ce fait la durabilité de la sécurité hydrique du pays.