Approvisionnement des marchés durant le ramadhan : Entre discours et réalité   – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Approvisionnement des marchés durant le ramadhan : Entre discours et réalité  

Approvisionnement des marchés durant le ramadhan  : Entre discours et réalité  

Dans pas moins de deux semaines, les Algériens vont accueillir leur mois préféré de l’année. Une période sacrée qu’ils attendent certes avec impatience, mais la hantise des pénuries et de la flambée des prix gâchent leur enthousiasme. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens une priorité, veut que le ramadhan 2023 se passe sans encombre.  

Le chef de l’Etat a même consacré, en début d’année, un Conseil des ministres à cet effet. Il a donné des instructions claires au gouvernement afin de mettre en place toutes les conditions nécessaires pour une large disponibilité des produits alimentaires, et ce à des prix abordables. Pour assurer le pouvoir d’achat des Algériens, des instructions ont également été données pour augmenter les salaires sur les deux années 2023-2024, qui seront versées avant le mois de ramadhan sous la forme d’un versement progressif entre le 10 et le 20 mars.  

Les responsables des secteurs en lien avec les préparatifs du ramadhan réussiront-ils dans leur mission de régulateur du marché ? En effet, les ministères du Commerce et de l’Agriculture sont dans une course contre la montre afin de mettre en œuvre les instructions du président de la République avant le mois sacré et relever le défi d’approvisionner le marché en produits de base mais aussi maîtriser les prix.  

Le consommateur, quant à lui, continue de faire face à une envolée des prix sans précédent et se trouve perdu entre le discours rassurant et la réalité du terrain.  

En fait, l’approche du ramadhan fait grimper les prix. Il coïncide, cette année encore, avec une situation très difficile, marquée par une inflation galopante et l’érosion du pouvoir d’achat des petites bourses qui n’arrivent toujours pas à subvenir aux besoins essentiels de leurs familles. A deux semaines du ramadhan, les prix de certains aliments flambent déjà. De nombreux citoyens se demandent à quoi il faut s’attendre durant le mois sacré ?  

Au grand désarroi des ménages, fortement impactés par d’autres soucis de la vie quotidienne, la mercuriale, en constante augmentation, n’échappe malheureusement pas à ce qui est devenu une règle. Un petit tour dans les marchés de fruits et légumes de la capitale permettra de constater cette tendance haussière.  

Au marché Tnach, à Belcourt (Alger), les prix sont, pour le moins qu’on puisse dire, inabordables. Les haricots verts, dont le prix ne veut pas baisser depuis plusieurs mois, sont affichés à 360 DA. Ils sont suivis par les petits pois, cédés entre 200 et 250 DA. L’oignon est affiché à 160 DA le kilo, la courgette à 140 DA le kilo alors que la « reine » des tables algériennes, en l’occurrence la pomme de terre, celle-ci avoisine 100 DA le kilo, selon la qualité. La tomate est proposée à 170 DA, le fenouil et le navet sont cédés à plus de 80 DA. Même pour les légumes de saison comme l’artichaut, les prix ne baissent pas. Celui-ci est cédé à 170 dinars le kilo.  

Côté fruits, les prix défient toute logique. La banane a atteint 550 DA, les oranges coûtent plus de 250 DA, la fraise est à 370 DA et la pomme à 280 DA.  

Même chose chez les marchands de viandes rouge et blanche. Les prix sont hors de portée des petites et moyennes bourses. Pour le poulet, dont les prix étaient quelque peu accessibles, notre virée au marché Tnach nous a permis de constater qu’il était cédé à pas moins de 490 DA le kilo. Les prix des viandes rouges n’ont pas bougé. Mais ils restent encore très élevés en affichant 2 200 DA le kilo.  

Des mesures anti-inflation  

La régulation du marché national et la sécurisation de son approvisionnement en produits de base sont, aujourd’hui, la priorité du gouvernement. Ce dernier doit veiller sur le bon déroulement du mois de ramadhan, en application des instructions du chef de l’Etat. Pour ce ramadan 2023, les responsables essayent d’éviter la répétition du scénario de 2022, où les prix des produits alimentaires avaient affiché une tendance fortement haussière.  

Pour faire face à l’augmentation des prix, les autorités algériennes ont décidé de procéder au plafonnement des prix du poulet à 350 DA/kg, et ce au niveau de tous les points de vente et des succursales de l’Office national des aliments du bétail (ONAB), répartis au niveau national.  

Ainsi, à l’occasion du mois sacré du ramadhan, il est attendu l’arrivée sur le marché de 47 000 tonnes de viande blanche, dont 10 000 tonnes assurées par l’ONAB et 37 000 tonnes par des opérateurs privés soumis au contrôle sanitaire.  

Concernant la viande rouge, une quantité de plus de 20 000 tonnes sera importée et distribuée via 540 points de vente à travers le territoire, en plus des conventions signées avec les grandes surfaces de distribution et des boucheries privées, sous la condition de vendre à 1 200 DA le kilo.  

A travers ces mesures, les autorités visent à apaiser un tant soit peu la tendance inflationniste et permettre aux familles algériennes de vivre dignement. Cependant, les consommateurs algériens ont exprimé leur non-satisfaction, notamment les petites et moyennes bourses, qui estiment que ces prix demeurent toujours inaccessibles pour eux.    

D’autres mesures sont aussi prises dans cette même logique. Ainsi, le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a ordonné le déstockage progressif des fruits et légumes, ainsi que la mise sur le marché de quantités supplémentaires d’huile de table et de céréales en prévision du mois de ramadhan.  

Le ministre a également insisté sur la nécessité de poursuivre les campagnes de sensibilisation et de contrôle.  

De son côté, le ministère de la Pêche et des Productions halieutiques a signé des conventions avec deux conserveries de thon et une entreprise aquacole, visant à renforcer l’offre sur le marché de produits de transformation et d’aquaculture pour le mois de ramadhan prochain, et ce dans le cadre de l’opération de vente directe « du producteur au consommateur ».  

A travers cette convention, les deux conserveries ainsi que l’entreprise aquacole devront assurer aux marchés de la Rahma, ouverts durant le mois de ramadhan, à l’échelle nationale, la daurade et divers produits de conserverie, thon et sardines notamment, à des prix d’usine.  

Certes, des efforts sont consentis mais seront-t-ils suffisants pour permettre de maîtriser les marchés ? Ne faudrait-il pas aller vers des solutions durables qui permettraient de régulariser les prix et d’assurer leur contrôle ?  

L’Etat devrait continuer à lutter activement contre toutes les manœuvres spéculatives et autres pratiques frauduleuses de nature à augmenter les prix de manière injustifiée et à porter atteinte au pouvoir d’achat des Algériens.  

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