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Nationale

Appels à la reprise du Hirak en plein Covid-19: Un viol des foules inavoué

Appels à la reprise du Hirak en plein Covid-19: Un viol des foules inavoué

C’est le même modus operandi ! Des appels anonymes ou à visages découverts sur les réseaux sociaux, l’accentuation de certaines situations tragiques, la dramatisation de récits de faits divers, avec la sempiternelle litanie antisystème. Voilà les ingrédients d’une reprise de la protesta annoncée pour le 19 juin.

Ceux qui promettent le retour du Hirak en souhaitant la réédition du 22 février 2019 ce vendredi 19 juin 2020 feignent oublier que la situation sanitaire du pays reste très fragile, que le Covid-19 est loin d’être terrassé, en Algérie et à travers le monde, et surtout que les mesures de déconfinement total et partiel pour certaines wilayas nécessite un retour graduel à la vie normal, et surtout, et c’est le plus important, éviter au maximum les grands rassemblements de masses.
La preuve : mosquées, écoles, universités et stades sont toujours fermés.

Les récentes mesures du gouvernement sont justement soumises à l’épreuve du terrain pendant quinze jours et peuvent être remise en cause si d’aventures la courbe des contaminations venait à prendre une ligne ascendante.

Ceux qui crient au viol des foules par les médias publics, très vite estampillés médias propagandistes au service du pouvoir en place, sont en réalité en train de procéder à ce viol avec la même application que les organes qu’ils décrient pourtant nuits et jours. Avec un avantage majeur cependant, la liberté de déverser sur les réseaux sociaux foultitude d’informations décontextualisées, surdimensionnées, manipulées, tronquées et orientées.
Le but : provoquer un point de rupture dangereux entre le peuple et les autorités, battre en brèche toute information émanant des pouvoirs publics sous prétexte qu’elle est, au mieux, non crédible, au pire, fausse et à dessein !

Nous sommes bel et bien dans l’ère de la post-vérité ! Quoi de mieux que les réseaux sociaux pour amplifier ce phénomène, pour faire appel à l’émotion et aux opinions personnelles érigées en dogmes plutôt qu’aux faits objectifs et réels.

Le pathos est ainsi convoqué à grand renfort d’histoires personnelles de citoyens lambda dont la détresse devient tout d’un coup l’alibi parfait pour taper sur le système politique actuel accusé de tous les maux passés, présents et futurs.

Et l’épopée du Hirak du 22 février 2019 est magnifiée tel un récit de renouveau national. En réalité, elle l’est, car ce mouvement populaire sans précédent dans l’histoire contemporaine du pays a sauvé la République des affres d’une déchéance programmée.

Cet instant béni, atemporel et gravé à jamais dans la mémoire collective du peuple algérien est convoqué, lui aussi, pour justifier le retour des manifestations hebdomadaire du vendredi malgré la pandémie du coronavirus.

Pourquoi ces appels pour sortir le vendredi 19 juin sont en réalité un non-sens absolu ?
D’abord, parce que la situation sanitaire ne permet pas le regroupement de personnes au risque de déclencher une seconde vague de la pandémie en Algérie. Et au lieu du déconfinement, le pays se trouvera dans une situation de reconfinement et de quarantaine inutiles pour sa stabilité sociopolitique et son développement économique.

Ensuite, parce que l’Algérie d’aujourd’hui est très loin de l’Algérie du 22 février 2019. 

La pouvoir moribond de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika et la clique prédatrice ont été balayés par la volonté du peuple et de son armée qui, à l’unisson, ont vaincu les apôtres de la destruction programmée du pays.

Aujourd’hui, la gouvernance du président Abdelmadjid Tebboune, issue de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, s’attelle justement à rebâtir les fondements de l’Algérie, que le chef de l’Etat veut, nouvelle, une République où le citoyen sera souverain, en témoigne la démarche actuelle de la révision constitutionnelle, prélude de grands chantiers futurs.

Enfin, les appels à manifester oublient un fait majeur : la conjoncture régionale est tellement explosive et que les intérêts sont tellement exacerbés qu’une fragilisation du pays peut le faire basculer vers l’inconnu.
Certaines parties extérieures souhaiteraient voir ce scenario se concrétiser. Une Algérie vacillante, pis, chaotique serait une proie facile, une seconde Libye, un second Mali qui si elle le pouvait, s’occuperait de ses problèmes au lieu de s’affirmer comme une puissance régionale incontournable dans la résolution des conflits qui la ceinturent.

Ainsi, au lieu d’appeler les Algériens à manifester, un folklore hebdomadaire, plus qu’une conviction politique, ces voix seraient mieux inspirés de lancer des appels à la solidarité nationale, à l’entraide citoyenne pour vaincre le Covid-19 et surtout pour bâtir le pays sur des bases solides, citoyennes, où l’élan du Hirak béni se traduit sur le terrain par la création de partis politiques et d’un fort tissu du mouvement associatif. Le temps est à la reconstruction, pas aux palabres encore moins aux surenchères politiciennes aux desseins inavouées. 
 

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