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Nationale

Annaba ouvre ses bras au Ramadhan

Annaba ouvre ses bras au Ramadhan

A quelques jours qui nous séparent du ramadhan et sur fond de Hirak populaire, Annaba, à l’instar du reste des régions du pays, se prépare à accueillir ce mois ‘’sacré’’, événement synonyme pour de nombreux ménages de charges supplémentaires.
En plus du côté spirituel du mois de ramadhan qui constitue, pour de nombreuses familles annabis, l’occasion pour se rassembler autour de la fameuse ‘’chorba’’ et partager des moments ‘’spéciaux’’ que ce seul rendez-vous religieux arrive à créer, le mois du jeune devient, faut-il en convenir, de plus en plus insupportable à gérer par une grande frange de la société confrontée, pour la plupart d’entre-elle, à un quotidien difficile, résultat de la dégradation du pouvoir d’achat notamment.
Ainsi, à moins d’une semaine du ramadhan, les prix des fruits et légumes flambent déjà dans les marchés de Annaba. Une petite virée à travers les principaux marchés de la ville, en l’occurrence le marché de fruits et légumes d’El-Hattab et celui dit couvert du centre-ville, renseigne, on ne peut mieux, de cette triste réalité, devenue traditionnelle durant chaque ramadhan.
Les revendeurs, comme à l’accoutumée, au marché d’El-Hattab, lieu le plus fréquenté par les ménages à longueur d’année, plus particulièrement durant ce mois sacré, saisissent cette occasion pour majorer les prix de leurs produits, sachant pertinemment que les consommateurs sont contraints d’acquérir certains légumes, ingrédients indispensables pour la chorba du ramadhan. Bien avant l’arrivée de cet évènement religieux, les prix des légumes ont commencé à faire leur ascension au point de désorienter la ménagère. Cette ascension des prix donne d’ores et déjà un aperçu inquiétant de ce que sera la mercuriale durant le mois de ramadhan. A titre illustratif, la pomme de terre, vendu il y a quelques jours seulement, entre 40 et 45 da le kilogramme, est désormais proposé un peu partout à Annaba, entre 50 et 55 da. Le client est trop souvent contraint, quand il le peut, de fouiner dans les cageots à la recherche de quelques pièces encore intactes. La tomate et le poivron ont vu leurs prix majorés de respectivement de 20 et 25 da pour être cédés entre 80 et 120 da le kilogramme. Les amateurs de hors d’œuvres sont contraints d’acquérir la salade, produit très prisé par les jeûneurs, à 80 da le kilogramme alors qu’elle était proposée, il n’y a pas très longtemps, à 30 da le kilogramme. 

La flambée des prix semble n’épargner aucun produit alimentaire, nous a confié cette dame qui parait désorientée face à frénésie des prix qui a, non seulement touché les légumes et les fruits, mais également d’autres produits tels ‘’le fric’’, denrée essentielle pour la préparation de la délicieuse chorba fric de ramadhan, maîtresse incontournable garnissant la Meïda de côté fruit, et à défaut de savourer certains produits dont leurs prix ont été saisis par cette hausse vertigineuse allant, pour les pêches ; cédés il quelques jours seulement, à 100 da le kilo, sont proposés à la coquette somme de 180 da le kilogramme, les raisins font de ’’timides apparitions’’ en affichant des prix exorbitants 300 da le kg. Il va sans dire que d’autres commerces spécifiques à ce mois de jeunes suivront la valse des prix, à partir du premier jour de ce mois sacré, à l’exemple des revendeurs à la sauvette des fines herbes et des pois chiches mouillés.
Les prix des viandes rouges et blanches connaitront la même frénésie des prix. Le kilo du poulet oscille entre 230 à 250 kg et celui de la viande rouge en 1000 et 1500 da. De nombreuses ménagères et chefs de foyers, face à la cherté de la vie et à la détérioration de leur pouvoir d’achat, se disent contraints à réduire leur train de vie et à changer leurs habitudes culinaires. D’autres plus ‘’calculateurs’’ ont économisé, au fil des mois, les sommes nécessaires pour « passer normalement le ramadhan ». L’ère des tables bien garnies semble révolue. Cette année, selon une ménagère rencontrée au niveau du marché du centre-ville, on se contentera d’une chorba et d’un plat amélioré. Le dessert sera constitué de flan et autres délices économiques préparés à la maison tels la Besboussa ou la H ’rissa, a déclaré à l’index, cette enseignante de profession. Des charges très laborieuses pour les petits ménages et mêmes les bourses moyennes.
En effet, en plus des dépenses inhérentes au ramadhan, les ménagères redoutent également celle de l’Aïd El-Fitr, avec les variétés de gâteaux à préparer et vêtements neufs à acheter aux enfants. L’austérité et les restrictions financières déjà constatées l’année dernière au niveau des budgets d’un grand nombre de foyers, seront également de mise cette année. A la fin du mois de ramadhan, et inévitablement, certains tenteront tant bien que mal de combler ‘’les trous’’ de leur budget, d’autres calculeront, par contre, les gains amassés en ce mois de piété …
Nabil Chaoui

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