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Nationale

Annaba : L’informel inonde la ville

Annaba : L’informel inonde la ville

La période de confinement durant la pandémie du coronavirus que traverse Annaba montre, bel et bien et sans ambiguïté, que les marchés de commerce frauduleux sont entrain de prendre des proportions alarmantes. Les chiffres de la direction du commerce et de la concurrence des prix témoignent de l’ampleur des dégâts.

Marchandises périmées, vente sur les trottoirs, trafics sur les prix, le constat est accablant. Le citoyen n’en peut plus. Entre la poste pour retirer un peu d’argent – s’il arrive !- et son marché, c’est devenu un exploit. En ces temps de crise et de maladie, les services du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes de la wilaya d’Annaba s’activent comme ils le peuvent. Ces services ont procédé pendant la dernière quinzaine du mois d’août à 2291 interventions et dressé 418 PV qui ont été transmis à la justice. 101 échantillons ont été prélevés pour analyses en laboratoire, dont 43 se sont avérés non conformes aux normes admises. Ces analyses physicochimiques et microbiologiques ont concerné les viandes rouges et blanches, le lait et ses dérivés, les produits de la pâtisserie, les différentes boissons gazeuses ainsi que les huiles de table.

D’autres infractions à la réglementation du code de commerce ont été relevées par les agents de la DCP de la wilaya, comme le défaut de registre de commerce, non respect des règles d’hygiène et de la réglementation en vigueur régissant la pratique commerciale. L’ensemble de ces interventions a donné lieu à la proposition de fermeture administrative de 25 locaux commerciaux et à la saisie de 15 tonnes de marchandises d’une valeur marchande totale de plus de 3 million de DA.

Les brigades mixtes composées, d’agents de la DCP, de services d’hygiènes de la commune et de vétérinaires détachés par l’inspection ont redoublés d’efforts pour que le citoyen trouve un peu de sérénité dans sa vie quotidienne, déjà menacé par le nouveau coronavirus. Cependant, il faut signaler que le travail fort louable qu’accomplissent ces agents et les efforts qu’ils déploient pour protéger le consommateur et veiller à la santé publique n’arrivent malheureusement pas à stopper, du moins freiner la fraude, qui atteint des proportions alarmantes et tend à se multiplier.

Avec la rentrée scolaire, c’est la même débandade avec la criée, concernant la vente des produits scolaires.
En effet, ce sont des centaines de vendeurs à la sauvette qui sont revenus en force au niveau de la rue Gambetta et au marché populeux d’El Hattab, pour proposer toutes sortes d’articles, exposés à même le sol sur les trottoirs et parfois même sur la chaussée. Ces derniers qui agissent en terrain conquis, ne font l’objet d’aucune forme de contrôle, malgré le fait qu’ils proposent la plupart du temps des marchandises de très mauvaise qualité et parfois même périmées. Les gens attirés par les prix très abordables croient faire une bonne affaire, mais ils se rendent compte plus tard qu’ils ont été dupés. Mais le mal est déjà fait.

Contactés, des agents de la direction de commerce sont formels : « La direction de la concurrence et des prix s’en lave les mains. La voie publique n’est pas de notre ressort, nos agents ne peuvent contrôler que les commerces établis et inscrits ».

Ce genre de contrôle dépend des services de police. Mais, la police n’a pas reçu d’instructions dans ce sens, la voie publique relève de la compétence de la commune, qui ne veut pas procéder au « nettoyage », de crainte d’avoir à affronter les milliers de jeunes au chômage et la situation perdure. Il y a bien eu par le passé des opérations coup de poing pour réprimer ce type d’activité, mais cela est resté limité dans le temps puisque invariablement, l’informel revient en force. La situation du commerce informel et de la fraude font des ravages à Annaba. Et les autorités, comme constaté de visu, ne font rien.

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