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Nationale

Annaba : Le gouffre de la hausse des prix

Annaba : Le gouffre de la hausse des prix

A Annaba, quand le pouvoir d’achat du citoyen baisse, le commerce informel prend des ailes. Aujourd’hui, en ce mois de septembre, rien ne va plus. Les fournitures scolaires, les denrées alimentaires, les factures d’électricité et de loyer ainsi que les dépenses pour le transport sont devenues de lourdes charges pour le commun des citoyens, mais cela ne date pas d’aujourd’hui.

Depuis des années déjà, le pouvoir d’achat du citoyen algérien est mis à rude épreuve mais la pandémie de coronavirus a aggravé les dégâts. La hausse des prix des fruits et légumes a touché l’ensemble des produits de consommation. Sur les visages des citoyens, la gêne est visible. Les prix font peur. Personne ne peut expliquer cette furie des prix, surtout après les promesses des responsables de rendre la vie plus abordable. La pomme de terre est à 100 DA, la carotte frise les 90 DA et la salade est à 200 DA. Trop coûteux pour le consommateur, surtout s’il a une famille nombreuse. «Je ne sais plus comment vivre, quoi manger et quoi faire pour continuer de vivre.

A peine ma paye touchée, et me voilà en train de rembourser le commerçant voisin», a déclaré au Jeune Indépendant Rachid, magasinier dans une école primaire. Le constat est amer : plusieurs marchés de la ville d’Annaba affichent des prix deux à trois fois plus chers qu’il y a juste une année. Interrogés, les commerçants rejettent la responsabilité sur les marchands de gros. «Ils ont procédé à une hausse et nous ne faisons que suivre la chaîne», justifient-ils. De leur côté, les grossistes rejettent la faute sur les détaillants. Dans les boutiques de prêt-à-porter, c’est pareil.

Un pantalon pour enfant de 10 ans coûte 3 000 DA, une chemise 2 000 DA. «C’est insensé. Où sont passés les contrôles promis par le ministre du Commerce (…) c’est scandaleux qu’on laisse ces commerçants vendre leurs produits à des prix exorbitants», s’exclame une femme. Interrogé à ce sujet, un commerçant de vêtements répond : «Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas approvisionnés en vêtements à partir de la Turquie, et il semble que tous les parents cherchent des vêtements importés pour leurs enfants. Vous devriez savoir que nous avons, nous aussi, des frais à payer».

Côté marché El-Hattab, le kilo du poulet avoisine les 500 DA et les viandes rouges  sont cédées entre 1 500 et 2 000. Il convient de noter que seulement quelques rares personnes aisées s’approchent des étals pour s’approvisionner. Un vieillard, surpris en train de guetter une tranche de viande, a déclaré : «Je ne rêve plus d’une tranche de steak, c’est aujourd’hui pour moi du passé.

Et le poulet est en train de devenir, lui aussi, du passé pour moi.» Il convient de souligner que les agents de la direction du commerce contrôlent la qualité et le prix de chaque produit contrôlé mais se heurtent parfois aux lois du marché de l’offre et de la demande.

Leur action se limite donc à un regard sur les défauts d’étiquetage, la date de péremption et l’hygiène du produit. A Annaba, au dernier recensement, on comptait 37 300 familles nécessiteuses. Elles ne bénéficient des aides de l’Etat que durant le mois de ramadhan ou pour la rentrée scolaire.

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