-- -- -- / -- -- --


Nationale

Anesthésistes-réanimateurs : La grève suspendue, le dialogue relancé

Anesthésistes-réanimateurs : La grève suspendue, le dialogue relancé
Professional senior adult Caucasian female anesthesiologist is sedating patient before surgical procedure in hospital operating room. Surgeon is supervising while prepping patient for surgery. Young adult African American female patient is laying on operating table.

Initialement prévu pour débuter le 2 juin, le mouvement de grève nationale de deux jours, brandi par le Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (Snaamarsp), n’a finalement pas eu lieu. Saisi en référé par le ministère de la Santé, le tribunal administratif de Blida a ordonné le gel du débrayage. Si l’organisation syndicale affirme se conformer à la décision de justice, elle maintient toutefois ses revendications et appelle à l’ouverture d’une médiation officielle pour sortir de l’impasse.

 

Le bras de fer engagé depuis plusieurs mois entre le ministère de la Santé et le Snaamarsp a ainsi pris une tournure judiciaire. Dans un communiqué rendu public ce mardi, le département ministériel a annoncé avoir obtenu une ordonnance en référé ordonnant la suspension immédiate du mouvement de grève.

 

Selon le ministère, l’ordonnance, enregistrée sous le numéro 26/01182 et revêtue de la formule exécutoire sous le numéro 26/216, impose le gel du débrayage jusqu’au règlement définitif du litige sur le fond. La décision a été notifiée au syndicat par voie d’affichage.

 

La tutelle a, ainsi, appelé l’ensemble des professionnels concernés à poursuivre normalement leurs activités afin d’assurer la continuité du service public et une prise en charge optimale des patients.

 

La réaction du partenaire social ne s’est pas fait attendre. Par le biais d’un communiqué diffusé hier matin, le Bureau national du Snaamarsp, présidé par Mohamed Amine Bendali, a annoncé la suspension du mouvement de protestation, soulignant son « respect total et absolu des décisions de justice ».

 

Le syndicat a ainsi donné l’instruction à ses sections locales de mettre fin au mot d’ordre de grève dans l’ensemble des établissements hospitaliers du pays.

 

Tout en saluant la discipline de ses adhérents, l’organisation syndicale a tenu à rappeler que les services d’urgence, ainsi que le service minimum dans les blocs opératoires, avaient été préalablement organisés afin de garantir la sécurité des malades. Pour ses responsables, cette suspension ne signifie nullement un abandon des revendications, mais constitue une étape imposée par la procédure judiciaire.

 

Déterminé à poursuivre son action par d’autres voies, le Snaamarsp réclame désormais l’activation des mécanismes de médiation prévus par la loi n°23-08 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail ainsi que par le décret exécutif n°23-363 du 17 octobre 2023.

 

Le syndicat demande la désignation d’un médiateur « compétent et neutre » chargé de faciliter le règlement d’un conflit qui, selon lui, perdure depuis plusieurs années sans avancées concrètes.

 

Cette revendication intervient alors qu’une réunion de conciliation entre les représentants du ministère et ceux du syndicat s’était tenue le 24 mai dernier sans parvenir à rapprocher les positions des deux parties. De son côté, le ministère de la Santé assure que les portes du dialogue demeurent ouvertes, tout en insistant sur la nécessité de préserver l’intérêt général et le fonctionnement normal des structures sanitaires.

 

Le statut particulier au cœur du conflit

 

À l’origine de cette crise, figurent plusieurs revendications professionnelles que les anesthésistes-réanimateurs jugent essentielles. Le syndicat dénonce notamment une « marginalisation » de cette catégorie lors de l’élaboration des textes réglementaires régissant la profession.

 

Parmi les principales revendications, figurent la révision du statut particulier des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation, la valorisation des diplômes et de l’expérience professionnelle, l’élargissement des perspectives de promotion et d’accès aux postes de responsabilité, ainsi que le renforcement de la protection juridique des praticiens exerçant dans les blocs opératoires.

 

Les représentants de la profession réclament également une meilleure reconnaissance des risques professionnels liés aux activités d’anesthésie et de réanimation, considérées parmi les plus sensibles du secteur de la santé.

 

Face à ce qu’il considère comme un blocage persistant, le Snaamarsp a choisi d’interpeller directement les hautes autorités de l’État afin d’obtenir une révision des textes contestés et une prise en charge effective de ses revendications.

 

Le syndicat affirme attendre désormais une réponse officielle et écrite de la tutelle, accompagnée d’un calendrier précis de mise en œuvre. À défaut, il se réserve le droit de recourir à « tous les moyens légaux et légitimes » pour défendre les intérêts de la profession.

 



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email