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AMPTA renvoie ses travailleurs et recrute d’autres

AMPTA renvoie ses travailleurs et recrute d’autres

La grève enclenchée à la société ArcelorMittal Pipes et Tubes Algérie (AMPTA), ex-Tuberie Sans Soudure (TSS), depuis avril dernier, se poursuit, a-t-on appris hier auprès de Lotfi Farah, secrétaire général du syndicat d’entreprise.

« Nous poursuivons notre grève parce qu’elle est légale et toutes les procédures réglementaires ont été observées lors de son enclenchement (…)

Ce qui nous désole dans ce mouvement de protestation, ce sont les différentes réactions de l’administration du groupe Sider (détenteur de 51% des capitaux du complexe sidérurgiques d’El-Hadjar, ndlr) qui cherche à faire diversion entre les travailleurs d’AMPTA », nous a-t-il déclaré.

Prié de s’expliquer, il nous révélera que la direction d’AMPTA, sur injonction du groupe Sider, a accordé une avance de 30 000 dinars sur salaire à 100 travailleurs sur les 350 que compte l’entreprise (…) C’est une manœuvre à l’approche de l’Aïd El-Adha, les décideurs de cet octroi appliquent la devise « diviser pour mieux régner ».

Il faut signaler qu’après les 29 travailleurs licenciés en août dernier, 15 autres ont été interdit d’accès, jeudi dernier, au complexe sidérurgique d’El-Hadjar en attendant de recevoir leur licenciement.

Pis encore, la direction générale d’AMPTA envisage dans les prochains jours le recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée pour faire démarrer les machines de production, devant l’insistance de Sonatrach exigeant ses commandes en tuberie, faute de quoi les pénalités de retard seront comptabilisées à la hausse.

Pour le moment, les pénalités entre AMPTA et Sonatrach avoisinent les 135 milliards de centimes qui sont applicables depuis le mois de juin dernier.

Des sources proches d’ArcelorMittal Algérie expliquent le pourquoi d’AMPTA, détenue à 70% par ArcelorMittal group, de procéder à de prochains recrutements : « Il faut satisfaire la commande de Sonatrach pour éviter des commandes extérieures, surtout dans ces moments de crise économique », nous a-t-on déclaré.

 Pour rappel, Sonatrach avait importé en 2009/2010, avant son contrat avec AMPTA, l’équivalent de 731 millions de dollars en tuberie alors que les travailleurs de l’ex-TSS connaissaient les pires difficultés. 

C’est quoi AMPTA ?

ArcelorMittal pipes et tubes Algérie (AMPTA), ex-TSS, Tuberie sans soudure, est une société de droit algérien qui emploie 350 salariés. Elle est la seule usine de fabrication de tubes sans soudure (seamless) en Algérie et au Maghreb, et ses fabrications de haute qualité sont destinées aux puits de forages gaziers ou pétroliers, soit à l’élaboration des conduites de transport de gaz ou de pétrole dans le réseau de distribution ou dans la connexion des puits.

AMPTA fournit également des tubes destinés aux forages hydrauliques et au transport de l’eau. Créée en 1976, avec une production de 30 000 tonnes, elle a déjà posé 15 000 km en Algérie. Son slogan « Algérien d’un bout à l’autre du process de fabrication », c’est-à-dire du minerai au tube de haute qualité.

La capacité réelle de l’usine de Tuberie sans soudure est de 45 000 tonnes/an. Sa problématique actuelle : malgré ses efforts en termes de production, d’investissement et d’embauche, l’ex-TSS, bien avant la commande de Sonatrach et Sonelgaz, n’arrivait pas à remplir son carnet de commandes.

Elle n’avait obtenu en 2009 qu’une seule commande de 400 tonnes, soit l’équivalent de 4 jours de travail, alors que les besoins en tuberie en Algérie sont estimés à plus de 200 000 tonnes/an. AMPTA n’a bénéficié que de 1,42% des parts de marché algérien en 2009/2011. Puis, plus rien.

La cause directe : l’importation de l’étranger d’importantes quantités en tuberie, négligeant ainsi les stocks en tubes de TSS alors que les capacités de pose et l’utilisation sont limitées.

Durant cette même période, l’Algérie avait importé 800 000 tonnes en deux ans alors que le même produit existait au niveau du complexe sidérurgique d’El-Hadjar. Mais le miracle arrivera par Smaïn Kouadria et le patron de la centrale syndicale UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd. Le 20/12/2012, le conseil syndical du complexe sidérurgique d’El-Hadjar crie sa colère et monte au créneau pour dénoncer ce scandale sans précédent qualifié de « tuerie à petit feu ».

A la tête du syndicat d’ArcelorMittal, Smaïn Kouadria, aujourd’hui député sur la liste du Parti des travailleurs, dénoncera dans une lettre SOS que« 41,45% des besoins en tubes de l’entreprise Sonatrach durant l’exercice 2009/2010, pour un montant de 731 millions de dollars, ont été importés via des traders, de véritables biznassa alors que les travailleurs de TSS connaissaient les pires difficultés pour vendre leurs produits ».

Et d’ajouter avec dépit : « On tue les entreprises algériennes au profit des traders/biznassa », avant de se poser des questions : Où est la protection du produit national ? Où est la préférence nationale en pareil cas ? Etat régulateur où es-tu ? Concernant Abdelmadjid Sidi Saïd, saisi par ses syndicalistes de l’époque, il usera de toute son influence auprès du PDG de Sonatrach de l’époque pour amener d’importantes commandes à AMPTA sous le slogan : « Consommons algérien ».

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