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Culture

Amine Zaoui parle de l’apport des écrivains dans les différentes langues

Amine Zaoui parle de l’apport des écrivains dans les différentes langues

Le coup d’envoi de la 5e édition des journées littéraires a été donné, avant-hier soir, à la maison de la culture Hassan-El Hassani, en présence de l’écrivain Amine Zaoui et de nombreux poètes venus de plusieurs wilayas du pays et d’un public amateur des belles lettres et de poésie.

Dans son intervention intitulée « La révolution dans la littérature algérienne moderne », l’écrivain et universitaire a mis en exergue l’apport des écrivains algériens à la résistance du peuple contre le colonisateur dans les différentes expressions linguistiques.

Ne voulant pas être un orateur d’une chaire universitaire pour donner une conférence académique, il dira avec humilité qu’il laissera parler son cœur de patrimoine culturel algérien en adressant un hommage particulier aux poètes venus des différentes régions d’Algérie.

Evoquant la culture, l’écrivain Zaoui considère qu’elle est aussi une forme de militantisme car elle porte en elle les valeurs humanistes telles qu’exprimées dans plusieurs langues pour porter la révolution algérienne.

Et de faire remarquer que c’est la poésie populaire qui a le plus contribué à la Révolution de par, outre sa beauté intrinsèque comme exprimée par Benkriou, Mustapha Benbrahim, des poètes d’envergure comparables au Français Baudelaire.

Et la poésie d’expression amazighe telle que produite par Si Mohand Umhand dont la beauté est comparable à celle de Rimbaud, eu égard à la profondeur de ses mots qui se perdent dans les tréfonds de l’histoire algérienne, dira l’orateur.

Ce sont surtout les écrivains d’expression française de la 1re génération tels que Ouari, Dib, Haddad, Feraoun, Mammeri, Djebbar, qui ont fourni un soutien indéniable à la révolution armée, en produisant une écriture dite d’algérianisation de la langue française comme l’a voulue Kateb Yacine.

A propos de ces écrivains, l’écrivain Louis Bertrand, européen d’Algérie, déclarera que leurs œuvres sont devenues nos livres de chevet et que, de la sorte, ils sont arrivés dans nos chambres à coucher. La littérature d’expression française a réussi à changer l’opinion française sur la question de l’Algérie, en se faisant aider par des maisons d’édition telles que Grasset, seuil, Minuit, Denoël qui, dans le contexte des années 50, avaient pris le risque de publier les livres pour être ensuite traduits vers d’autres langues.

Sur la poésie populaire, Zaoui dira qu’elle était de type traditionnel, manquant d’esthétique mais véhiculant la profondeur de la pensée populaire de l’époque, comme d’ailleurs la Révolution d’octobre 1917 et celle de la Seconde Guerre mondiale qui n’ont pas beaucoup survécu parce qu’ayant été utilisée pour la consommation immédiate pour les besoins de propagande.

« La décennie noire a amené à la relecture des œuvres sur la révolution algérienne et donné l’occasion de parler de certaines personnalités dont les noms étaient tabous, tel que Messali El Hadj, permettant aussi de dépasser le côté sacré des choses pour s’intéresser à certaines zones d’ombre de la Révolution mais pas sur l’écriture de l’histoire qui est l’œuvre des seuls historiens. »

Les débats qui ont suivi ont été exprimés dans les langues arabe et française aussi bien par Zaoui que par les intervenants, fait qui est venu bousculer un tabou dans une région où la tradition voudrait qu’une seule langue soit d’usage.

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