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Nationale

Amendement de la loi sur la monnaie : Riche débat et vif intérêt des députés

Amendement de la loi sur la monnaie : Riche débat et vif intérêt des députés

En attendant le vote en plénière prévu demain, les parlementaires de l’Assemblée populaire nationale (APN), intervenant avant hier au débat sur le projet de loi complétant et modifiant l’ordonnance relative à la monnaie et au crédit, ont mis l’accent sur l’importance d’orienter le mécanisme de financement non conventionnel vers l’économie productive et les activités créatrices de richesse.

Belkacem Sahli, de l’ANR, a estimé que la réussite de cette mesure qui constitue la pierre angulaire dans la mise en œuvre du plan d’action du gouvernement, est tributaire de son orientation vers le financement des activités productives.

Selon lui, cette mesure doit être accompagnée par des réformes économiques profondes qui passent par la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration du climat des affaires, la révision des aides de l’Etat et la suppression progressive de la règle 49/51 régissant les investissements étrangers en Algérie.

Pour Aicha Touta, du TAJ, il est nécessaire d’exploiter ce mécanisme pour augmenter la production nationale et encourager l’investissement en accordant la « priorité » aux secteurs de l’agriculture, des finances et des infrastructures commerciales.

D’autres députés ont exprimé leurs appréhensions quant à cette mesure, ajoutant « qu’elle entraînera une forte inflation, une chute du pouvoir d’achat et une dépréciation de la monnaie nationale « .

Dans ce sens, le député Lakhdar Ibrahimi, du MSP, estime que le recours à cette mesure « superficielle » est le résultat de choix « unilatéraux » et de « fausses » politiques, soulignant la nécessité de se focaliser sur la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale, le marché parallèle, le recouvrement des crédits octroyés et la révision des fonds spéciaux.

De son côté le député Youcef Berchid, de la même formation politique, a qualifié cette mesure de « grand risque » susceptible de saper la confiance en la politique monétaire nationale, appelant à définir le volume de la masse monétaire qui sera émise par la Banque d’Algérie dans le cadre du financement non-conventionnel.

Pour sa part, un autre parlementaire du MSP a affirmé qu’il n’y avait pas lieu de comparer l’application de ce mécanisme de financement aux Etats-Unis et au Japon avec sa mise en œuvre en Algérie, qui a une économie fragile.

Pour sa part, la députée Nadia Chouitem du Parti des travailleurs (PT), estime que la « crise financière prévalant est due à des « politiques erronées » et non pas à la baisse des prix du pétrole », mettant en exergue « les fonds importants non recouvrés par l’Etat en raison de l’évasion fiscale et de la mauvaise gestion des deniers publics ». Elle a par ailleurs déploré l’absence de mécanismes de contrôle concernant cette démarche.

La députée Khadidja Boudine, du PT, a indiqué que le gouvernement avait recouru à une solution « magique » au lieu de trouver les « motifs réels de la crise » qui est survenue en raison de la mauvaise gestion et du détournement des deniers publics ».

Mohamed Mokrane, du Front El-Moustakbal, a appelé à réduire la période d’application du financement non conventionnel à trois ans au maximum. Dans ce contexte, le député RND Rahmani Khaled a mis l’accent sur l’importance d’une réforme profonde du système bancaire.

Un avis partagé par Abdelkader Hadjoudj, du FLN, qui a estimé impératif de garantir un environnement économique propice à la consécration des nouvelles mesures financières sans tomber dans l’inflation. Pour Hadjoudj, le financement non conventionnel est en soi « limité dans le temps », ce qui en fait un une solution positive à même de favoriser le rétablissement des équilibres financiers.

Par ailleurs, le député Lakhdar Benkhellaf, de l’Union Ennahda-Adala-Binaa, n’a pas caché ses appréhensions quant aux conséquences négatives du recours au financement non conventionnel, notamment la hausse de l’inflation, l’érosion du pouvoir d’achat et la dépréciation de la monnaie nationale. Il a estimé que l’économie nationale souffrait d’un déséquilibre structurel grave qui requiert des réformes profondes et rapides.

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