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Nationale

Amar Ghoul a-t-il qualité pour appeler à un consensus national ?

Amar Ghoul a-t-il qualité pour appeler à un consensus national ?

Amar Ghoul a appelé ce dimanche à ouvrir une nouvelle page et privilégié l’option du consensus national au détriment des calculs partisans et étroits. Le mot consensus peut enfin sortir de la bouche des partis de la coalition présidentielle.

Ce qualificatif emprunté à l’opposition n’est guère aujourd’hui un tabou. Lors du premier congrès national de son parti, Ghoul a affirmé que l’Algérie « fait face à plusieurs défis liés à la sécurité et à la stabilité et d’autres d’ordres socioéconomique, politique, régional et international, qui requièrent de nous d’accélérer l’aboutissement à un consensus national afin d’y faire face », appelant à l’impératif de « tourner la page des différends, de faire des concessions pour l’Algérie et d’aboutir à un consensus national » en vue de « lancer des réformes fortes et audacieuses dans tous les domaines ». Le leader de TAJ est allé encore plus loin pour expliquer ce terme. Selon lui, le consensus national « vise également à consolider l’Etat de droit, les libertés démocratiques et les droits de l’homme ». Ainsi pour Amar Ghoul, cela équivaut a une remise en question de tous les progrès réalisés jusque-là en matière de démocratie et de système de gouvernance. Il s’agit donc d’ouvrir une nouvelle page et ce dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale.

Après avoir affirmé l’engagement de son parti aux « principes et décisions » de l’alliance présidentielle, Ghoul a réitéré le « soutien constant » et permanent de son parti au président de la République Abdelaziz Bouteflika ». En revanche il n’a pas appelé, comme attendu, le président Bouteflika à briguer un 5e mandat. Cette démarche ressemble étrangement à celle du FFS qui n’a pas arrêté, depuis plus de cinq ans, de proposer l’organisation d’une conférence sur le consensus national. Le pouvoir actuel est bien obligé de négocier avec une partie de l’opposition pour arrêter conjointement une nouvelle feuille de route démocratique. La méfiance séculaire doit disparaître pour laisser place à un vrai dialogue politique, absent depuis des décennies. En ce sens, la proposition du FFS, qui veut rapprocher les deux parties (État et opposition) pour un consensus national, mérite d’être soulignée.

Le consensus national est la seule arme de dissuasion pour éviter à l’Algérie de sombrer dans le chaos. L’appel du président de TAJ a été reçu cinq sur cinq par le coordonnateur de l’Instance dirigeante du FLN, Moad Bouchareb, puisque ce dernier s’est dit ouvert a toute proposition qui garantirait l’unité et la stabilité du pays. Parlant au nom des cinq dirigeants de l’Alliance présidentielle, celui-ci a indiqué que cette structure est « ouverte » à toute proposition « constructive » garantissant la poursuite de la mise en œuvre du programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika : « Nous sommes ouverts à toute bonne initiative et proposition constructive et pleinement disposés à les examiner, en vue de garantir la poursuite de la mise en œuvre du programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika, et la marche glorieuse de l’Algérie » dit-il. L’Alliance « demeurera fidèle à sa ligne consacrant l’approfondissement et le parachèvement du processus des réformes politiques initiées par le président de la République, outre le renouvellement du projet économique du pays, la préservation de sa stabilité et la consolidation de son développement », a-t-il ajouté. Soulignant que l’ouverture à laquelle croit l’Alliance est dictée par « la logique du pluralisme politique et imposée par l’intérêt suprême du pays », Bouchareb a précisé que « l’Alliance, cette locomotive politique qui compte une large base populaire, une vision nationale claire et une grande expérience, est toujours prête à préserver les acquis réalisés ces 20 dernières années. Défendre l’Etat est un devoir constitutionnel et moral à ne pas négliger », a-t-il estimé, rappelant que l’Alliance

présidentielle est « un espace politique soutenant le président Bouteflika et son programme prometteur et ambitieux. Une démarche qui s’applique loin de toute surenchère ou tout monopole sur le nationalisme, la démocratie, l’islam, l’arabité ou l’amazighité, tout en évitant de considérer les autres comme ennemis », a-t-il soutenu, soulignant que « tous, partisans et opposants, ont en partage la même Nation ». Un appel du pied a l’endroit des partis de l’opposition pour tracer une feuille de route commune. Mais sera-t-il pour autant entendu ?

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