-- -- -- / -- -- --


Nationale

Pourquoi les Algériens ne se font pas vacciner ? 

Pourquoi les Algériens ne se font pas vacciner ? 

Au moment où le variant Omicron déferle sur l’Algérie, la majorité de la population refuse obstinément de se faire vacciner. Le  citoyen algérien a longtemps attendu l’arrivée des premières doses de vaccin anti-Covid-19 qui ont permis le lancement de la campagne de vaccination à la  fin de janvier 2021.

Paradoxalement, une grande partie de la population, y compris le personnel soignant, n’adhère pas à la campagne de vaccination et affiche une réticence à la vaccination, pourtant reconnue par les spécialistes comme étant  la seule solution pour sortir de la crise sanitaire. Déni de l’existence du virus, crainte des effets secondaires du vaccin, manque de confiance en un vaccin mis sur le marché rapidement. Pourquoi les Algériens ne se font pas vacciner ?

L’objectif de faire vacciner 70% de la population est loin d’être atteint. Les différentes campagnes de sensibilisation et de vaccination n’ont pas réussi à faire adhérer la population. Mis à part le «rush» sur les centres de vaccination lors de la troisième vague du coronavirus, l’été dernier, ces derniers n’attirent plus grand monde. Seulement 12 millions de doses de différents vaccins ont été utilisées, faisant ressortir que 6 996 002 personnes en ont reçu une seule dose, 5 763 106 personnes en ont reçu deux et 147 250 personnes une troisième dose, selon les derniers chiffres du ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid. Soit un taux ne dépassant pas les 28%.

Les doses de vaccin peinent donc à trouver preneur, faisant échouer les campagnes de sensibilisation mais aussi les différentes campagnes de vaccination organisées par plusieurs secteurs, à l’instar des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Les efforts consentis pour faire adhérer la population à la vaccination n’ont pas donné les résultats escomptés. La campagne de vaccination massive, organisée du 4 au 11 septembre 2021, sanctionnée par le «Big day», n’a pas convaincu les anti-vaccins. Plusieurs motifs sont évoqués par cette catégorie de personnes qui doute de l’efficacité de ce vaccin, «concocté en quelques mois».

Meriem, universitaire, résiste toujours. Elle refuse de se faire vacciner. Le manque d’informations sur ce vaccin a suffi pour nourrir ses doutes. «On n’est pas bien informé sur ce vaccin. On entend parler beaucoup plus de ses effets secondaires que de ses bienfaits», a-t-elle précisé, préconisant une meilleure communication des autorités sanitaires. Les délais très courts de fabrication du vaccin anti-Covid ne rassure pas aussi Meriem, sachant que les procédés de fabrication d’un vaccin sont souvent très longs et complexes. Or, cette fois-ci, le vaccin anti-Covid a été mis sur le marché en un temps record. «Je ne peux pas faire confiance à un vaccin mis sur le marché quelques mois seulement après l’apparition du coronavirus, lequel ne cesse de muter.

Qu’en est-il de tous ces variants ? Ce vaccin va-t-il nous protéger contre ces nombreux variants ?», s’est-elle interrogée, affirmant être complètement confuse. D’autres ont choisi de continuer à se prémunir contre ce virus invisible avec seulement le respect des gestes barrières. «Je préfère me protéger que de faire ce vaccin», nous a affirmé Lynda, qui doute de l’efficacité de ce vaccin. 

Sur la Toile, beaucoup se dit sur ces vaccins anti-Covid. Des rumeurs circulent sur de potentiels effets secondaires, notamment sur le fait que le vaccin contre la Covid-19 présenterait un risque pour la fertilité des hommes et des femmes. Des motifs, qualifiés de «farfelus» sont également partagés sur les réseaux sociaux sans que cela soit démontré par une étude scientifique. D’autres affirment qu’à travers le vaccin, «ils injectent des puces 5G qui vont nous diriger grâce à des nanoparticules envoyées dans le cerveau». 

Le personnel soignant est aussi réticent
Le personnel soignant, fortement exposé au risque de contamination, ne fait pas exception. Un taux très faible de vaccination est enregistré. 20% uniquement se sont fait vacciner, selon les affirmations du ministre de la Santé. Un taux qui n’est pas tout à fait atteint selon le Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), si l’on venait à parler d’une vaccination complète. «10 à 15% sont correctement vaccinés», a-t-il indiqué dans sa déclaration au Jeune indépendant, affirmant que ce taux est insignifiant. «C’est très peu.

Le personnel soignant est directement exposé au risque de contamination», a souligné le président du SNPSP, évoquant le nombre de personnes infectées par le virus et le nombre important de décès. Selon lui, une vaccination massive parmi les soignants est un élément clé pour lancer une vraie campagne de vaccination parmi la population. Raison pour laquelle il a réitéré son appel à la nécessité d’imposer la vaccination dans le secteur, avec l’instauration du pass sanitaire.

Selon lui, la réticence dans le secteur alimente le doute chez la population. Il a tenu à souligner l’efficacité du vaccin anti-Covid et à assurer qu’aucun effet secondaire grave n’a été signalé jusqu’à ce jour. «Pour l’instant, on n’a pas enregistré une situation particulière après la vaccination, si ce n’est les réactions habituelles des vaccins», a-t-il affirmé. 

Concernant les motifs évoqués par les anti-vaccins, il affirme que la question est au centre des débats et que certains se fient aux déclarations de spécialistes des pays étrangers. D’autres parmi le personnel soignant, faut-il le signaler, motivent leur refus de se faire vacciner par le fait qu’ils ont déjà été contaminés. Ils se contentent donc d’une probable immunité développée à leur infection. C’est le cas de Fatima qui travaille dans la pharmacie d’un EPH. «J’ ai déjà été infectée.

C’est donc un vaccin naturel», a-t-elle indiqué. Certains ne sont pas convaincus par l’efficacité du vaccin et refusent de se faire vacciner alors que d’autres ont fini par céder. C’est le cas d’un médecin interniste que nous avons pu contacter. «Je ne suis pas convaincue par ce vaccin et je doute de son efficacité, mais j’ai fini par le faire. Mon entourage m’a mis la pression surtout que je travaille dans un service Covid où le risque de contamination est grand», a-t-elle précisé.  



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email