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Sahara Occidental : Quelles chances de réussite pour De Mistura ?

Sahara Occidental : Quelles chances de réussite pour De Mistura ?

L’appel est un signal fort de la part du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Ce dernier s’est montré optimiste quant à une reprise du processus politique. Il vient ainsi d’appeler le Maroc et le Front Polisario au “dialogue” pour résoudre “une fois pour toutes” le conflit au Sahara occidental” qui dure depuis tant de décennies”.

“Il est temps pour les parties (au conflit) de comprendre la nécessité d’un dialogue, de chercher une solution et pas seulement de maintenir un processus sans fin, sans espoir de résolution”, a déclaré le chef de l’ONU, cité par des agences de presse.

“J’ai bon espoir que le processus politique se développe à nouveau”, a-t-il ajouté, alors que son nouvel émissaire chargé du dossier, Staffan de Mistura, vient de boucler sa première tournée dans la région.

Et d’enchaîner : c’est “un problème qui dure depuis tant de décennies dans une région du monde où nous voyons des problèmes de sécurité extrêmement graves, où nous voyons le terrorisme se multiplier dans le Sahel et de plus en plus près des côtes, qu’il est dans l’intérêt de tous de résoudre une fois pour toutes ce problème du Sahara occidental”.

Pour rappel, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, dont la principale mission est de relancer le processus politique au Sahara occidental, a achevé, mercredi dernier, sa première visite dans la région, sur fond de réaffirmation du Front Polisario de sa position en faveur d’une solution politique basée sur un référendum d’autodétermination.

Pour les observateurs, la réussite de la mission de De Mistura était tributaire de l’adoption d’une approche pacifique pour le règlement du conflit, conformément au plan de paix ONU-OUA.

La première tournée de De Mistura dans la région et sa visite dans les camps des réfugiés sahraouis visait à établir un contact direct avec les deux parties au conflit et les deux pays voisins. C’est une étape procédurale, qui devrait permettre au diplomate onusien de proposer une approche claire et juste pour résoudre le conflit et l’occupation des territoires sahraouis.

Premier constat : Cette visite a permis à l’émissaire de l’ONU de découvrir le vécu du peuple sahraoui en lutte et la réalité des institutions de la République sahraouie, en allant directement à la rencontre des responsables sahraouis et des différentes composantes du peuple pour écouter les véritables aspirations des Sahraouis sans aucun intermédiaire et loin des mensonges produits par la machine de propagande marocaine.

Il faut rappeler que le Front Polisario, seul représentant légitime du peuple sahraoui, n’a soumis aucune proposition à l’envoyé onusien. Il a juste réaffirmé sa position constante, alors que la conjoncture a complètement changé. Car, une nouvelle donne a surgi depuis le 13 novembre 2020, avec le retour de la guerre au Sahara occidental suite à la violation par le Maroc de l’Accord de cessez-le-feu après plus de 30 ans de mépris marocain envers la communauté internationale et les efforts onusiens de décolonisation.

Pour les sahraouis, Il ne faut plus perdre de temps à chercher une solution car elle existe déjà et il s’agit du Plan de règlement ONU-OUA (Union africaine) de 1991 et ses accords complémentaires signés à Houston en 1997. C’est les seuls accords signés entre les deux parties et il ne reste qu’à les mettre en œuvre.

Quelles sont les chances du missionnaire onusien dans ce vieux conflit ? A-t-il la capacité de redonner un élan au processus de paix, alors que le Makhzen persiste dans la violation de la légalité internationale ? Quelles sont les atouts de De Mistura et comment va-t-il procéder dans les semaines à venir ?

Pour les observateurs, la véritable clé se trouve au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Il faudra une volonté politique ferme de la part de cette institution, mais aussi un changement radical et concret dans le traitement du dossier sahraoui sur une base de décolonisation. A part cela, il existe des risques de voir de Mistura jeter l’éponge avant même la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre prochain.

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