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Nationale

Allocation touristique ou acte de charité ?

Allocation touristique ou acte de charité ?

A défaut de bureaux de change légaux, la devise se fait de plus en plus désirer, devenant un vrai souci pour tout Algérien voulant se rendre à l’étranger. Même pour bénéficier de la modeste allocation touristique annuelle oscillant entre 100 et 105 euros et qui est censée être un droit, on a l’impression de solliciter la charité du monsieur le caissier.

Dans sa quête pour la devise, le demandeur est obligé de faire plusieurs agences bancaires, car leur quota est épuisé dans la matinée et il faut attendre quelques jours, voire une semaine pour en avoir. Le constat est plus amer dans les autres banques, notamment publiques, qui font le change, certes, mais dans quelles conditions ! Dans une ambiance de laxisme et de bureaucratie et si vous n’êtes pas des leurs, les caissiers de ces banques vous font sentir qu’ils vous rendent un grand service, et vous réservent un accueil des plus méprisants.

Dans l’agence d’une banque publique pour change, et après plus d’une heure d’attente, le caissier qualifie cette lenteur de normale et qu’il faut encore patienter, sans d’autres détails. « Il faut attendre, sinon vous pouvez récupérer votre passeport » répond-il sans états d’âme. Les banques privées ne sont pas en reste dans le mauvais traitement de leur clientèle. Dans une agence trouvant sur les hauteurs d’Alger, l’atmosphère s’apparente carrément au marché informel square Port-Saïd. « Madame, on vous laisse 100 euros à 16 000 ou 17 000 DZD ». En plus, il faut attendre jusqu’à 14h 30 pour des motifs aussi illogiques que cette proposition.

Une telle situation ne peut que profiter au marché informel. Ce dernier prospère et prend de l’ampleur, causant une dépréciation effrénée du dinar algérien et nuisant à l’économie nationale. Un écart flagrant de 74,98 dinars entre les cours du marché de change légal et celui parallèle. Il faut dire que l’ouverture des bureaux de change privés s’impose désormais pour se substituer graduellement au marché informel, et réduire par voie de conséquence cette fluctuation et cette différence criarde des cours.

Il convient de rappeler à ce titre qu’en mars 2017, le gouvernement avait fait part d’un projet en élaboration à de la Banque centrale, dédié à traquer l’argent de l’informel. A ce moment-là, on avait bien envisagé qu’on allait revoir les textes juridiques relatifs au change à l’effet d’autoriser les investisseurs à ouvrir des bureaux de change privés.

La loi existe, certes, mais il manque justement les mesures incitatives aussi bien au niveau de la rémunération qu’au niveau du rapport entre ces bureaux et la Banque centrale. On envisageait alors un véritable lifting du dispositif juridique existant à même de le rendre accessible et incitatif aux yeux des investisseurs intéressés par l’activité de change légale. Pour ce faire, un remodelage règlementaire est de mise qui devrait être accompagné des opérations d’actualisation en fonction des évolutions du marché financier.

L’ouverture de ces bureaux en Algérie a été autorisée en 1997. Mais cela n’a pas vraiment incité des personnes à le pratiquer au constat de la faible offre des devises et la faible rémunération de ces bureaux, fixée à 1% par la BA. Une marge bénéficiaire de 1% est considérée par les spécialistes trop infime comme gain comparé aux bénéfices réalisés sur le marché informel de la devise.

Avec des banques qui fonctionnent selon des méthodes très archaïques en Algérie et une activité de change illégale des plus florissantes, la panacée est assurément l’ouverture de bureaux de change privés régis par une règlementation motivante.

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