Allocation-chômage, tensions avec le Maroc, dégel avec Paris: Les annonces de Tebboun
Dans une rencontre avec des médias algériens, et diffusée mardi soir à la télévision publique, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a abordé plusieurs sujets d’actualité nationale et internationale.
Des dossiers liés au gel des taxes et autres impôts, qui figuraient dans la loi de Finances 2022, à la problématique des importations de véhicules, à la liberté d’expression et l’exercice démocratique, ainsi qu’aux relations avec la France et l’hostilité agressive du Makhzen.
Cependant, c’est l’annonce de l’octroi de l’allocation chômage qui a retenu l’attention des Algériens. Tebboune a confirmé en effet que cette allocation sera versée, à partir de mars prochain, sous forme de présalaire de 13 000 DA au profit de 620 000 chômeurs inscrits auprès des bureaux de l’emploi.
Outre cette allocation, ces jeunes chômeurs bénéficieront d’une « couverture sanitaire comme le reste des salariés », a-t-il expliqué, estimant qu’il s’agit en fait « d’un acquis considérable pour notre pays qui se dirige à pas de géants vers l’épanouissement et le progrès ».
Pour le chef de l’Etat, « l’allocation chômage s’inscrit dans le cadre de la prise en charge sociale des citoyens par l’Etat. Cette allocation n’est pas improvisée et a été même calculée dans la loi de finances de 2022 ».
S’agissant de l’économie nationale, Tebboune a rappelé la situation de « stagnation » qu’a connu le pays, mettant l’accent sur la série de décisions ayant traduit ses engagements à préserver le pouvoir d’achat du citoyen, dont l’augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) et la révision à la baisse de l’impôt sur le revenu global (IRG) ce qui a permis d’augmenter les salaires d’un taux variant entre 14 et 16%.
Concernant le dossier de l’importation des véhicules, Tebboune a affirmé que ce point sera tranché avant la fin du premier trimestre de 2022, qualifiant ce dossier de « très complexe », notamment après l’échec de l’expérience du montage de véhicules qu’a vécue l’Algérie durant les dernières années.
« Un seul opérateur nous a fait perdre plus de 3,5 milliards USD », a rappelé Tebboune. « Le montage escompté devrait, à l’inverse de l’importation déguisée pratiquée auparavant, permettre d’amorcer une véritable industrie où les taux d’intégration ne doivent pas être inférieurs à 30 ou 40% », a fait remarquer Tebboune, soulignant, dans ce sens, que la production des pièces de rechange sera encouragée. Selon le Chef de l’Etat, la garantie d’un service après-vente sera « obligatoire dans le nouveau cahier de charges » qui interdira l’importation à toute personne ne disposant pas de contrats ou de locaux pour garantir ce service.
Par ailleurs, l’impôt sur l’activité des boulangers sera révisé. Il concernera uniquement les bénéfices à compter de fin mars prochain, a annoncé encore Abdelmadjid Tebboune. Les boulangers, soumis actuellement à l’impôt sur le chiffre d’affaires et sur les bénéfices, ne s’acquitteront que de l’impôt sur les bénéfices, a indiqué le chef de l’Etat.
Cette mesure vise à réduire la charge fiscale afin de garantir la stabilité des prix du pain, « en attendant d’autres amendements qui exigent davantage de temps », a fait savoir le président de la République. Cette décision sera officialisée dans la prochaine loi de finances complémentaire (LFC), a indiqué le chef de l’Etat.
Le dégel avec Paris
Concernant les rapports avec Paris, le président Tebboune, a affirmé qu’il y a « un dégel dans les relations » entre l’Algérie et la France, soulignant que l’Algérie demeurait « une puissance africaine avérée ».
Le chef de l’Etat qui a notamment mis l’accent sur la nécessité d’une « entente » basée sur le respect mutuel, a toutefois relevé qu’il ne pouvait pas « dire plus que cela dans le soucis de ne pas influencer sur le processus électoral en France » qui s’apprête à organiser une élection présidentielle en avril prochain.
« De manière générale, les choses se sont tassées », a-t-il dit, rappelant les résultats « très positifs » ayant couronné la récente réunion tenue à Alger entre une délégation française conduite par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères français avec une délégation conduite également par le SG du MAE algérien.
Sur les relations avec le Maroc, le président a affirmé que les choses avec le Maroc « n’ont pas changé, depuis le début de la crise, pis elles sont aggravées », relevant que Rabat, soutenu par Israël, se sert d’un appareil de propagande et de fake-news contre l’Algérie.
Le président de la République a souligné que le citoyen algérien était conscient que « tout ce qui porte atteinte à l’unité nationale et tente d’attaquer l’Armée et tout ce qui vise à inventer des problèmes entre le Président et l’Armée etc.. viennent de l’appareil de propagande mobilisé par le voisin contre l’Algérie, et soutenu par Israël ».
Sur la question de la tenue du sommet arabe, le président Tebboune, a démenti l’existence d’un quelconque désaccord entre les dirigeants arabes concernant l’organisation de cette rencontre en Algérie, annonçant qu’il se tiendra au cours du dernier trimestre de l’année en cours.
« Il n’y aucun désaccord. Au contraire, nous n’avons trouvé que des encouragements de la part des dirigeants arabes frères, du Golfe, de l’Egypte, de la Tunisie et du Yémen qui attendent la tenue de ce sommet en Algérie », a-t-il dit.
« Tous les frères arabes attendent le sommet en raison de la politique de l’Algérie, équidistante à l’égard de toutes les parties et qui ne jette pas l’huile sur le feu pour provoquer la Fitna entre les pays. Nous tendons plutôt à unir les pays autant que possible », a assuré le président de la République.
Le Président Tebboune a formé le vœu de voir le sommet d’Alger sanctionné de résultats « très positifs », d’autant que « le monde arabe en a besoin ».
Tebboune a estimé que la Ligue arabe avait aujourd’hui besoin de « revoir ses textes et ses lois ».
S’agissant de la date du sommet, Tebboune a déclaré : « une réunion officielle des ministres arabes des Affaires étrangères sera tenue mars prochain au Caire durant laquelle la date définitive du sommet sera officialisée. L’évènement est prévu pour le dernier trimestre de l’année en cours et il sera probablement lié à une journée historique pour l’Algérie ».