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Op-Ed

Alliance conjoncturelle non assumée entre l’opposition et certains médias versus le pouvoir « institutionnalisé »

Les critiques négatives de certains médias, qui focalisent sur nos institutions politiques (Etat, Présidence, Gouvernement, APN, Sénat…) se complaisent à les assimiler à des personnages « fantomatiques » inaudibles, sans prise sur le réel, « imbus » de leur propre image, tout en les « confondant », les « confinant » à un pouvoir autiste, égoïste que personnifierait la stature d’un président « handicapé » mais omnipotent et omniprésent ! Il serait « autoritaire », verrouillant tous les pouvoirs tout en les paralysant ! Quelle prouesse ! C’est une duperie qui n’abuserait que les crédules.

Dans leur imbroglio, rien ne les rebute, ni les propos contradictoires, ni les contre-vérités. Appréciez : « les institutions existent mais privées de liberté d’action et de prérogatives ». Plus loin, « nos dirigeants claironnent, malgré tout, qu’ils maîtrisent la situation mais le retour d’écoute est plutôt timide ou médiocre.
Que retenir de ces affirmations ? Un pouvoir exécutif « ligoté » mais qui affirme « maîtriser la situation » malgré lui (!?) « avec un résultat médiocre » : exercice d’une acrobatie de haute voltige.

Ce n’est qu’un échantillon.

Les gouvernants « parlent pour eux-mêmes » en cercle fermé, « promesses en l’air »,
« impuissants », « démagogue », « immobiles », sans perspective et rejetant toute alternance…, Il serait fastidieux d’égrener tout ce chapelet d’élucubrations »

Diabolisation des autorités

Cette médiatisation théâtrale, dont le double objectif est la diabolisation des autorités à travers les hommes qui les incarnent, et l’idée pernicieuse de l’inexistence d’un Etat algérien qui dirigerait la nation, est attentatoire aux patriotes qui ont l’Algérie dans les tripes et peut être perçue soit comme violence pour les plus engagés, soit comme un théâtre d’opérette pour ceux qui se distancient de cette comédie.
De fait, ces offenses proférées et cette image négative que collent ces médias à l’encontre de nos autorités et aux missions qui sont les leurs, sont ressenties comme à une atteinte à leur souveraineté, qu’ils détiennent par mandat qui leur a été confié par la souveraineté populaire. Atteinte d’autant plus inadmissible qu’elle offense le corps de l’Etat qui est souverain dans son action intérieure et puissance autant que sujet vis-à-vis des autres pays. En d’autres termes ne pas respecter son Etat c’est l’affaiblir devant les autres.

Cette assertion n’est pas une vue de l’esprit : certaines représentations internationales tout comme d’ailleurs les organisations non gouvernementales (ONG) s’appuient sur les informations de nos journaux « dits indépendants » -de qui ?- pour évaluer ou carrément

« blâmer » notre gouvernance et franchissent même allégrement le « rubicon » ! –
ce gouvernement serait illégitime avec toutes les interférences que cela pourrait induire-.

Ces organes d’information, au nom du principe sacro-saint de la « liberté d’expression » déversent leur aversion -sans retenue !- contre ceux qui ont opté pour une autre ligne politique -que la leur- plébiscité par le peuple parce qu’enraciné dans les valeurs culturelles de l’Algérie profonde, ceux qui constituent la majorité de la société algérienne.

D’ailleurs, ces autoproclamés démocrates, et de l’idée qu’ils se font de la démocratie, ne se seraient pas embarrassés à une certaine époque, d’une « prise de pouvoir de facto », par une autorité qui leur aurait été favorable -pour rappel de mémoire-.
Récemment encore, leur répulsion à l’égard de la politique actuelle les pousse à tenter de susciter une « compagne » de révolte -par suivisme- à ce que l’on a dénommé pompeusement « printemps arabe », en déni à notre propre mouvement historique si nous ne prenons comme date que celle que nous avons appelée « printemps berbère » en 1980. Nous aurions été à la traîne ? C’est une insulte à notre histoire.

Par ailleurs, aucun algérien, aucun vrai démocrate ne dit, ni n’a dit que ce gouvernement ou que ceux qui l’ont précédé ont « tout » bien fait.

Il y a aujourd’hui un programme du président de la république qui lui a été mandaté par le peuple, pour l’exécuter -que l’opposition soit contre, c’est son droit-, mais un vrai démocrate doit l’admettre et non tergiverser ou s’abriter derrière les fantasmes, et accepter la règle du jeu démocratique.

L’exécutif est tenu à l’appliquer, avec plus ou moins de bonheur. Cela tient à nos capacités réelles de réalisations : de l’Entreprise, de l’Administration, de notre savoir-faire, etc…-l’évaluation de nos forces et faiblesses et leurs causes doit faire l’objet d’un travail de recherche pluridisciplinaire et non par des procès d’intention-.
Le volet social, par contre, répond à une nécessité historique dont la matrice est le dénuement du peuple algérien hérité de la longue période coloniale dont les conséquences ont jalonnées la période postindépendance pendant laquelle les aspirations à des besoins de plus en plus modernes se sont exprimés et s’expriment.

Toute opposition ou organe d’information doit d’assumer son rôle.

Les parties politiques d’opposition doivent animer la scène politique, faire valoir leurs programmes et critiquer celui de ceux qui sont en charge et en principe, même celui de leurs concurrents. Mais en débattant, en argumentant, en expliquant les conséquences économiques, politiques ou sociales de telle ou telle décision prise par les autorités.
Mais diffamer, accuser, vilipender, allant jusqu’à injurier ou « tourner en ridicule » tel ou tel dirigeant et ce, depuis que l’Etat a « libéré la parole » c’est porter atteinte aux individus et à leur dignité en tant que personnes humaines et non à un droit de la liberté d’expression ou l’exercice d’un droit politique ! Leur incongruité les discrédite tandis que leurs effets sont incommensurables sur l’idée que se fait le peuple sur les politiques.

Ceci nous ramène également au débat qu’avait suscité cette liberté d’expression et ses limites. Comment la contenir ? La tutelle avait réagi en demandant de fixer légalement les droits et devoirs de ceux qui l’exercent et vis-à-vis de ceux avec qui ils entretiennent des rapports (clientèle et autres…).

Les professionnels doivent respecter des règles ! Qui doit définir ces règles, si ce n’est l’état qui en déterminera les contours, avec un principe intangible, que « la liberté d’une partie ne doit pas empiéter ou bafouer celle de l’autre ».

A cet effet, nous avons lu qu’il appartenait aux représentants de la corporation d’élaborer les règles qui les régiraient : ce qui les rendrait juge et parti (!) en instaurant un droit particulier contraire au droit général -soumettre la majorité à un groupe particulier-.
Souhaitons que leur intention est qu’ils soient associés à la rédaction du projet de loi.

Les journaux sont des organes d’information à l’usage du public, de tout le public. Leur mission est celle de répondre au « droit de savoir » de ses lecteurs. L’information réelle, sans la manipuler, la travestir ; permettre au lecteur l’accès aux communications réelles pour se faire sa propre opinion. C’est cette mission qui dévolue à un journal réellement indépendant -indépendant de toute influence-.

Dans le cas contraire, il est partisan et doit l’assumer. On ne peut se déclarer indépendant quand on affiche son opposition à longueur de colonnes. Et c’est leur droit !
Mais ils n’ont pas le droit de manipuler l’opinion.

Ils doivent afficher leur couleur politique. Truffer des « commentaires » sous forme d’articles d’informations de propos hors contexte pour les amalgamer à ce que voulait exprimer leur auteur est non seulement une tromperie mais un détournement d’opinions.
Par conséquent : c’est une connivence sourde qui lie certains médias avec toutes oppositions confondues (droite, gauche, islamiste,…) qui mènent une « croisade » contre le pouvoir : c’est ce que cette opinion formule.

Il serait fastidieux de reprendre toutes les attaques, controverses, supputations et autres procès d’intention à l’encontre des gouvernants par ces différentes parties (et partis) -dont certaines sont aux antipodes des autres- que notre presse « bien-aimée » condense dans ses livraisons et la présente comme une « vérité évidente d’une déviance politique » de ce pouvoir -quelle politique ? C’est toute la trame à détricoter !-

La liberté d’expression que nous concevons est celle de dire la vérité, les faits réels (s’inspirer d’Edwy Plenel, les informations telles qu’annoncées par toutes les institutions dans l’objectivité ! Ou les oppositions aux politiques économiques et sociales exprimées par les parties en présentant une alternative.Et non le ressassement de ce supposé « échec » du pouvoir depuis l’indépendance (qui n’est et ne peut être un programme politique) ; cette période s’inscrit dans le mouvement de l’histoire nationale et doit être assumée en tant que telle par la nation et non par l’équipe gouvernementale actuelle ; aller dans le sens de l’histoire et non conjecturer.

Faire œuvre utile, pour la moralisation de la vie publique, c’est dénoncer éventuellement les malversations « avérées », les actes de corruption « prouvés » et non supposés ou suggérés au conditionnel ! Ne pas jeter en « pâture » un citoyen ou une institution par une désinformation, pour plus tard lui répliquer de disposer d’un « droit de réponse » quand la suspicion est déjà installée.

Oui ! L’information est une arme redoutable contre tous les corrompus et les corrupteurs, contre les passe-droits et la négligence (et non l’erreur) de ceux qui animent l’administration à tous les « niveaux », leur signifier qu’ils sont au service du public, s’attaquer « nommément » aux responsables qui « minent » l’administration par leurs pratiques frauduleuses. Dénoncer l’administration comme « concept abstrait » global identifiable par le seule fait qu’elle est un « démembrement » du pouvoir, c’est culpabiliser ce dernier en dédouanant les vrais acteurs qui l’animent. Il faut s’attaquer à tous ces agents publics qui pourrissent le service public. C’est un devoir de citoyenneté qui doit animer tous les citoyens.

PS : Un état de droit ne se décrète pas, il se construit par l’engagement de tous les acteurs de la société politique et de la société civile et de tous ceux qui jouent un rôle de service public y compris les citoyens.

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