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Nationale

Algérie-Tunisie: Coopération renforcée face aux crises régionales

Algérie-Tunisie: Coopération renforcée face aux crises régionales

Lors de la 23ᵉ session de la Commission mixte algéro-tunisienne qu’ils ont co-présidée, le Premier ministre Sifi Ghrieb et la cheffe du gouvernement tunisien, Sarra Zaafrani Zenzri, ont affirmé, ce vendredi à Tunis, la volonté des deux pays de transformer leur partenariat politique en véritable alliance stratégique, fondée sur la sécurité, la coopération économique et culturelle, ainsi que la solidarité face aux défis régionaux et internationaux.

M. Ghrieb a affirmé, lors de son allocution prononcée à l’ouverture de la rencontre bilatérale, que « l’initiative de cette session vise à élever nos relations bilatérales au rang de partenariat stratégique intégré et solidaire ». Il a tenu à préciser que cette démarche s’inscrit dans les instructions des présidents Abdelmadjid Tebboune et Kaïs Saïed.

Le Premier ministre a également relevé l’importance de cette session pour dresser un bilan des réalisations depuis la dernière rencontre, tenue à Alger en octobre 2023, et pour projeter l’avenir du partenariat bilatéral. Il a indiqué que « nos relations ont atteint un degré de maturité qui nous permet de nous parler en toute franchise et objectivité, afin de renforcer ce qui est bénéfique et corriger ce qui l’est moins, grâce à des mécanismes innovants et adaptés pour lever les obstacles à nos ambitions ».

Il a rappelé que la commission de suivi, coprésidée par les ministres des Affaires étrangères, Ahmed Attaf pour l’Algérie et Mohamed Ali Nafati pour la Tunisie, assure le suivi des recommandations et des stratégies de coopération dans différents secteurs. Cette structure est essentielle pour traduire en actes concrets les ambitions politiques et pour structurer une coopération durable et efficace, a-t-il soutenu.

L’autre point abordé a été la sécurité, socle stratégique de l’alliance algéro-tunisienne. M. Ghrieb a souligné que le suivi continu entre les deux pays permet de faire face au terrorisme, à la criminalité transfrontalière, à l’immigration clandestine et au trafic de stupéfiants. La 2ᵉ réunion de la commission de sécurité conjointe, tenue en juillet 2025 en Algérie, a évalué la situation régionale et ses impacts, confirmant que « le travail conjoint progresse par étapes stables et rassurantes ».

La signature, en octobre 2025, d’un accord de coopération militaire constitue un tournant stratégique, offrant un cadre légal pour coordonner opérations et échanges de renseignements, renforçant ainsi la capacité des deux pays à contrer les menaces transnationales dans le Sahel et en Méditerranée.

Le Premier ministre a précisé que cette coopération aspire à mettre en place une véritable stratégie intégrée combinant prévention, action opérationnelle et coordination diplomatique, soulignant l’importance de la mutualisation des moyens et de l’expertise technique.

Enjeux sécuritaires frontaliers et régionaux

Face au terrorisme et à la criminalité transfrontalière, l’Algérie et la Tunisie renforcent leur coopération par l’échange de renseignements, la coordination des patrouilles et des mesures préventives. Cette approche commune, qui dépasse le cadre national, positionne les deux pays comme des acteurs stabilisateurs en Méditerranée et au Sahel, partageant une vision commune sur les grandes questions régionales et internationales.

L’Algérie et la Tunisie réaffirment leur soutien au peuple palestinien pour la création d’un Etat indépendant avec El-Qods comme capitale et condamnent les agressions au Liban et en Syrie. Concernant la Libye, ils préconisent une solution politique interne menée par les Libyens, incluant des élections législatives et présidentielle pour bâtir des institutions solides et préserver les ressources du pays.

Dans la même logique, l’Algérie et la Tunisie s’engagent à accompagner la stabilité et l’unité du Soudan, en soutenant le dialogue national et en protégeant les ressources et la souveraineté du pays.

Si la sécurité et la diplomatie structurent le partenariat, le lien humain et culturel constitue son fondement. « Nos peuples partagent culture, histoire, langue, religion et un passé de lutte commune », a rappelé M. Ghrieb. Ce capital humain permet de renforcer la solidarité, d’encourager les échanges universitaires et scientifiques, et de développer la coopération culturelle à travers des centres réciproques et des événements communs.

De son côté, la cheffe de gouvernement tunisien a salué « l’excellence des relations bilatérales » et la tenue régulière de cette session, un signe fort de la volonté commune de construire un partenariat politique solide. Elle a également relevé l’importance de renforcer les mécanismes de coordination pour assurer une coopération durable et efficace.



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